L'Union sociale pour l'habitat
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Le plan pauvreté, un an après AH

Un an après le lancement par Emmanuel Macron de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté(1), prévoyant un engagement financier de l’État de 8,5 Md€ en faveur des plus démunis et une refonte des politiques sociales, l’heure est au premier bilan.

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Un changement de cap est attendu par les associations. Si le Collectif Alerte reconnaît que des mesures positives ont été prises depuis deux ans, avec la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté et la revalorisation de la prime d’activité, lors d’une conférence de presse du 9 septembre, il regrette que "d’autres décisions aient eu pour effet de dégrader le pouvoir d’achat des plus pauvres", citant la baisse des APL, la désindexation des allocations logement et des prestations sociales, les menaces pesant sur l’aide médicale d’État et la réforme de l’assurance chômage, présentée en juillet. Sans compter le nombre de personnes vivant à la rue, en campement, qui a dramatiquement augmenté en raison notamment de la baisse de la construction de logements sociaux, de l’insuffisance de l’offre d’hébergement de demandeurs d’asile ou des coupes budgétaires sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale. "Ces décisions interrogent sur la cohérence et l’efficacité d’ensemble de la politique gouvernementale pour lutter contre la pauvreté, a fortiori quand l’exonération de la taxe d’habitation pour les 20% des ménages les plus aisés va coûter autant que le budget global de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté", affirme le Collectif.

Fortes de ce constat, les associations exigent que pour toute politique mise en oeuvre, le gouvernement en mesure l’impact sur les 10% les plus pauvres. Elles attendent des engagements forts du président de la République sur le revenu universel d’activité (RUA) afin qu’il permette une augmentation des ressources de toutes les personnes en situation de pauvreté. En attendant sa mise en œuvre en 2023, Alerte demande, dès 2020, la réindexation sur l’inflation des allocations logement et des prestations familiales, ainsi que la revalorisation du RSA, de nouvelles mesures pour le retour à l’emploi, notamment une augmentation du nombre de postes dans l’insertion par l’économique et des mesures vigoureuses pour l’accès au logement et l’hébergement.

Des pouvoirs publics mobilisés

Emmanuel Macron, a, quant à lui, choisi de se rendre, le 10 septembre, aux Chantiers d’insertion Ateliers sans frontières à Bonneuil-sur-Marne (94), pour échanger avec les acteurs et bénéficiaires de l’insertion professionnelle, à la manière du Grand débat, afin de mieux cerner les lenteurs administratives et blocages au retour à l’emploi. Une occasion pour le président de rappeler l’importance qu’il accorde à la création d’un service public de l’insertion et de l’emploi. Dans la matinée, Muriel Péricaud, ministre du Travail, qui l’accompagnait lors de son déplacement, avait annoncé que le budget pour l’insertion allait passer la barre du milliard d’euros en 2020, contre 900M€ cette année, afin de financer 20 000 postes supplémentaires pour les personnes exclues de l’emploi.

Mais c’est Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé et Olivier Noblecourt, délégué interministériel, qui ont fait le point, le 12 septembre, sur les avancées et les perspectives de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, destinées à s’attaquer aux racines des inégalités. Ainsi, sont-ils revenus sur la mise en place des petits-déjeuners dans les écoles, l’instauration du bonus mixité dans les crèches, l’adoption de l’obligation de formation jusqu’à 18 ans, le renforcement de l’apprentissage des enfants les plus pauvres, la mise en place des points conseil budget pour prévenir le surendettement et de 50 équipes de maraude mixtes dans 17 départements, le déploiement de la garantie d’activité.

Des avancées qui n’auraient pas été possibles sans l’implication collective des acteurs de la Stratégie, notamment les Départements qui se sont engagés dans de nouvelles relations contractuelles avec l’État mais aussi les entreprises et les communautés d’acteurs créées sur les territoires.

Ont ensuite été évoqués les chantiers à venir dont la création de la complémentaire santé solidaire, le RUA avec le lancement de la concertation institutionnelle, en juin dernier, et d’une concertation citoyenne en octobre et, enfin, le service public de l’insertion, qui fait aussi l’objet d’une concertation, clôturée en février 2020, qui donnera lieu à des propositions qui alimenteront le projet de loi sur la lutte contre la pauvreté prévu en 2020.

(1) Lire Actualités habitat du 30 septembre 2018, page 6.