L'Union sociale pour l'habitat
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Le "bien-vivre" en chiffres AH

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Le rapport 2019 de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) publié cet été compile des études et des indicateurs de "bien-vivre". Sans surprise, les habitants des QPV jugent plus souvent leur cadre de vie dégradé que les résidents des autres quartiers de leurs agglomérations. La moitié d’entre eux déclarent par exemple qu’un équipement collectif du quartier a été dégradé volontairement au cours des douze derniers mois. 42% jugent que leur quartier n’est pas sûr et seuls 24% le trouvent tout à fait agréable à vivre (58% dans les autres quartiers). Leurs préoccupations sont d’abord la délinquance (55% contre 23% dans les autres quartiers), le bruit (50% contre 27%) et l’environnement dégradé, mal entretenu ou sale (46% contre 20%).

Ils jugent la présence locale des forces de l’ordre insuffisante (32% contre 18% hors QPV) ou inexistante alors qu’elle serait nécessaire (15% contre 9%), et l’action de la police plutôt inefficace (44% contre 20%). L’ONPV observe "un état d’hostilité élevé et permanent entre une partie des jeunes et la police".

Le quartier n’apparaît pas discriminatoire

Ils déclarent, plus que les autres, subir des comportements discriminatoires (comportement vexant ou blessant, discrimination, violence physique, menace ou injure) dans le cadre d’une recherche d’emploi, de logement ou d’une demande administrative. Le quartier de résidence est rarement évoqué (4%), mais davantage l’origine réelle ou supposée de la victime (52% contre 27%), sa couleur de peau (33% contre 18%) et sa religion réelle ou supposée (16% contre 8%).

En revanche, les habitants des QPV ont une meilleure accessibilité aux équipements et services du quotidien. Le renoncement à des soins ou à des examens en raison de l’éloignement aux équipements de santé est faible (moins de 5%), le renoncement pour motif financier étant bien supérieur (40%). Pourtant, ils déclarent plus souvent une pathologie (diabète, asthme, dépression ou hypertension artérielle), et plus de la moitié de la population est en surpoids, surtout des femmes.

Les jeunes actifs insatisfaits

Ils sont davantage exposés aux conditions de travail les plus précaires. 23% occupent un CDD ou assurent une mission d’intérim (contre 12%). Ils bénéficient de moins de jours de congés annuels, mais ils ont moins d’horaires atypiques : ils travaillent aussi fréquemment le samedi, le dimanche et la nuit, mais moins fréquemment le soir (21%, contre 27% pour les actifs des autres quartiers). 42% sont des ouvriers ou des employés non qualifiés (18% dans les autres quartiers).

Les jeunes en emploi sont plus critiques à l’égard de leur situation professionnelle que les jeunes des autres quartiers (30% d’insatisfaits, contre 25%). Ils favorisent la stabilité professionnelle davantage que la progression, et la reconnaissance salariale (ou de leur hiérarchie) plus que l’intérêt pour leur emploi. Enfin, même lorsqu’ils sont insatisfaits de leur situation professionnelle, ces jeunes restent plutôt optimistes par rapport à leur avenir professionnel.