L'Union sociale pour l'habitat
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Les atouts de la préfabrication pour les bailleurs sociaux AH

La demi-journée d’information, organisée par H’Prom le 5 juin à Paris, a donné l’occasion aux bailleurs sociaux présents de mieux connaître les solutions de préfabrication. Elles offrent de nombreux avantages dans le cadre réglementaire actuel et pour mieux maîtriser les coûts.

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Apparue dans les années 1960 pour les éléments de façade, la préfabrication s’est depuis étendue à la structure, notamment sous l’impulsion des évolutions réglementaires, thermiques, acoustiques et de la sécurité incendie. Présente dans le domaine de la maison individuelle depuis une quinzaine d’années, la préfabrication cherche désormais à gagner ses lettres de noblesse dans le collectif. De nombreux bailleurs sociaux s’y intéressent, certains l’utilisant déjà dans leurs programmes notamment Emmaüs Habitat, Valophis (voir encadré), Antin Résidences, CDC Habitat, Icade, Territoire Habitat… Les solutions sont de plus en plus complètes : poutrelles et dalles précontraintes, planchers-dalles anti-ponts thermiques, prémurs en béton avec isolant intégré, fermettes, systèmes d’infrastructures préfabriqués, etc.
 

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Pour la rapidité qu’offre cette solution, Emmaüs Habitat a utilisé des prédalles préfabriquées
dans le parking de ce programme de 109 logements sociaux collectifs (dont 27 maisons individuelles),
à Bussy-Saint-Georges (77), dans l’écoquartier du Sycomore. Obtenu en septembre 2016, le permis de construire
de l’opération est le premier déposé en BIM par un bailleur social. La maquette numérique a notamment permis
de visualiser immédiatement le projet dans son environnement. © Architecture Pélegrin

Les systèmes préfabriqués ont fait leurs preuves : ils réduisent le temps de chantier, permettant aux bailleurs de louer ou de vendre plus vite. Plus rapides à installer, ils diminuent la pénibilité. Intégrés dans le BIM, ils réduisent les délais en phase conception et favorisent le travail collaboratif entre l’ensemble des acteurs. Leurs performances thermiques, acoustiques, antisismiques et leur stabilité au feu aboutissent à une qualité renforcée. Sur le chantier, ils génèrent moins de transport, de poussière, de déchets et de nuisances pour les riverains et facilitent la déconstruction.
Autre point fort, l’usage réduit du béton favorise la conception bas carbone. Le contexte actuel d’expérimentation de la prochaine réglementation thermique E+C-, qui impose la réduction des émissions carbone du bâtiment, constitue donc un enjeu important pour ces solutions globales, qui embarquent la performance énergétique. Le projet de loi ÉLAN vient d’ajouter sa pierre à l’édifice : il prévoit de faciliter le recours à la préfabrication dans les marchés publics et de permettre au gouvernement d’habiliter, par voie d’ordonnance, pour faciliter la préfabrication dans les contrats de construction de maison individuelle.
 

Étude comparative menée par le groupe Valophis

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Pour un projet de construction de 40 logements collectifs répartis en deux bâtiments, à Epinay-sur-Orge (91), le groupe Valophis a lancé une étude afin de comparer un projet traditionnel en maçonnerie avec un projet en plancher-dalle. L’utilisation du plancher-dalle, coulé sur site, évite la construction de murs porteurs et de poutres porteuses, les planchers reposant directement sur des poteaux. De ce fait, la quantité de béton utilisée et l’émission de carbone seront réduites. Le plancher-dalle permet la modularité des pièces ; il offre un gain de surface d’environ 13 m2 (moins d’emprise du mur) et de poids des bâtiments. Au final, selon l’étude, l’utilisation de ce mode constructif permettrait un gain estimé de six semaines de chantier et une économie globale de près de 15 000 € sur l’opération, malgré un surcoût de construction d’environ 47 200 € (11 200 € de gros œuvre et 36 000 € de façade et bardage).