L'Union sociale pour l'habitat
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Inquiétude des associations après la trêve hivernale AH

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Depuis le 1er avril, date de la fin de la trêve hivernale, le retour des expulsions locatives, des remises à la rue des personnes qui ont été hébergées temporairement durant l’hiver, inquiètent fortement le Collectif des associations unies, qui redoutent "une crise humanitaire". Car, comme le souligne le Collectif, le fonds d’indemnisations des bailleurs, qui permet aux préfets de sursoir à l’expulsion, est passé de 78,4 millions d’euros en 2005 à 24,4 millions en 2017 ; il ne permet pas de mettre en place le moratoire sur les expulsions locatives avec dédommagement des propriétaires, qu’il appelle de ses vœux.

Dans le même temps, le nombre de ménages expulsés avec le concours de la force publique, en 2017, a atteint un nouveau record historique avec 15 547 expulsions, soit plus de 30 000 personnes, correspondant à une augmentation de 46% en dix ans. Autant d’expulsions qui entrent en contradiction avec la politique du Logement d’abord, promue par le Gouvernement, argue la Fondation Abbé Pierre. À cela s’ajoutent les coupes budgétaires de l’État sur le logement social, les baisses des APL, mais aussi la fermeture des centres d’hébergement ouverts cet hiver, que dénoncent les associations. C’est pourquoi elles réclament un changement majeur d’orientation en matière de logement.

À quoi Julien Denormandie rétorque dans un communiqué "que l’objectif du Gouvernement demeure inchangé : faire diminuer de manière pérenne le nombre des décisions judiciaires d’expulsions". Il rappelle que "de nombreuses actions sont développées pour prévenir le plus tôt possible des ruptures pouvant conduire les personnes à la rue, en proposant, dès les derniers impayés de loyer, des solutions d’accompagnement adaptées" et évoque la réforme de l’articulation des procédures d’expulsion et de surendettement, inscrite dans la loi ÉLAN. Il précise que 6 000 places hivernales seront pérennisées.