L'Union sociale pour l'habitat
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Innovation : à l'ouest, du nouveau AH

Depuis leur origine, les organismes Hlm œuvrent pour relever les grands défis sociaux, économiques et environnementaux. Quoi de mieux que d’aller à leur rencontre, pour comprendre comment est pensée et organisée l’innovation ? L’USH organise ainsi des points d’étape locaux pour rencontrer "in situ" les référents de l’innovation Hlm. Première escale à Nantes.

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L’innovation : ADN du logement social

Une fois par mois, à compter de ce numéro, Actualités Habitat ouvre ses colonnes à la rubrique Innovation, un leitmotiv permanent pour produire des bâtiments et des logements moins chers et de qualité dans les territoires, faciliter la vie des habitants et répondre aux problématiques sociales des personnes logées dans le logement social. L’innovation Hlm se traduit dans les domaines technique, architectural, social, de développement local… en interaction avec un écosystème élargi (locataires, éditeurs, start-up, associations, financeurs, collectivités, universités, etc.). Elle est plurielle dans ses modalités de mise en œuvre, ses composantes, ses périmètres d’intervention, à l’exception toutefois d’une constante : ses finalités, résolument inscrites dans les missions d’intérêt général des organismes Hlm. 

 

L’innovation se déploie dans la Métropole de Nantes et les projets se multiplient pour inventer la ville de demain, notamment en matière de rénovation énergétique. Chez Nantes Métropole Habitat, l’innovation est structurée autour de la transition énergétique, la transition numérique et l’innovation sociale. Elle doit concourir à l’excellence environnementale, l’amélioration de la qualité des logements et des services aux locataires, la diminution des coûts de production et d’exploitation, l’anticipation des réglementations à venir ou encore la diminution des charges locatives.

Chaudière numérique et serres bioclimatiques

Pour porter l’innovation, l’Office est doté d’une direction spécifique permettant d’assurer un rôle de veille et d’expérimentation. À l’appui du secteur académique ou d’entreprises innovantes, NMH teste des produits ou services et développe son expertise. Toute-fois, quelques principes de bon sens conditionnent le choix ou non d’un projet. "L’innovation ne doit a minima rien coûter au locataire et s’inscrire dans le plan de charge des agences de proximité", souligne Luc Stephan, directeur de l’innovation.

Testée dans la résidence Albert Londres, à Nantes nord, la chaudière numérique est une solution écoresponsable développée par la start-up grenobloise, Stimergy. La chaleur produite par des serveurs numériques est utilisée pour préchauffer l’eau chaude sanitaire des logements collectifs. Les bénéfices sont doubles : sur le plan environnemental, cette solution permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. La chaleur produite par les serveurs étant réutilisée, il n'y a plus besoin de système de climatisation. Sur le plan économique, "nous valorisons cette énergie pour réduire notre consommation de gaz et faire baisser les charges d’eau chaude sanitaire de nos locataires de l'ordre de 40 à 50%", précise Luc Stéphan.

L’autre projet lancé par NMH pour préchauffer l’eau chaude sanitaire, "Symbiose", consiste à installer des serres bioclimatiques en toiture d’immeubles. Cette solution combine une serre vitrée en structure légère, un système de récupération de chaleur constitué d’une pompe à chaleur air-eau et d’un ballon de stockage, et un ensemble de capteurs intelligents pour gérer le mode de fonctionnement du système de récupération de chaleur et les ouvertures et fermetures des serres.

Lauréat de l’appel à projets "Architecture de la Transformation", lancé par la Caisse des dépôts et l’USH, ce dispositif permettra de diminuer les charges locatives en exploitant le potentiel solaire des toitures, tout en offrant de nouveaux espaces aux occupants. Une douzaine d’immeubles pourraient bénéficier de cette solution, dans un premier temps.

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Construction d’une serre dans le cadre de l’expérimentation de la "petite ferme urbaine" à Saint-Herblain, pour développer une agriculture durable, locale et accessible à tous. 

L’innovation collective

Atlantique Habitations a engagé depuis 2016 son projet d’entreprise "2020". Nourri par une démarche de RSE, il s’articule autour de six axes: relation aux parties prenantes, environnement, qualité de vie au travail, activité économique responsable, implication territoriale et enjeux sociétaux.

