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Ukraine : de multiples façons d'être solidaires AH

Alors que l’actualité sur le front ukrainien rapporte des événements tragiques, la solidarité se poursuit, et s’organise, de multiples manières. Zoom sur trois initiatives portées par des organismes Hlm.

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, les organismes Hlm élargissent le champ de leurs actions. Paris Habitat avait organisé dès le début de la guerre en Ukraine une collecte de dons auprès des collaborateurs (voir AH 1162). L’OPH a également décliné son programme d’accueil de réfugiés, appliqué notamment auprès de femmes afghanes, à ces nouveaux déplacés. Une cinquantaine de logements vacants en attente d’une opération de réhabilitation lourde qui débuterait dans trois mois, un an, voire plus, sont également mis à disposition d’associations, pour y loger des Ukrainiens en intermédiation locative. Depuis fin mars, Paris Habitat a élargi encore la palette des actions en faveurs des réfugiés ukrainiens grâce à un partenariat inédit avec la RIVP et les associations de locataires.

Cohabitation solidaire

Le programme de “cohabitation solidaire” s’adresse aux locataires qui souhaitent héberger chez eux, à titre gratuit, une personne, un couple, ou une famille de réfugiés, et qui disposent pour cela d’une ou plusieurs chambres disponibles pour une durée minimum d’un mois. Les deux bailleurs ont adressé fin mars une lettre aux 126 000 locataires de Paris Habitat et aux 63 000 locataires de la RIVP (y compris ceux qui n’étaient pas en situation de sous-occupation) leur indiquant la marche à suivre et un numéro unique pour se porter volontaire. En dix jours, les bailleurs ont identifié 65 ménages locataires volontaires et ayant la possibilité d’accueil. Le CASP (Centre d’action sociale protestant), association reconnue et expérimentée dans l’accueil des réfugiés, prend ensuite le relais : il rencontre les locataires volontaires et met à leur disposition un référent unique durant toute la durée de l’accueil, il identifie les réfugiés, les accompagne dans leurs démarches, il donne accès à un traducteur… Un contrat d’un mois, renouvelable, est signé entre l’accueillant, l’accueilli et le CASP.

Alice Brassens, adjointe au directeur général de Paris Habitat, qui a copiloté le programme et assuré sa part de permanence téléphonique, témoigne de la ferveur de toutes les parties prenantes. Aux personnes qui proposaient un clic-clac dans leur salon, elle a dû dire “non”, mais leur a proposé, toujours via le CASP, de parrainer des personnes réfugiées pour les aider à s’intégrer et créer des liens : découvrir la ville, les aider à faire leurs courses, les inviter à déjeuner… Il faut aussi répondre aux locataires qui s’étonnent que l’élan de solidarité ne soit pas appliqué précédemment aux autres personnes dans la détresse, migrants, réfugiés, SDF… “Nous répondons que, au vu du statut particulier des réfugiés ukrainiens, l’État est en capacité de les réorienter vers des logements plus durables, notamment en zones détendues. Nous disons aussi qu’à travers ce programme que l’on teste aujourd’hui, nous faisons la preuve qu’un accueil citoyen est possible et pourquoi pas transposable, à l’avenir, à d’autres publics”, anticipe Alice Brassens.

Accueillir : “une évidence”

L’Opac du Rhône a accueilli fin mars quatre familles ukrainiennes dans le cadre du dispositif HESUS, le programme “d'accueil et d'insertion pérenne” qui associe l’OPH, Habitat et Humanisme, des collectivités locales et des bénévoles. Il propose au total 47 logements (du T2 au T5), dans 10 communes. Pour faciliter l’intervention d’Habitat et Humanisme auprès des familles, l’Office a choisi des résidences situées sur les mêmes axes de communication. Il s’agit de logements soit durablement vacants (non issus d’une vacance frictionnelle, entre deux relocations), soit inscrits dans un programme de renouvellement patrimonial (et rendus vacants dans ce but). C’est l’agence Ouest de l’Opac du Rhône, située à Tarare, qui assure la coordination avec Habitat et Humanisme et la gestion des logements. “Accueillir au mieux ces familles qui ont connu le pire est une évidence pour l'équipe de l'agence”, a déclaré avec simplicité son directeur Charles Janin.

Dons en nature et financiers

Comme beaucoup d’autres organismes, Halpades (Groupe Odes Habitat) a participé à une collecte de produits d’urgence (aliments, hygiène, soins, premiers secours, alimentation pour bébés). En lien avec les entreprises de Haute-Savoie, notamment Baud Industries, implantée en Pologne, collaborateurs et locataires ont déposé leurs dons dans les agences et au siège de l’ESH. Les équipes ont réceptionné et trié les produits, étiqueté les cartons, qui ont été acheminés fin mars à la frontière polono-ukrainienne auprès d’associations et ONG. Les 5 autres filiales (non-Hlm) d’Odes Habitat ont également participé, envoyant au total plus de 15 palettes.

Pour en savoir plus : Dossier : Guerre en Ukraine - Accueil et logement des personnes déplacées