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Interview de Christophe Bouscaud, président de la FNDOPH : “Les pouvoirs publics doivent stabiliser notre environnement juridique et financier” AH

Annulé en 2020 en raison de la crise sanitaire, le congrès de la Fédération nationale des directeurs généraux d’OPH se tiendra les 21 et 22 octobre à Dijon. Une échéance importante pour les dirigeants d’Offices, qui auront à cœur de faire passer des messages aux pouvoirs publics, à six mois seulement de l’élection présidentielle. Rencontre avec Christophe Bouscaud, président de la FNDOPH.

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“Donnez-nous un cadre stable et nous produirons, nous réhabiliterons, et serons au rendez-vous de la transition énergétique et de l’économie du bâtiment et du secteur Hlm”.

© Orne Habitat

 

Actualités Habitat - Après une année blanche sans Congrès Hlm. Quels sont les principaux thèmes retenus pour le Congrès de la FNDOPH de Dijon en octobre prochain ?

Christophe Bouscaud - L’objectif de ce congrès est de définir, à la lumière de ce qui s’est passé ces derniers mois et des réformes qui ont concerné le secteur, ce que les DG d’OPH vont porter comme message auprès des candidats à la prochaine élection présidentielle. En effet, nous ne serons qu’à six mois de cette échéance et devrons porter notre parole au sein de notre Fédération des Offices et de l’USH. Lorsque j’évoque les réformes, je pense bien sûr à la RLS et la loi ÉLAN, qui ont sans conteste été les deux plus douloureuses pour nos organismes.

Quel sera le message envoyé aux pouvoirs publics en réaction à ces réformes qui ont impacté le mouvement Hlm ?

Nous souhaitons principalement les inciter à ne pas apporter de nouvelles modifications législatives, réglementaires ou normatives et, au contraire, à stabiliser l’environnement à la fois juridique et financier dans lequel nous évoluons. C’est le meilleur service qu’on pourrait nous rendre. Car nos missions s’inscrivent dans le long terme. Il faut bien avoir à l’esprit que lorsque nous construisons un bâtiment, cela nous engage sur un demi-siècle, et davantage encore, de gestion, de maintenance, d’entretien, etc. Donc, si les règles changent tous les six mois, nous sommes contraints de passer énormément de temps à résoudre des problèmes d’ordre institutionnel, ce qui implique une perte de temps considérable, qu’on ne peut donc pas passer à construire ou réhabiliter des logements.

Quelles autres positions défendrez-vous ?

Nous rappellerons d’abord que les OPH étant, nativement en quelque sorte, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, il est fondamental de trouver les moyens de rendre pérenne leur financement. Nous insisterons sur notre engagement au service de la performance et de l’innovation de nos entreprises. Enfin, nous mettrons en avant le caractère territorial de notre mission. En résumé, notre discours sera le suivant : donnez-nous un cadre stable, et de notre côté, nous produirons, nous réhabiliterons, et serons au rendez-vous de la transition énergétique et de l’économie du bâtiment et du secteur Hlm.

Plus d’un an après le début du premier confinement, quel bilan tirez-vous de la crise sanitaire telle que les Offices l’ont vécue et appréhendée ?

Tout au long de cette crise, les OPH ont démontré leur capacité de résilience et leur propension à assurer en toutes circonstances ce qui fait leur force : leur ancrage territorial et la proximité. Tous ont réussi à poursuivre leur activité et permis aux locataires de bénéficier des services dits “de première ligne” : l’entretien ménager, l’enlèvement des ordures...

D’un point de vue organisationnel, quels défis les DG ont-ils eu à relever ?

L’ensemble de la chaine managériale s’est trouvée impactée. Il a fallu mettre en place très rapidement le travail à distance généralisé, tout en assurant notre mission de proximité. La soudaineté de ce genre de situation pose la question de l’encadrement des équipes, de qui fait quoi, comment on reste agiles malgré les contraintes, comment on continue de servir au mieux les résidents, qui eux-mêmes subissent la crise de plein fouet…

Comment s’est construite la coordination entre les différents acteurs pour faire face à ce challenge ?

Beaucoup d’initiatives ont été prises en partenariat avec les acteurs locaux, CCAS et associations de locataires, pour conserver le lien avec les plus fragiles, les seniors, les personnes handicapées, les femmes victimes de violence, etc. Les DG ont aussi pu s’appuyer sur la force du réseau des Offices, en échangeant les bonnes pratiques avec leurs pairs. Et puis la branche des OPH a entretenu un dialogue social très riche, en contact permanent avec les organisations syndicales représentatives, échangeant sur les protocoles à même d’assurer la sécurité de nos salariés. Car quand on assure une mission d’intérêt général comme la nôtre, on doit permettre aux gens de continuer à vivre chez eux de manière correcte, tout en prenant soin de nos équipes.

Propos recueillis par Emmanuel Bonzé