L’innovation irrigue l’ensemble des activités de l’ESH et porte particulièrement sur l’implication renforcée de l’ensemble des acteurs, le management et le bâtiment. "Nous investissons beaucoup le thème de l’écoute des parties prenantes et testons de nouvelles manières de réfléchir et d’agir collectivement", souligne Edward Pallu, directeur RSE, Qualité et Innovation. Ce souci d’allier innovation et participation est aussi prégnant dans le champ technique. Selon Clément Urvoy, responsable ingénierie, "embarquer les parties prenantes d’un projet d’aménagement dans un processus créatif - du besoin au concept - est très riche mais nécessite néanmoins de la méthode et des compétences particulières."

L’ESH a contribué au Grand débat de la transition énergétique de Nantes Métropole. Les initiatives innovantes de l’organisme qui participent de la stratégie de la Métropole sont nombreuses, parmi lesquelles : l’expérimentation de la "petite ferme urbaine" pour développer une agriculture durable, locale et accessible à tous ; le projet "Environnement Solidaire", qui s’inscrit dans l’objectif zéro gaspillage ; la résidence Be Positive labellisée BEPOS Effinergie, à Rezé, qui fait écho à l'avant-gardisme de la Cité radieuse, située à proximité, en raison de l'originalité de sa structure à ossature métallique.

Contacts : Véronique Velez, Responsable du département Innovation et prospective à la Direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales : veronique.velez@union-habitat.org - Céline Di Mercurio, Cheffe de mission innovation sociale et RSE, Direction des politiques urbaines et sociales : celine.dimercurio@union-habitat.org

 

Fenêtre sur…

La French PropTech ("Prop" pour "Property", "Tech" pour "Technology") a été officiellement lancée le 13 juin 2018, à Nantes, en ouverture du Web2Day, le plus gros événement français dédié au numérique. Ce mouvement a pour ambition de structurer les entreprises innovantes de l’habitat, l’immobilier et la construction. Deux territoires sont précurseurs : Montpellier et Nantes. Pour Pierre Leroy, président de La French PropTech, elle a pour missions "d’établir des relations de partenariat avec les fédérations, les syndicats professionnels, les grands groupes, de structurer les relations avec le secteur public, d’inter-opérer les solutions entre elles pour répondre à 100% des besoins et de rééquilibrer les forces dans l’open innovation". Selon les estimations, près de 300 start-up en France sont positionnées sur les PropTech. 90% d’entre elles ont des modèles BtoB. Dix entreprises sont à l’initiative de la French PropTech : Immodvisor, EP, Take a Desk, Bloc in Bloc, Fundimmo, Cedreo, Idealys, MaSmartHome, Snapkin et LKSpatialist. L’USH est en contact avec certaines d’entre elles et plusieurs organismes ont déjà travaillé avec ces start-up spécialisées dans le financement, l’optimisation de la vacance ou des coûts de construction et le bâtiment intelligent/connecté.

 

Le langage de l’innovation

Open innovation : processus d’innovation par lequel l’entreprise s’ouvre sur une diversité d’autres acteurs extérieurs (industriels, start-up, universités, entrepreneurs, porteurs de projets…), tout en favorisant la créativité en interne. Elle permet de travailler différemment grâce aux nouvelles technologies, avec de nouveaux scénarios en tête et d’explorer de nouveaux horizons.

Design thinking : démarche de conception de projet et/ou de processus créatif pour résoudre un problème complexe. Dans cette démarche, l’innovation est centrée utilisateurs, elle a pour objectif de faciliter la vie des gens à travers un service, un produit, une nouvelle fonctionnalité. Le design thinking part toujours de la réalité terrain : comment les gens utilisent réellement le produit ou le service ?

Persona : à partir de cette réalité terrain, une problématique est définie et on crée un "persona" - l’archétype de l’utilisateur -, qui va incarner 80% des problèmes, dans un contexte défini. La démarche est ensuite déroulée pour cette personne spécifiquement. Cette technique permet de créer de l’empathie et de prendre en compte l’état émotionnel dans lequel se trouve l’utilisateur quand il utilise le service.

Expérience client : on identifie ensuite le parcours du "persona" avec le service, en décrivant ce qu’il fait réellement (ce qu’il fait aujourd’hui, son état émotionnel…), et non ce qu’on voudrait qu’il fasse. C’est le parcours ou expérience client (user experience en anglais, ou UX), que chaque entreprise cherche à améliorer pour ses clients.

 

Pour aller plus loin : www.union-habitat.org/centre-de-ressources, rubrique innovation/prospective, dossier Hlm, l’innovation pour tous.