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Habiter la France demain : le modèle AH

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“Le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse”, a effectivement déclaré Emmanuelle Wargon, le 14 octobre, à la Cité de l’architecture, en clôture de la démarche Habiter la France de demain qu’elle avait initiée en février. “Nous devons assumer de mettre ce modèle derrière nous et de passer au modèle d’après” car “cet idéal n’est plus soutenable” dans la mesure où “ce modèle d’urbanisation, qui consacre chaque espace à une unique fonction, et qui dépend de la voiture pour les relier” constitue aujourd’hui “une impasse écologique, économique et sociale”, a résumé la ministre chargée du Logement, après neuf mois de consultation d’experts, professionnels et citoyens(1).

Elle a dit aussi : “Il n’est pas question de renoncer à loger les Français mais de le faire autrement”. Et que le changement de modèle devait viser “une ville plus intense, qui ne transige pas avec la qualité et qui tient ses promesses en matière de services” : ce qu’elle appelle “l’intensité heureuse”, laquelle “ne sera acceptable qu’à la condition de la qualité”.

Son ambition, a-t-elle rappelé, était de “construire une vision projective, politique, partagée, de la façon dont nous souhaitons habiter aujourd’hui et demain”, partant d’un triple constat posé avec lucidité. D’abord, la “réticence de plus en plus partagée à voir de nouvelles constructions sortir de terre”. Ensuite, un manque de lisibilité des discours du fait “des injonctions perçues comme contradictoires”. Et de citer : la construction et la lutte contre l’artificialisation des sols ; la densification et la nature en ville ; l’aspiration des Français à la maison individuelle et “les principes écologiques qui nécessitent de densifier”. Enfin, troisième constat : les travaux sur la ville durable dépassent rarement le débat d’initiés.

Et là, Emmanuelle Wargon a déjà marqué un point. La polémique qui a suivi ses déclarations a certes obligé la ministre à affirmer le lendemain, dans un communiqué, qu’elle n’avait jamais voulu “en finir avec la maison individuelle”. Mais la polémique a aussi démontré que le mode d’habiter était un sujet clivant qui pouvait toucher non seulement les syndicats professionnels mais aussi le grand public, dès lors qu’il s’aborde par la vie quotidienne et familiale des gens, le rapport à l’espace et à la ville, la transition écologique, le vieillissement de la population, l’accès à la nature et au service public… De quoi nourrir, renouveler et rendre intéressante la campagne présidentielle.

(1) 80% des répondants à la consultation citoyenne voudraient habiter en maison individuelle.

En attendant le décret Pinel+

Le décret fixant les critères du “Pinel+” sera publié d’ici la fin de l’année. Emmanuelle Wargon en a précisé les contours le 14 octobre. Alors qu’il était prévu une baisse progressive des taux de réduction d’impôt jusqu’à l’extinction du dispositif, en 2024, les taux actuels seront maintenus pour les logements situés en QPV d’une part et, d’autre part, pour les logements allant plus vite et plus loin que la future RE 2020 et respectant plusieurs critères de qualité d’usage issus du rapport Girometti-Leclercq : une surface minimale par typologie (28m2 pour un T1, 45m2 pour un T2, 62m2 pour un T3, 79m2 pour un T4 et 96m2 pour un T5) ; la présence d’un espace extérieur ; une double exposition à partir du T3.