L'Union sociale pour l'habitat
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Redonner au foncier une valeur sociale AH

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Alors que s’ouvre le débat parlementaire sur le projet de loi Climat et Résilience, à la suite des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, la question de la consommation du foncier alimente les prises de position de toute nature. Nous accusons en France une consommation excessive de foncier, phénomène qu’il est nécessaire de limiter drastiquement afin de sauvegarder espaces naturels et non bâtis.

Mais si le débat se traduit dans la loi uniquement sur des principes d’interdiction globale, on passera à côté des enjeux sociaux soulevés par la question de l’accès au foncier. La question de l’artificialisation des sols n’est pas que scientifique, c’est aussi une question de choix, de politiques urbanistiques que doivent assumer ceux qui les font. Elle ne se résume pas à une opposition entre construire ou densifier et ne pas construire. Le débat qui doit être mené aujourd’hui est celui de l’utilité sociale du foncier. Les terrains ont une valeur écologique, économique mais aussi sociale. On ne peut pas renvoyer dos à dos un programme de construction de logements sociaux s’il répond à un besoin et un cahier des charges exigeant, y compris en matière environnementale, et l’extension d’un grand centre commercial ou un programme privé de résidences secondaires de standing, fortement consommatrices en surfaces, en plein centre d’une ville carencée en logements sociaux. Faire cela, c’est tourner le dos à la réalité des besoins en logements de nos concitoyens, et notamment des jeunes qui décohabitent, s’installent dans la vie. C’est aussi pour certains, une facilité utilisée aujourd’hui pour justifier d’échapper aux obligations de solidarité minimales posées par la loi SRU. Densification, reconversion, compensation, le Mouvement Hlm a des solutions à proposer pour éviter de sombrer dans un malthusianisme mortifère de la ville. C’est à cette condition que nous pourrons collectivement définir une planification urbaine à la fois dynamique mais exigeante en matière de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et de développement des espaces renaturés dans le tissu urbain existant, tout en permettant à ceux qui en ont besoin d’accéder à un logement.

“Le mouvement Hlm a des solutions à proposer pour éviter de sombrer dans un malthusianisme mortifère de la ville.”