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Rénovation énergétique : l'Ancols constate une accélération des interventions Hlm AH

Si le rythme des rénovations thermiques s’accélère dans le parc Hlm, une étude de l’Ancols montre l’urgence à passer à la vitesse supérieure.

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520 000 logements du parc social ont fait l’objet d’une rénovation thermique entre 2016 et 2020, selon une étude de l’Ancols, publiée le 28 juin, sur la rénovation thermique des logements dans le parc social(1). Ces travaux ont permis de gagner 1,5 étiquette au DPE en moyenne(2), 22% des logements atteignant un niveau de consommation inférieur ou égal au label BBC Rénovation. Au total, entre 380 000 et 490 000 logements ont vu leur performance énergétique améliorée, via une rénovation ou un autre type d’intervention (actions de gros entretien). Chaque année, depuis 2018, la performance énergétique de plus de 80 000 logements s’est améliorée, un chiffre qui a doublé en deux ans (il était de 40 000 en 2016). Cette tendance marque indéniablement une nette accélération du rythme des rénovations thermiques dans le parc Hlm.

Et pourtant… “ces résultats sont insuffisants pour respecter les objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone” (SNBC), relève l’Ancols. Selon l’Agence, pour les atteindre, 90 000 à 135 000 logements devraient être rénovés chaque année, avec un DPE en classe A ou B après travaux. Il faudrait même réaliser 200 000 rénovations annuelles pour respecter les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Éradiquer les passoires thermiques, mais pas seulement

Selon l’enquête de l’Ancols, trois motivations principales ressortent pour lancer une rénovation : le traitement des passoires thermiques (E, F ou G) pour 79% des bailleurs, celui des résidences anciennes et dégradées ne répondant plus aux besoins des locataires (49%), la possibilité d’améliorer ou de préserver l’attractivité des résidences (45%).

Côté financier, 9 Md€ ont été investis par les OLS entre 2016 et 2020, dont 4,2 Md€ pour le seul volet thermique. Le coût moyen au logement est compris entre 30 000 et 35 000 €, dont 12 000 à 16 000 € pour la seule partie thermique… à l’exception des opérations ayant eu recours aux EnR ou à des techniques innovantes, le coût moyen par logement s’élevant alors à 41 000 €.

74% du montant total investi dans la rénovation provient d’emprunts (dont 25% de l’éco-PLS qui représente 62% des opérations), 12% de fonds propres et 11% de subventions.

Les certificats d’économie d’énergie et l’exonération de TFPB sont intégrés pour respectivement 21% et 15% dans les plans de financement.

Les bailleurs ne souhaitant pas fragiliser leurs locataires, seuls 30 % d’entre eux mobilisent systématiquement la 3e ligne de quittance après travaux, pour un montant moyen de 15 € par mois, mais 59% y ont déjà eu recours au moins une fois. À signaler : 66% des bailleurs ont prévu d’accroître leurs dépenses d’ici 3 ans.

Des projets chers et complexes

Le coût, la complexité des montages financiers et des conditions d’éligibilité à l’éco-PLS et aux fonds européens sont présentés par 60% des bailleurs sociaux comme les principaux freins. Suivent des difficultés techniques pour 37% (liées à l’amiante, aux contraintes du travail avec l’ABF, aux règles d’urbanisme en centre ancien ou aux difficultés de rénovation des logements individuels) et le manque de personnel qualifié au sein des organismes mais aussi chez les entreprises prestataires (19%).

L’Ancols met l’accent sur la communication menée auprès des locataires, 9 bailleurs sur 10 déclarant organiser des réunions d’information sur les travaux à venir. Certains présentent des logements témoins ou prévoient des visites individuelles.

Quant au suivi de consommations pour s’assurer de la bonne atteinte des objectifs, seuls 31% des bailleurs déclarent la réaliser. Et il reste encore 6% d’irréductibles qui n’avaient commencé aucun projet de rénovation thermique entre 2016 et 2020.

(1) Cette étude a été réalisée par le groupement vizGet, Stratergie et Pluricité, entre décembre 2020 et décembre 2021, à partir de l’analyse d’un questionnaire auprès de 305 OLS, d’entretiens qualitatifs et des données du RPLS.
(2) L’étude a porté sur les années 2016 à 2020, avant la réforme du DPE entrée en vigueur le 1er juillet 2021.

Pour en savoir plus : Etude sur la rénovation thermique des logements du parc social - Ancols