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Guerre en Ukraine : une mobilisation déjà concrète AH

De nombreux organismes Hlm se sont mobilisés aux côtés des collectivités et des services de l’État, avec l’appui des UR et AR Hlm, pour proposer des solutions d’accueil aux premiers réfugiés ukrainiens. Ces derniers jours, les groupes ont communiqué sur leur stratégie.

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L’accueil des réfugiés ukrainiens ne se limitent plus aux discours d’intention. Dans toute la France, pour plusieurs organismes Hlm, c’est une réalité. Habitat & Métropole a ainsi accueilli 24 réfugiés, principalement des femmes et des enfants, dans des appartements étudiants meublés de la résidence le Grand H à Firminy. Une initiative menée en collaboration avec la Ville de Firminy, les services de l’État et l’association Entraide Pierre-Valdo, spécialisée dans l’accueil et l’accompagnement social de personnes exilées. Les réfugiés ont reçu des colis alimentaires grâce aux dons des Restos du cœur et des habitants de Firminy dont des locataires de l’OPH. L’Office a annoncé qu’il poursuivra la démarche en logeant d’autres familles ukrainiennes dans les principales villes de la métropole stéphanoise.

Cinq premières familles ukrainiennes ont aussi emménagé dans le parc social de l’OPH Domanys, à Avallon (Yonne), soit 21 personnes logées : deux couples de retraités, des couples plus jeunes avec enfants, une maman seule avec ses trois filles et son fils, âgés de 4 à 21 ans, et sa cousine septuagénaire. Ils se sont installés dans des appartements vacants T3 bis et T4, situés dans deux quartiers où l’OPH a du patrimoine, le Parc des Chaumes et La Morlande. Le contrat de bail est établi avec le CCAS d’Avallon selon la formule de l’intermédiation locative (article L 442-8-1 du CCH).

Plus à l’est, Territoire Habitat, l’OPH du Territoire de Belfort, hébergeait déjà cinq familles au 24 mars et s’attendait à recevoir d’autres demandes. Il a d’ores et déjà mis à disposition 30 logements, répartis dans plusieurs communes du département. Il pourrait probablement en attribuer une centaine, mais préfère ne fixer aucune limite de volume. L’OPH travaille en partenariat avec l'Armée du Salut, le Secours Catholique et Interaction.

Stratégies de groupes

Les groupes ont réuni ces derniers jours leur conseil d’administration pour décider d’une stratégie coordonnée. Celui d’Action Logement a voté le 18 mars son dispositif d’accueil des déplacés ukrainiens, estimant que plus de 9 000 personnes seraient susceptibles d’être hébergées par ses 51 filiales immobilières mais aussi dans le patrimoine de l’Opérateur national de Vente (ONV). La gestion des logements est confiée, via des dispositifs d’intermédiation locative (IML), à des associations qui passent par SOLI’AL, la structure dédiée à l’accompagnement social créée par le Groupe en 2019. Action Logement sollicite également son partenaire Montempô, marque de la filiale Accueil Partenaires du groupe Accor, initialement destinée aux salariés en mobilité.

Le groupe paritaire mobilise une première enveloppe de 2 M€ d’ingénierie sociale en complément des aides de l’État. Cette aide sera versée dans le cadre de conventions signées directement avec les associations d’aide aux déplacés. Elle pourra atteindre 3 000 € par ménage, pour l’accompagnement social et participer au financement de l’équipement de première nécessité. “Les loyers des logements mis à disposition par les bailleurs sont adaptés pour alléger la charge locative des ménages accueillis”, indique par ailleurs le groupe. Enfin, Action Logement promet “des synergies en faveur de l'emploi entre les entreprises et les déplacés”.

