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Logement d’abord : 24 territoires sélectionnés AH

La liste des 24 territoires sélectionnés pour la mise en œuvre accélérée du plan Logement d’abord a été présentée à Montpellier, le 30 mars dernier, avec à la clé des financements spécifiques pour l’ingénierie en 2018.

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Le 30 mars, un jour avant que la trêve hivernale ne s’achève, le gouvernement a annoncé que 5 000 places d’hébergement allaient être pérennisées, comme le réclamait le Collectif des associations unies, portant à 153 000 le nombre de places d’hébergement d’urgence. Ce même jour, la liste des 24 territoires retenus pour la mise en œuvre accélérée, dès 2018, du plan Logement d’abord quinquennal, annoncé en septembre par le président de la République, a été dévoilée. Un chiffre supérieur aux 15 initialement prévus lors du lancement de l’appel à manifestation d’intérêt compte tenu de la forte mobilisation des collectivités : 31 dossiers ont été déposés.

Au total, quinze EPCI dont neuf métropoles, quatre Conseils départementaux, trois communes et deux projets co-portés par une métropole et un Conseil départemental, représentant des zones très tendues avec de forts taux de sans-abri et des parcs d’hébergement saturés, ont été sélectionnés, des pôles urbains avec un marché locatif détendu et des départements ruraux. 20% de la population nationale est couverte par ces territoires (voir carte).

"Les dynamiques partenariales constatées durant la phase d’élaboration des dossiers ont été remarquables, mobilisant dans un temps court, aux côtés des collectivités territoriales et des services de l’État, bailleurs sociaux, associations, professionnels des secteurs sanitaire et psychiatrique et représentants des personnes concernées", souligne Sylvain Mathieu, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement. Lequel indique qu’un Club des territoires de mise en œuvre accélérée du Logement d’abord allait être créé afin de favoriser les échanges et d’assurer le suivi et l’évaluation des premiers résultats. L’objectif de cette réforme structurelle est d’accélérer l’accès au logement des personnes à la rue et hébergées, de manière à fluidifier l’hébergement d’urgence pour diminuer de manière significative le nombre de personnes sans abri à horizon 2022 ; de permettre de retrouver sa vocation première d’accueil inconditionnel pour les personnes en situation de grande détresse. "Ce plan ne va pas réussir en six mois, c’est un processus long", reconnaît Jacques Mézard. Un dispositif que d’autres pays Outre-Atlantique et en Europe ont expérimenté, avec des résultats probants(1) qui nécessite de développer des solutions pérennes de retour au logement plutôt que de multiplier les réponses d’hébergement de court terme. Ce qui implique des évolutions structurelles et organisationnelles des dispositifs existants et des pratiques professionnelles complémentaires à la production de logements abordables. C’est ainsi que le gouvernement s’est engagé à la création de 40 000 places en intermédiation locative dans le parc privé, de 10 000 places en pensions de famille sur cinq ans et 40 000 logements en PLAI par an, financés au travers du FNAP. Il a également prévu d’augmenter d’un tiers les attributions de logements sociaux en faveur des personnes issues de l’hébergement.

Côté financement, "l’État prévoit de consacrer 8 millions d’euros à l’ingénierie en 2018, renforcés par des cofinancements des collectivités impliquées, en complément des crédits dédiés au développement des pensions de famille, de l’intermédiation locative et de l’ensemble du budget de la lutte contre le sans-abrisme. Auxquels viendront s’ajouter 8 millions d’euros par an apportés par l’Agence nationale de l’habitat pour la mobilisation du parc privé à vocation sociale, et notamment la remise sur le marché de logements vacants", précise le ministère de la Cohésion des territoires.

(1) Lire aussi articles page 10 du n° 1072 et page 6 du n° 1075.