L'Union sociale pour l'habitat
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La mixité sociale, une particularité nationale ? AH

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L’Observatoire de la mixité sociale (OMIS), créé en 2016 par Habitat et Humanisme(1), a élaboré son premier rapport, Regards sur la mixité sociale.

  • Le bilan des chantiers de rénovation urbaine est jugé décevant. Malgré l’importance des moyens consentis, leur impact sur la sociologie des quartiers dits "en difficulté" est faible. Les objectifs de mixité sociale se heurtent au fait que les logements accessibles aux familles à faibles ressources sont concentrés dans les grands ensembles des banlieues et dans les logements dégradés des centres-villes.
  • L’impact de la loi SRU sur le parc social est limité. Très contestée à l’origine, cette loi a sensibilisé les Français à la question de la mixité sociale. Son grand mérite est d’avoir déplacé la problématique des quartiers pauvres vers les villes riches. Si certains experts estiment que l’esprit de la loi a été dévoyé, il ne faut pas attendre des politiques du logement qu’elles résolvent à elles seules des problèmes qui relèvent de la cohésion sociale.
  • Les lois n’ont pas la même signification dans une ville riche ou pauvre. Les enquêtes à travers l’Île-de-France montrent la diversité des problématiques : Nanterre attire les cadres de La Défense tout en essayant de protéger les habitants de ses cités ; Versailles, la ville riche qui veut construire des Hlm ; Houdan, où le périurbain n’est pas synonyme de relégation ; ou encore dans le 17e arrondissement de Paris, quand promoteurs et bailleurs sociaux apprennent à travailler ensemble.
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Se succèdent des analyses de sociologues, responsables politiques, journalistes, architectes, urbanistes, démographes, économistes, mais aussi des reportages photos.

Partout, le même constat : "La mixité sociale ne se décrète pas". Bernard Devert, président-fondateur d’Habitat et Humanisme analyse : "La loi SRU est un formidable accélérateur de la transformation sociale. En imposant aux communes un quota de logements sociaux, elle concourt à une réconciliation du corps social. Concentrer sur de mêmes territoires des populations qui désespèrent de pouvoir être considérées comme des citoyens à part entière crée des quartiers de non-droit et fabrique cette montée inexorable des extrêmes dont une des premières causes est le ressenti de l’oubli."

Christine Lelévrier(2) ajoute : "En Europe, la France est le seul pays à avoir adopté une loi visant à faire, sur l’ensemble du territoire, de la mixité par une répartition équilibrée des nouveaux logements sociaux construits. Dans une grande partie des pays européens, ces programmes de restructuration urbaine ont été arrêtés ou considérablement réduits." 

Rapport sur : www.habitat-humanisme.org

(1) Depuis plus de 30 ans, Habitat et Humanisme agit en faveur du logement, de l’insertion et de la recréation de liens sociaux.
(2) Sociologue-urbaniste, professeure à l’université Paris-Est-Créteil.