L'Union sociale pour l'habitat
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Post-Covid : des organismes toujours en alerte AH

Alors que le virus continue de circuler à travers le monde et que de nouveaux clusters apparaissent en France, la vigilance reste de mise. Depuis le 20 juillet, le port du masque devient obligatoire(1) dans les espaces publics clos, les organismes Hlm restent en éveil et s’engagent en faveur des locataires en fragilité économiques via la déclinaison locale du dispositif d’accompagnement national signé en mai dernier. L’USH a pour sa part reporté d’un an son Congrès annuel, qui devait se tenir à Bordeaux du 22 au 24 septembre. Et l’Union européenne a signé un plan de relance d’un montant de 750 Md€.

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Dès le mois d’avril, certains organismes disposaient de chartes ou d’autres dispositifs pour permettre aux locataires rencontrant des difficultés financières suite à la crise sanitaire d’étaler le paiement de leurs loyers. Depuis la signature, le 4 mai dernier(2), de la charte nationale en faveur des locataires en fragilité économique entre l’USH et les cinq associations nationales de locataires siégeant à la Commission nationale de concertation (AFOC, CGL, CLCV, CNL et CSF) qui repose sur 20 engagements de bonnes pratiques, les déclinaisons locales se multiplient. Après la signature par les deux offices, Habitat Audois et Toulouse Métropole Habitat les 26 et 30 juin, Clairsienne a signé la sienne le 9 juillet. Erilia y a associé les sept associations de locataires siégeant à la commission nationale de concertation, au conseil de l’habitat ou au conseil national de la consommation (Flam-Familles rurales et Indecosa CGT en plus des cinq signataires de la charte nationale). Grand Delta Habitat s’est à son tour engagé dans cette démarche en signant le 22 juillet avec les trois associations siégeant à sa commission de concertation locatives (CSCV, CFDT, CNL).

De leur côté, les élus du département des Hauts-de-Seine ont voté, le 6 juillet, la refonte du Fonds de solidarité pour le Logement, avec pour objectif de simplifier les procédures pour faciliter l’accès des usagers aux aides à l’accès et au maintien dans les lieux. Ainsi, dès le mois de septembre, le principal critère d’éligibilité aux aides, le quotient social sera abandonné au profit du quotient familial, également utilisé par la CAF. "Le calcul sera ainsi plus favorable aux bénéficiaires puisqu’il évite un calcul dédié sur production de nombreuses pièces justificatives", précise le département, qui indique que "deux plafonds seront mis en place, à savoir 800 € pour les personnes seules ou les couples sans enfant et 850 € pour les familles monoparentales ou les couples avec un ou plusieurs enfants". Par ailleurs, dans un souci de simplification, le département a mis en place deux grandes catégories d’aides : "Accès au logement" et "Maintien au logement" avec des formulaires dédiés.

Les personnes sollicitant une aide au maintien pour faire face à des dettes de loyers plafonnées à 10 000 €, des dettes de propriétaires occupants, des impayés d’énergie, de fluides ou auprès des fournisseurs d’accès pourront bénéficier d’un accompagnement par un référent professionnel pour l’instruction du dossier.

À noter par ailleurs, que le nouveau maire de Bobigny, Abdel Sadi, a fait savoir le 8 juillet qu’il se "conformerait à la sollicitation" du préfet de Seine-Saint-Denis qui avait jugé "illégale" la mesure prise par son prédécesseur portant sur la prise en charge d'un mois de loyers des locataires de l'OPH de Bobigny pendant l'état d'urgence sanitaire. Une mesure qui "portait une atteinte excessive au principe d'égalité d'accès au service public", selon le préfet, et purement "politicienne" selon le nouvel édile. Lequel a annoncé la mise en place, par la ville, de dispositifs d'accompagnement pour les locataires du parc social en difficulté.

© OPAC de l’Oise

© OPAC de l’Oise

18 000 masques pour les seniors

À l’automne, l’association d’insertion Élan-CES offrira deux masques en tissu à chacun des 9 000 locataires âgés de 60 ans et plus de l’OPAC de l’Oise. Pour relever ce défi, un appel à l’entraide a été lancé, avec une collecte de draps au siège de l’OPAC, à Beauvais, et dans ses 12 antennes. Une première étape a été franchie puisque l’association vient d’offrir deux masques à 435 locataires, occupant un bâtiment labellisé Habitat Senior Services®.

Elle œuvre habituellement à la rénovation des parties communes des quartiers d’habitat social, à la remise en état des logements ou à l’entretien des espaces verts. Depuis le 4 mai, elle a créé un atelier de confection de masques en tissu, qui tourne à plein régime, avec 8 machines à coudre, 15 salariés en insertion et deux encadrants. 350 masques sont réalisés chaque jour.

© Néolia

© Néolia

Des remises de clés pas comme les autres

Les 16 et 17 juillet, les 27 acquéreurs de la résidence Vivéo, en PSLA,  à Gévezé réceptionnaient leur logement. Afin que l’instant reste convivial tout en respectant les gestes barrière, les équipes de Néotoa et l’agence Bosco ont eu l’idée d’installer un container (ouvert et facile à désinfecter) au pied de la résidence  pour accueillir les clients sereinement et effectuer les démarches administratives de rigueur.

(1) Les masques ne seront gratuits que pour les plus précaires a annoncé Emmanuel Macron.
(2) Lire article page 10 d’Actualités Habitat du 15 mai.

Le logement, lieu de tous les dangers pour les seniors

© François Havez

© François Havez

Alors que l’attention a beaucoup porté, lors du confinement, sur les seniors à l’hôpital et dans les EHPAD, 94,5% d’entre eux vivent à leur domicile. À la demande de Domofrance et Logévie, du Groupe Vyv et de l’AG2R La Mondiale, 4 000 seniors âgés de plus de 65 ans ont été contactés lors de la crise sanitaire par l’Observatoire Ergocall(1). Il ressort que 93% d’entre elles ne s’y sentent pas en danger. Pourtant, les risques sont réels, à commencer par les chutes, première cause de mortalité des seniors (38 % ont chuté récemment). L’observatoire révèle que 41% des seniors interrogés n’ont reçu aucune visite en deux mois, se retrouvant ainsi isolés de la sphère sociétale.

Le non-respect du confinement pour rompre l’isolement et la solitude (68% sont sortis plusieurs fois par semaine) et la dégradation de l’état de santé psychique (56% se sont dits angoissés et redoutaient le prolongement du confinement) font également partie des risques relevés lors des appels. L’observatoire révèle également un arrêt brutal du suivi médical. 65% des personnes âgées à domicile n’ont consulté aucun médecin alors que 69% ont des difficultés physiques et/ou des troubles psychologiques qui, pour 47% d’entre elles, nécessitent une prise en charge médicale. Seuls 6% ont eu recours aux téléconsultations alors que la crise sanitaire a poussé 63% des personnes âgées à annuler leurs rendez-vous médicaux, notamment par peur d’attraper le Covid-19.

Enfin, l’Observatoire met en lumière une inadaptation des aides techniques, humaines, financières ou d’aménagement mises en place au sein du logement dans le cadre du maintien à domicile (pour 66% des personnes interrogées), qui fait émerger la nécessité de mettre en place des politiques d’accompagnent et de prévention proactives, surtout en période de crise sanitaire ou de canicule. 55% des appels ont ainsi permis de déceler des situations de danger nécessitant une intervention rapide.

(1) Ergocall est un dispositif d’accompagnement créé par Alogia Groupe, expert du bien-vieillir, et Marguerite, spécialiste de l’accompagnement et des interventions à domicile des personnes âgées.

Un plan de relance européen historique

À l’issue d’une âpre négociation, les 27 pays de l’UE ont signé le 21 juillet un plan de relance européen doté de 750 Md€ que la Commission empruntera sur les marchés, au nom de l’Union européenne (une première) pour soutenir les économies frappées par la crise du Covid-19. Sur cette somme, 312,5 Md€ seront des subventions destinées aux pays les plus affectés et 360 Md€ des prêts. S’y ajoutent différentes lignes du budget pluriannuel pour un montant de 77,5 Md€. En contrepartie, les dirigeants se sont engagés à réduire les programmes de l’UE. L’essentiel de ces sommes seront attribuées en 2021 et 2023. Dans ce contexte, la France va toucher 40 Md€, "ce qui correspond à 40% des dépenses du plan de relance français, évalué à 100 Md€ qui sera présenté le 24 août en Conseil des ministres", a précisé le Président de la République au cours d’une interview sur TF1, "ces sommes seront destinées "à financer l’emploi des jeunes, les petites et moyennes entreprises, les artisans, le tourisme et la rénovation énergétique". Et pour les financer, les 27 se sont engagés à créer de nouvelles ressources propres (taxe sur les plastiques non recyclés, sur les géants du numérique et une taxe carbone)".