L'Union sociale pour l'habitat
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Regard sur les pensions de famille AH

Avec 1 378 places ouvertes en 2018, les pensions de familles constituent une offre adaptée pour des personnes aux parcours de vie marqués par des ruptures. Les pouvoirs publics tablent sur ce produit pour répondre aux besoins de ce public visé par la politique du logement d’abord.

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Créés voici une quinzaine d’années pour l’accueil pérenne des ménages ou personnes désocialisées et isolées à faibles ressources, ayant connu des parcours du rue, ou ayant fréquenté des structures d’hébergement provisoire. Les pensions de famille - déclinaisons des résidences sociales - ont encore quelques difficultés à se développer. Leur production reste encore limitée par rapport à l’objectif affiché par les pouvoirs publics dans le plan quinquennal pour le logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme d’ouvrir, sur cinq ans, 10 000 places en pensions de famille.

Ces structures sur mesure, de petite taille (20 à 30 studios en moyenne), montées en lien avec des associations, articulent projet immobilier et projet social. Elles comprennent des logements autonomes et des parties communes pour des activités d’animation réalisées par un hôte ou couple d’hôtes. Elles peuvent comporter des cuisines collectives et un local pour l’hôte.

Tous opérateurs confondus, on compte environ 17 500 places en pension de famille et résidence accueil (places dédiées aux personnes souffrant de troubles psychiques) sur l’Hexagone à fin 2018. 55,5% de ce parc environ serait détenu par un organismes Hlm.

1 033 places ont été ouvertes en 2017 (dont 457 en résidences accueil) et 1 378 en 2018 (dont 355 en résidences accueil) selon la DIHAL. Quatre régions mobilisent l’essentiel des financements : Ile-de-France, Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Rhône-Alpes).

Certains organismes font du développement de cette offre un axe stratégique, avec des partis pris différents : développement en direct (Bretagne Sud Habitat, Antin Résidences…), création de filiales pour la production et le portage de cette offre (3F Résidence), création de filiales pour leur gestion (Batigère) ou gestion en direct (Espacil).

En dépit des difficultés rencontrées pour monter ce type de produit, notamment pour équilibrer les opérations en zones tendues, les opérateurs s’accordent à reconnaître que les pensions de familles sont bien adaptées à la problématique du "logement d’abord" et aux besoins d’un public fragile sur les territoires.

Les conditions de réussite

Les organismes Hlm pointent un certain nombre de difficultés auxquelles ils sont confrontés et qui nécessitent la mobilisation des élus locaux pour les lever : trouver du foncier bien localisé, si possible en centre-ville, proche des équipements et services ; difficulté à capter des bâtiments existants ; nécessité de disposer d’une part importante de fonds gratuits pour que la partie immobilière reste maîtrisée dans la redevance et que le gestionnaire puisse  financer sa gestion ; inadéquation des appels à projets de l’État ; non actualisation du montant du financement du couple d’hôte.

Aussi, l’Union sociale pour l’habitat encourage le développement des pensions de famille, et recommande :

  • de garder l’objectif de qualité de produit et de gestion ;
  • de poursuivre les efforts de sensibilisation et de coopération avec les élus et d’inscrire cette production comme une des offres à développer dans le cadre du plan d’Action cœur de ville ;
  • de repositionner les services de l’État en appui opérationnel auprès des bailleurs dans leur action de conviction auprès des maires, de simplifier fortement les procédures d’appel à projet et de rechercher des solutions pour un agrément plus rapide de l’État ;
  • de réévaluer le montant de la subvention pour le couple d’hôte.