L'Union sociale pour l'habitat
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Non au taux maximum de logement social AH

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J’ai rappelé au Congrès de Bordeaux en septembre dernier que le Mouvement Hlm était profondément défavorable à la fixation, par instruction aux préfets comme par disposition législative, d’un taux plafond de logement social ou très social.

Disant cela, le Mouvement Hlm ne méconnaît pas la nécessité de faire vivre la mixité à l’échelle des villes. Au contraire, nous défendons, exemples à l’appui, que les locataires Hlm méritent la même considération que tous nos concitoyens et ne peuvent être stigmatisés par des dispositions qui laissent entendre que les locataires Hlm seraient un problème pour la société.

Le dernier rapport au congrès a mis en lumière le profil des demandeurs de logements sociaux, bien loin des caricatures portées par certains. À l’heure où plus de deux millions de demandeurs sont en attente d’un logement social, où les plus fragiles ont été les plus touchés par la crise sanitaire, la décision du gouvernement est un non-sens social, économique et politique. Non-sens social car 75% des demandeurs de logements sociaux ont des ressources qui les placent en dessous du plafond PLAI. Pour ceux-là, le logement privé n’est pas une option. Seul le logement social leur permet de se loger décemment avec un taux d’effort supportable. Non-sens économique car le secteur de la construction a été durement touché par la crise sanitaire et limiter la construction de logements sociaux, c’est limiter le nombre de chantiers. Les bailleurs sociaux sont des donneurs d’ordre indispensables à la bonne santé du secteur de la construction, qui ne peut se priver de ces projets. Non-sens politique enfin, et à double titre. Cette mesure intervient quelques mois après la publication de chiffres catastrophiques sur la programmation de logements sociaux pour 2020, et peu de temps après la signature d’un accord sur la production de 250 000 logements locatifs sociaux sur deux ans.

Alors que l’on peine à faire respecter le taux minimal de logements sociaux fixé par la loi SRU, et plutôt que de s’attaquer plus fermement aux élus qui refusent leur devoir de solidarité, je ne comprends pas l’intérêt de stigmatiser les maires qui ont fait le choix d’offrir à leurs administrés un logement correspondant à leurs besoins. C’est à eux que nous devons adresser notre soutien. Le gouvernement ne doit pas se tromper : son énergie doit porter sur la construction de logements sociaux, partout où sont les besoins, et ne pas la limiter.

 

L’urgence est à faire respecter le taux minimal de logement social plutôt que d’en fixer un maximum.