L'Union sociale pour l'habitat
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Le Plan hivernal activé AH

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Le 1er novembre marque, comme chaque année, le début de la trêve hivernale qui suspend, jusqu’au 31 mars 2020, les expulsions et les coupures d’électricité et de gaz, y compris en cas d’impayés. Cette trêve, dont bénéficiaient les squatters ne leur est plus applicable (loi ÉLAN, article 201).

Ces cinq mois d’hiver correspondent aussi à la période d’activation du dispositif hivernal 2019-2020, mis en place par Julien Denormandie sur l’ensemble du territoire, destiné à mettre à l’abri un maximum de personnes en détresse et à enclencher un accompagnement vers l’inclusion sociale des personnes les plus précarisées. Cette année, le gouvernement a demandé aux préfets d’identifier 14 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires, qui ouvriront au fil des besoins, portant leur nombre à 146 000. Le ministre en charge de la Ville et du Logement a adressé un courrier à l’ensemble des ministres et institutions, les invitant à identifier des sites disponibles. Et nouveauté de l’année, cet appel à la solidarité nationale est étendu aux acteurs privés de l’immobilier.

À ces places supplémentaires d’hébergement d’urgence, s’ajoutent les dispositifs "d’aller-vers" qui permettent aux personnes à la rue d’amorcer un contact avec un travailleur social. À cet effet, 100 M€ supplémentaires sont inscrits dans le projet de loi de finances 2020, en cours de discussion, afin de renforcer les maraudes et les accueils de jour, en augmentant les amplitudes horaires et en améliorant le bouquet de services, avec notamment les bagageries solidaires. Parallèlement, 45 M€ supplémentaires sont inscrits dans le PLF pour créer des places de logements très sociaux ou adaptés, rappelle le Ministre.

La voix des associations

Dans le même temps, le Collectif des associations unies, qui reconnaît la hausse du budget de l’hébergement, s’inquiète vivement de la situation des personnes sans abri, pointant la saturation du 115 et des centres d’accueil, le développement des bidonvilles, de squats et de campements. Il dénonce aussi le non-respect du principe d’accueil inconditionnel aux structures d’hébergement et aux services intégrés d’accueil et d’orientation qui conduit à une augmentation du nombre de personnes à la rue. Le Collectif réclame une mobilisation nationale afin que personne ne soit contraint de vivre à la rue et appelle à une mobilisation de tous les bâtiments disponibles et adaptés à un hébergement stable et inconditionnel, associé à un accompagnement social adapté, à une orientation vers les logements disponibles, au renforcement du 115, des maraudes et des accueils de jour.

Au-delà des mesures d’urgence, les associations demandent au gouvernement de revoir à la hausse ses objectifs de production de logements abordables ainsi que les moyens dédiés à l’accompagnement, la revalorisation et le réindexation de l’APL et la mise en place d’un plan ambitieux de prévention des expulsions. De manière plus globale, le Collectif lance un appel au président de la République face à la dégradation du niveau de vie des personnes les plus précaires, qui apparaissent comme les grands perdants de l’action gouvernementale depuis deux ans, confirmé par l’Insee.

Le Haut Comité au logement pour les personnes défavorisées s’indigne, quant à lui, des expulsions des bénéficiaires du droit au logement opposable, au mépris des textes en vigueur.