L'Union sociale pour l'habitat
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« Revoir notre manière de produire la ville », Alain Anziani président de Bordeaux Métropole AH

Des logements adaptés aux besoins et aux capacités financières des ménages. Une offre adaptée pour les étudiants et les seniors.
Une meilleure imbrication avec les réseaux de transports. Et des constructions qui tiennent compte des besoins de végétalisation des villes. Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, fait le point avec nous sur les défis qui attendent les élus.

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Quelles sont les grandes orientations de Bordeaux Métropole en matière d'habitat social ?

Nous avons un double défi à relever : offrir du logement puisque nous en manquons, en particulier du logement social, et réconcilier les habitants avec leur ville qu’ils trouvent trop dense, trop encombrée, pas assez végétalisée. Il faut donc continuer à construire mais pas n’importe où, ni n’importe comment. Nous devons plutôt construire sur des espaces déjà urbanisés et ainsi limiter l’artificialisation des sols, tout en apportant davantage de végétalisation.

Comment intégrez-vous à vos réflexions le sujet des déplacements et des transports ?

Nous devons proposer de l’habitat autour des axes de transports et des grandes zones d’emploi, faire en sorte de réduire la durée des transports et favoriser des alternatives à la voiture. Un des grands projets de cette mandature sera de rapprocher la rive droite et la rive gauche, avec éventuellement un nouveau franchissement et une liaison par téléphérique. Plus globalement, notre réflexion porte sur les déplacements entre la métropole et les territoires voisins. Le RER métropolitain permet déjà par exemple de relier le libournais, la rive droite, Bordeaux, la rive gauche… en quelques minutes avec un train toutes les 30 minutes. Le fleuve peut aussi être mieux utilisé.

Quels critères sont retenus pour lancer un projet plutôt qu’un autre ?

Les opérateurs, bailleurs, collectivités, villes et la métropole doivent systématiquement se demander ce que peut apporter le projet au quartier : services, commerces, pôle médical, crèche, espace vert ouvert sur le quartier… Pour cela, il faut trouver un cadre d’échange avec les habitants, qui connaissent bien leur quartier, afin de déterminer comment rendre le projet acceptable.

Comment concilier l’accroissement de la population de la métropole avec la frugalité défendue par la ville de Bordeaux ?

La métropole est attractive. La moitié de la population du département et plus de 60% des emplois y sont présents. La construction de logements reste donc nécessaire, mais on doit revoir notre manière de produire la ville, par des constructions pérennes, qui vieillissent bien et peu consommatrices en énergie. Je suis parfois choqué de voir l’état de certains bâtiments quelques années seulement après leur livraison. Une vigilance toute particulière à la qualité des logements est nécessaire. Cela passe aussi par des espaces extérieurs individuels et partagés généreux.

Quelles sont les ambitions de la Métropole en matière de construction neuve ?

Plusieurs opérations vont permettre de continuer à produire des logements dans les années à venir, notamment sur les principales opérations d’aménagement, on peut citer par exemple celles pilotées par La FAB (11 500 logements programmés sur 14 communes) et par l’OIN Euratlantique (plus de 20 000 logements), tout en créant des emplois et des espaces verts sur des emprises aujourd’hui largement artificialisées.

Quelles réponses apportez-vous aux publics fragiles, tels que les étudiants et les seniors ?

Concernant les étudiants, un contrat d’objectifs et d’orientations a été signé le 1er mars par l’État, la Région, le Crous, la Conférence départementale de Gironde (CDHlm) et Bordeaux Métropole. L’objectif est d’arriver à 12 logements sociaux pour 100 étudiants d’ici 2030, correspondant à une augmentation du parc social de 6 000 logements sur la métropole (600 logements par an).  Par ailleurs, le vieillissement de la population est inéluctable, c’est la pyramide des âges. Loger dans des conditions qualitatives et financièrement acceptables les personnes âgées nécessite un accompagnement particulier, et appelle des réponses tant dans le parc public que dans le parc privé.

Des projets de rééquilibrage de peuplement sont-ils prévus pour faire face aux poches de pauvreté ?

Le parc du logement social est inégalement réparti sur la métropole, mais cette situation n’est pas irréversible, c’est pourquoi nous portons plusieurs projets de renouvellement urbain, afin d’atteindre une répartition plus homogène des logements sociaux sur le territoire et de ne pas concentrer au même endroit les populations les plus fragiles.

Propos recueillis par E.B.