L'Union sociale pour l'habitat
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Une démarche expérimentale qui porte ses fruits AH

La deuxième saison de l’appel à projets Architecture de la Transformation vient de s’achever avec la restitution des cinq projets lauréats. