L'Union sociale pour l'habitat
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Questions à... Marianne Louis, directrice générale de l’USH AH

Nommée directrice générale de l’USH depuis le 1er juin, Marianne Louis revient sur son parcours et sur la manière dont l’USH va aborder cette période.

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Actualités Habitat. Vous êtes la première femme nommée à la direction de l’USH, peut-on revenir sur votre parcours?

Marianne Louis. Première femme et surtout première DG qui vient de la territoriale puisqu’après une formation de juriste, spécialisée dans le droit de la ville et de l’habitat, et deux ans à l’Assemblée nationale comme assistante parlementaire, j’ai passé les douze premières années de ma vie professionnelle en collectivités locales, en banlieue, avant de rejoindre l’USH au printemps 2013. Ce parcours m’a amenée à travailler avec de nombreux bailleurs, à pratiquer l’urbanisme opérationnel, la rénovation urbaine, à me forger une connaissance du logement, des besoins des territoires, mais surtout à avoir chevillé au corps la conviction que ce que nous faisons est utile pour les habitants, les femmes et les hommes de tous les horizons, de tous les âges.

Comment envisagez-vous l’évolution de l’USH ?

Ma nomination traduit une volonté de continuité mais aussi de nécessaire évolution. L’USH est une maison d’expertise. Elle évolue, car l’expertise globale progresse, par la constitution de groupes, de sociétés de coordination, la constitution des "grandes AR" (associations régionales). L’Union doit continuer à développer son excellence, mais aussi favoriser le partage d’expériences, accompagner l’innovation, l’évaluer et la diffuser. Le renouvellement des générations, dans l’USH et dans les organismes, nous amène à réfléchir au service aux organismes, qui fonctionne beaucoup de manière informelle. Demain comme aujourd’hui, il faut que chacun puisse trouver un interlocuteur, une information et un conseil rapides. Autre chantier d’importance, le numérique sur lequel l’Union s’est investie ces dernières années, avec par exemple Bienvéo.fr, mais aussi le traitement des données et la réduction du loyer de solidarité (RLS). Il nous reste encore un pas à franchir pour moderniser nos outils et pour accompagner les organismes, pour simplifier de nombreux process. Nous y travaillons actuellement et nous allons renforcer ces mouvements et actualiser notre projet d’action professionnelle. En quatre ans, les organismes Hlm connaissent quatre lois structurantes. Certaines dispositions sont des avancées, d’autres ne portent pas le meilleur de ce que peut l’action publique. Quoi qu’il en soit, les équipes de l’USH doivent préparer les organismes à la mise en œuvre du projet de loi ÉLAN et porter les thématiques RLS, maîtrise d’ouvrage sociale, politiques sociales, cotation, gestion en flux des contingents, lutte contre le sans-abrisme et Logement d’abord, NPNRU, opérations "Cœur de Ville".
Au-delà des évolutions législatives, ce sont des transitions profondes que les organismes doivent "digérer" pour formuler des offres adaptées, régénérer leur modèle. On pense naturellement aux transitions climatiques, démographiques et au numérique ; mais ne perdons pas de vue le renforcement des attentes participatives de nos concitoyens, les arbitrages faits en matière de finances publiques…

Qu’en est-il des relations de l’USH avec les Fédérations, notamment en cas de divergence d’approche ?

Globalement, il n’y a pas de divergence d’approche sur la manière de mener l’action professionnelle, et les équipes collaborent très facilement avec une ligne directrice assez simple ; ce qui est spécifique à une famille Hlm reste du ressort et est piloté par les Fédérations et ce qui est transversal est animé par le confédéral. Nous avons de nombreuses commissions, des groupes "métiers" qui associent largement les organismes.
Sur la réorganisation du tissu des organismes, qui mêle des problématiques d’actionnaires, territoriales, humaines, l’USH accompagnera les organismes dans la neutralité, et nous développerons des plans d’actions spécifiques, comme sur la vente ou les outils de coopération pour donner à connaître à tous, toutes les possibilités.
En ce qui concerne le fonctionnement même de l’Union et de ses instances, les règles sont claires. Elles n’ont pas changé. Le Président Dumont est très attaché aux instances, émanation démocratique du Mouvement Hlm. Les équipes de l’USH ne s’y substituent pas. Elles sont là pour éclairer, documenter lorsqu’il y a des sujets politiques à arbitrer. Aux instances, ensuite, de prendre une décision, de chercher un consensus ou d’assumer un dissensus. Dans la période que nous traversons, des dissensus ponctuels n’ont rien de dramatique, ils peuvent même être enrichissants.

Dès lors, quelles sont les prochaines étapes ?

Il n’y a pas de révolution, mais des évolutions. Un prochain séminaire va nous permettre de fixer un cadre pour le mandat d’action professionnelle aux AR. Puis viendra le Congrès, en octobre, dont le programme a évolué pour favoriser l’expression des organismes, et donner à voir la plus-value sociale, économique et environnementale des organismes Hlm. Viendra ensuite une journée du personnel en décembre. Autant d’échéances de travail pour nous préparer à être les meilleurs possible.