L'Union sociale pour l'habitat
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Intégration réussie dans le paysage existant AH

La Cité des Chambelles, à Nantes, va bientôt renaître de ses cendres. La cité jardin des années 30 fera place en avril 2019 à une résidence de quatre bâtiments et trois maisons, reconstruites dans l’esprit d’autrefois, associant performance énergétique et faible impact environ­nemental.

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Avec ses logements insalubres et amiantés, la Cité des Chambelles, à Nantes, était impossible à réhabiliter. Nantes Métropole Habitat a donc fait le choix de détruire cette cité jardin construite entre 1928 et 1933, et de la reconstruire sur un modèle plus contemporain. "Notre cahier des charges était assez conséquent au niveau de l’intégration du projet dans le quartier, qui est un secteur pavillonnaire, témoigne un représentant de l’office. Nous souhaitions qu’il s’intègre au mieux dans le paysage existant, face à l’ancienne poudrerie de l’armée." Le projet sélectionné correspondait à ce cahier des charges et aux souhaits des riverains. "Notre proposition était un clin d’œil au début du siècle dernier, commente Xavier Hubert, architecte de l’agence HUCA. Nous refaisons quelque chose de différent, à taille humaine, qui garde l’esprit village des cités jardins." Les 20 logements d’hier deviendront demain 60 logements : 57 répartis dans quatre bâtiments collectifs – deux de part et d’autre de la rue – dont les toits seront à même hauteur et de la même forme que celui de l’ancienne poudrerie, et trois maisons individuelles dans le prolongement. Pour conserver le cadre naturel d’antan, un grand jardin collectif à l’arrière de deux bâtiments, une parcelle de jardin de 30 m2 pour chaque logement en pied d’immeuble, des loggias et des terrasses végétalisées sont prévues.

Une identité forte

Autre originalité du programme, son mode de construction mixte, composé d’une structure béton en rez-de-chaussée, associée à un mur manteau à ossature bois, une charpente bois et une vêture en tuile plate. "Nous ne voulions pas que le béton apparaisse comme un soubassement classique, mais qu’on voit de la tuile le plus bas possible », détaille l’architecte. La tuile en terre cuite se remarque immédiatement et donne son identité forte aux bâtiments, installée en bardage à seulement 2 m du sol et sur la toiture. La tuile Beauvoise Huguenot a été choisie dans deux coloris différents (Terre de Beauce et Vallée de Chevreuse), alternés au gré du couvreur. Un panachage qui fonctionne bien, rompt l’harmonie des bâtiments et leur permet de mieux se distinguer en entrant dans la rue ; d’autant que les loggias du 1er étage sont construites en retrait. Cet effet est accentué par l’harmonie avec le bois, utilisé à la fois pour conserver l’esprit de la cité jardin et réduire l’énergie grise des bâtiments. Au niveau R+1, les façades des terrasses s’habillent de bardage bois croisé, assemblé à 45 degrés pour évoquer les treilles des jardins d’origine. Au sol, des lambourdes bois complètent l’impression de jardin.
 

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Terrasses végétalisées, bardage bois croisé assemblé à 45 degrés pour évoquer les treilles,
jardin collectif au rez-de-chaussée : tout est conçu pour rappeler l’esprit de la cité jardin d’autrefois. © USH


Côté confort thermique, les surfaces vitrées généreuses permettent une optimisation de l’ensoleillement des logements, facilitent la ventilation naturelle et le confort d’été et réduisent la facture énergétique. La production de chaleur et d’eau chaude sanitaire sera assurée par deux sous-stations au sous-sol, raccordées au réseau de chauffage urbain et associées à des ballons de stockage de 1500 et 2000 litres. Des radiateurs basses températures équipés de robinets thermostatiques et reliés à un thermostat d’ambiance complèteront l’installation. Situées trop loin du réseau de chaleur, les trois maisons individuelles seront équipées de chaudières individuelles gaz à condensation à production d’ECS intégrée. Equipées de modules photovoltaïques, elles produiront de l’électricité, qui sera réinjectée sur le réseau. Au final, la haute performance thermique de l’enveloppe, associée à cette production d’énergie locale amènera les Chambelles à un niveau de performance énergétique supérieur de 30% environ à la RT 2012 (niveau Effinergie+).