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Les programmes E+C- ne passeraient pas les 3 seuils de la RE 2020 AH

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Comment les projets intégrés dans l’Observatoire E+C- se comportent-ils lorsqu’ils sont confrontés à la RE 2020? Une visioconférence a été organisée par l’USH, en partenariat avec l’IFPEB (Institut français pour la performance du bâtiment) et Carbone 4, le 11 février, afin de répondre à cette question. À cette occasion, les derniers travaux de l’École bas carbone du logement social ont été présentés. Ils ont porté sur le calcul des performances des opérations de construction intégrées dans l’Observatoire E+C- (avec ses trois niveaux de carbone : CO, C1 et C2) suivant les règles de la RE 2020, prenant notamment en compte l’ACV (analyse de cycle de vie) dynamique, pour les trois échéances d’application de la réglementation : 2022, 2025 et 2028. L’échantillon a porté sur 59 bâtiments de logements collectifs, soit 1 014 logements.

Plusieurs conclusions :

- En 2022, 61% des bâtiments de l’échantillon atteignent le seuil de la RE 2020, à l’exception notable des bâtiments construits au niveau CO, du fait de leur ambition carbone réduite. Aucun mode constructif actuel n’est remis en cause, mais des efforts mineurs d’optimisation sont à rechercher. Il se confirme que l’ACV dynamique favorise les matériaux qui stockent du carbone tels que le bois et le mixte bois (avec un “coup de pouce” de l’ordre de 10 à 15%), par rapport à la construction béton ou en terre cuite.

Cette première étape de la RE 2020, qui court de 2022 à 2024, peut être considérée comme “une phase d’apprentissage” à la maîtrise de l’ACV.

- En 2025, seuls 20% de l’échantillon atteignent le seuil réglementaire. Les bâtiments au niveau C1 passent difficilement le seuil, seuls les bâtiments C2 l’atteignent. Tous les modes constructifs restent possibles, mais des optimisations sont à rechercher en gros et second œuvre, pour les lots les plus carbonés.

- 2028 marque une rupture, car aucun bâtiment de l’échantillon n’atteint le seuil prévu par la réglementation. La performance carbone à atteindre pour passer le seuil se situe autour du niveau C2 -15%. Un optimum technico-économique reste à trouver et certains leviers à explorer, en particulier le travail de décarbonation des produits, mené par les industriels.

Au vu de ces résultats, deux leviers peuvent être actionnés pour optimiser l’empreinte carbone du bâtiment. Le premier levier, d’ordre méthodologique, porte sur les données carbone, en ayant de moins en moins recours aux données environnementales par défaut (DED) au sein des fiches environnementales et sanitaires (FDES) de la base INIES. L’IFPEB conseille aux maîtres d’ouvrage de viser dès à présent un objectif de DED inférieur à 250kgCO2eq/m2 SHAB. Le second levier, d’ordre technique, consiste à optimiser les lots du second œuvre, en particulier pour les logements collectifs construits en béton.

Ces conclusions seront rendues publiques via une publication de l’IFPEB fin mars. En attendant, l’Observatoire bas carbone, qui est l’un des outils de l’École bas carbone du logement social, poursuit ses travaux pour convertir les outils de l’Observatoire E+C- à la RE 2020. Dans ce cadre, l’USH appelle les organismes Hlm à continuer d’alimenter l’observatoire de l’École (https://ecole-bas-carbone.union-habitat.org) afin de rester en capacité de porter auprès de l’État les enseignements issus de l’expérience des maîtres d’ouvrages à l’occasion des revoyures de la RE 2020 envisagées tous les trois ans.

Contact : Pierre Frick, adjoint au directeur, Direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales - Mél. : pierre.frick@union-habitat.org