L'Union sociale pour l'habitat
Chargement en cours

Mobilité résidentielle : les écarts se creusent AH

Lire l'article

Seul un peu plus d’un Français sur dix change de logement chaque année, mais ce taux de mobilité est de deux points plus élevé que la moyenne européenne, constate le rapport 2018 de l’Observatoire des Territoires sur les mobilités résidentielles en France(1). S’ils déménagent davantage, les Français restent majoritairement dans un périmètre de proximité : plus des deux tiers restent dans le même département, tendance confirmée depuis les années 2000 par une baisse des déménagements de longue distance, un Français sur deux étant originaire du département dans lequel il vit. Ce sont en particulier les 40-55 ans, les personnes peu diplômées, les ouvriers et les employés qui restent dans un périmètre de proximité. À l’inverse, les cadres, les jeunes, les plus diplômés parcourent de plus longues distances, ce qui accroît les disparités de dynamisme économique et démographique dans les territoires.

Les régions bénéficiaires de cette migration sont surtout la Nouvelle-Aquitaine (qui gagne quatre fois plus d’habitants par an qu’au début des années 1970), les Pays de la Loire et la Bretagne (trois fois plus), l’Occitanie (deux fois plus). Parcours inverse en PACA, avec huit fois moins d’habitants chaque année qu’il y a 50 ans, ainsi qu’en Île-de-France, qui perd chaque année 51 000 habitants malgré une attractivité maintenue pour les jeunes et les cadres.

'

En 2014, 14% des ouvriers, des employés et des cadres ont déménagé, mais 20 à 25% des premiers ont changé de département à cette occasion, contre 41% des cadres.
En somme, moins on est diplômé, moins on déménage loin.

L’Observatoire constate que "ces effets migratoires creusent les écarts sociodémographiques au sein des territoires. Les individus ont tendance à s’installer là où leur groupe social est déjà très présent, et quittent les espaces où leur groupe est le moins nombreux. Ainsi, les ouvriers et les employés se regroupent plutôt dans les communes périurbaines et rurales, tandis que les cadres augmentent dans les territoires limitrophes des métropoles où ils sont concentrés". L’Observatoire des Territoires alerte sur le "risque pour la cohésion sociale et territoriale du pays", généré par l’accroissement de ces disparités, et invite l’État à agir pour "lutter contre ces effets ségrégatifs qui, notamment, alimentent le sentiment de mise à l’écart de certaines catégories de la population".

(1) "Les mobilités résidentielles en France, tendances et impacts territoriaux", Observatoire des Territoires/Commissariat général à l’égalité des territoires, 22 février 2019.