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Logements / bâtiments connectés : de l’expérimentation à la stratégie AH

Une étude réalisée par les cabinets Urban Practices et Chronos sur le thème « Logements/bâtiments connectés dans le logement social : quelle réalité aujourd’hui ? Quelle évolution demain ? » révèle les freins rencontrés et les conditions nécessaires au déploiement des logements et bâtiments connectés.

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L’enquête conduite au cours du premier semestre 2018 sur Internet et à partir d’entretiens et d’ateliers dresse un état des lieux de l’avancement des bailleurs sociaux autour du bâtiment et des logements connectés, de leurs enjeux pour le logement social et vise à élaborer une stratégie de déploiement. « Le sujet est relativement peu mature sur l’ensemble du secteur. Le nombre de logements connectés est de l’ordre de 7%, ce qui est peu », analyse Christian Rozier, président de Urban Practices. 37% des organismes ont initié une stratégie sur la thématique du logement connecté, dont 20% il y a plus d’un an, avec trois motivations : l’énergie, la qualité de service et l’optimisation des systèmes de gestion technique du bâtiment.
Sur les 250 bailleurs sociaux ayant participé à l’enquête, 54 organismes ont équipé un total de 17 000 logements (309 000 en incluant les compteurs communicants) et 27 organismes ont mis en œuvre des solutions au niveau de la résidence, pour un total de 22 000 bâtiments connectés. Rares sont les bailleurs ayant une stratégie élaborée et globale. La plupart sont dans une démarche d’expérimentation. De nombreux bailleurs comprennent l’intrusion progressive et massive du numérique dans l’habitat, mais il leur est encore difficile de distinguer l’utile du futile.

Services réalisés et usages 

Urban Practices et Chronos ont réalisé la synthèse des pratiques actuelles, en termes de services, et des tendances qui vont émerger demain. À l’échelle du logement, les services les plus déployés visent à informer les locataires sur leurs consommations d’énergie, à gérer et piloter les équipements (principalement chauffage et éclairage) et à faciliter le maintien à domicile des seniors. Cinq thématiques ont été évoquées : le confort et la santé, les économies d’énergie, la sécurité, le maintien à domicile et les usages du quotidien. À l’échelle du bâtiment, le suivi énergétique, celui des installations techniques (alertes) ainsi que la gestion des accès constituent les systèmes les plus courants. Les thématiques actuelles et futures évoquées portent sur l’énergie, l’exploitation et la maintenance, la sécurité et le contrôle d’accès, la gestion des parkings et la mobilité douce et la vie au quotidien (par exemple des services de conciergerie, de télémédecine et des informations concernant l’immeuble ou le quartier…). Conduite à l’échelle du quartier, l’enquête n’a pas révélé de tendances, les exemples mis en œuvre par les bailleurs sociaux restant peu nombreux.

Freins et conditions de réussite

Le coût de l’investissement est le principal frein au déploiement, mais aussi le manque de maturité du marché, la profusion de solutions disponibles et le manque de compétences internes. Il reste à trouver un modèle économique pérenne qui permette à la fois d’avoir une vision à long terme, de raisonner en coût global et de mutualiser solutions et infrastructures. Pour y parvenir, les solutions doivent aussi évoluer et devenir communicantes et interopérables, afin d’éviter l’obsolescence.

Face à ces résultats, le cabinet Urban Practices émet plusieurs recommandations :

  • raisonner en services, plutôt qu’en solutions, en travaillant sur les besoins attendus ;
  • cartographier les compétences en interne et celles nécessaires pour appréhender de nouveaux domaines : IoT (objets connectés), protocoles de communication, formats de données, sécurité… ;
  • contractualiser le niveau d’engagement du bailleur avec les locataires et définir les différents périmètres de responsabilité avec les prestataires de services tiers ; • respecter le règlement européen relatif à la protection des données individuelles ;
  • choisir des solutions personnalisables en fonction des aptitudes des utilisateurs ;
  • faire preuve de pédagogie et accompagner les locataires pour limiter la fracture numérique. D.V. Lire aussi l’article en pages 14 et 15 sur la journée professionnelle qui portait sur le même thème.

Contact : Véronique Velez, responsable du département Innovation et prospective, direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales, USH. Mèl. : veronique.velez@union-habitat.org