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Le Logement, plus que jamais moteur de l’économie française AH

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Les Comptes du logement, publiés le 31 juillet dernier par les services du ministère de la Cohésion des Territoires pour l’année 2017, remettent en question certaines idées reçues. Non, le logement ne coûte pas plus à l’État qu’il ne lui rapporte, bien au contraire : la dépense publique consacrée à ce secteur (subventions d’investissement, allocations, avantages fiscaux et de taux) a représenté 41,9 milliards d’euros alors qu’il a rapporté près de 74,4 milliards d’euros à l’État.
Et si le logement social représente une part de cette dépense - 39,4% - il est talonné de près par le secteur locatif libre qui, lui, absorbe 30% des aides. C’est pourtant bien au secteur locatif social, et à lui seul, que l’État a récemment demandé de faire le plus gros des efforts en obligeant les bailleurs sociaux à baisser les loyers pour lui permettre de baisser les APL sans pénaliser les locataires mais également en augmentant les prélèvements sur les fonds propres, via la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS), pour financer les aides à la pierre. C’est pourtant bien le logement social qui porte la mise en œuvre de la politique publique de logement pour tous, qui accueille, et c’est son honneur et sa mission, les familles modestes.

Le logement a rapporté près de 74,4 Md€ à l’État

Et, concernant le budget de l’État, faut-il rappeler que la TVA sur les constructions neuves représente une grande partie des 74,4 milliards d’euros de recettes générées par le secteur. Or, ce que nous avions craint est aujourd’hui devant nous. Les décisions prises sans concertation avec les acteurs du logement social sont de nature à remettre en cause la dynamique de 2017 - et pas seulement la dynamique du logement social -, mais l’ensemble de la chaîne de production. Car le logement social prend très largement sa part pour encourager la construction neuve et est reconnu depuis très longtemps par les professionnels du bâtiment comme un moteur du secteur.
S’attaquer aux bailleurs sociaux de manière aveugle, c’est mettre en péril un pan de l’économie française. Les derniers chiffres de la construction pour 2018 laissent apparaître des premiers signes d’essoufflement. Le ministre du Budget doit avoir cette idée en tête au moment où vont s’ouvrir les premières discussions sur le budget de l’État pour 2019. À lui de tirer les enseignements des décisions prises, d’y apporter rapidement les corrections en matière d’APL mais également d’aides aux opérateurs du logement social, sous peine de pénaliser un secteur économique générateur d’emplois et de ressources financières indispensables.