Le groupe Habitat en Région, filiale des Caisses d’épargne (BPCE), ne veut pas donner de chiffres. Il mobilise le parc de ses 20 ESH pour répondre à l’afflux de réfugiés “au fur et à mesure des besoins, et dans la limite des dispositions en vigueur”. Le groupe a annoncé le 14 mars qu’il s’appuiera sur les associations disposant de l’agrément IML, en lien avec les Associations régionales Hlm. “L’objectif est de trouver, aux côtés des collectivités et des associations, des solutions d’hébergement, à proximité des administrations et des transports en communs”, précise-t-il.

Autre engagement : mettre à disposition des locaux pour les organisations humanitaires pour, par exemple, dispenser des cours de français ; animer des ateliers avec les enfants pendant que les parents sont accompagnés dans leurs démarches administratives ; organiser des moments de convivialité permettant aux familles de se retrouver ; stocker et distribuer les aides reçues ; faire le lien avec les partenaires locaux (écoles, dispositifs d’insertion professionnelle…).

Un fonds de solidarité

Le groupe Habitat en Région et ses filiales financent également du mobilier ou du matériel de première nécessité (matelas, couvertures, meubles…) à destination des associations en charge de l’accueil des réfugiés. Une enveloppe “Urgence Ukraine’’, d’un montant de 1,8 M€, a été ajoutée au fonds de solidarité Habitat en Région créé il y a six mois pour les locataires fragilisés par la crise sanitaire (voir aussi page 16). Les Caisses d’épargne l’ont abondé à hauteur de 600 000 €, qui seront directement versés à des associations. Le groupe compte à ce jour une quarantaine d’associations partenaires, parmi lesquelles la Croix-Rouge, France Terre d’Asile, ELIA, et le Groupe SOS, qui œuvrent déjà pour l'accueil de ménages réfugiés de toutes nationalités et l’accompagnement nécessaire à leur intégration (apprentissage de la langue française et aide à la recherche d’emploi notamment). “Indépendamment de la situation en Ukraine, plus de 600 logements du parc Hlm du groupe sont mis à leur disposition, à travers les dispositifs d’intermédiation locative et de baux glissants”, souligne le groupe.

La filiale SA Hlm de l’Oise a annoncé qu’elle participait à l’enveloppe “Urgence Ukraine’’ du fonds de solidarité, à hauteur de 50 000 €, dont 10 000 € iront à l'Adars, association beauvaisienne au service de l’hébergement d’urgence, de l’insertion sociale et de l’accompagnement socio-judiciaire, avec qui elle a signé une convention le 17 mars. L’ESH propose également des logements vacants faisant l’objet d’opérations de réhabilitation ou de renouvellement urbain. “Accueillir et tendre la main aux familles qui fuient la guerre est notre devoir, tout comme il est de notre devoir de continuer d’accompagner les habitants de l'Oise qui attendent un logement social dans le cadre des attributions réglementaires à l'occasion de nos CALEOL”, a déclaré à cette occasion Édouard Duroyon, le directeur général.

Une task force et un coordinateur

Au 24 mars, CDC Habitat avait identifié environ 700 logements soit 3 000 places disponibles dans son parc, dont 250 logements libérés chez Adoma et 450 logements familiaux. Ils sont répartis sur l’ensemble du territoire national, et majoritairement en Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, et Provence-Alpes Côte d’Azur. Une task force dédiée à l’accueil des réfugiés ukrainiens a été mise en place le 8 mars, dont Jean-Paul Clément a été nommé coordinateur. Le président du directoire de CDC Habitat social, également directeur général adjoint en charge de l'habitat des bassins miniers, est en effet responsable de la coordination des actions d’Adoma, de CDC Habitat, CDC Habitat Social et Sainte-Barbe.

La Caisse des dépôts a par ailleurs annoncé, lors de la présentation de ses résultats 2021 à la presse, (voir page ci-contre), qu’elle avait fait don de 1 M€, à parts égales, à la Croix-Rouge et l’Agence des nations unies pour les réfugiés.

Pour en savoir plus : Dossier : Guerre en Ukraine - Accueil et logement des personnes déplacées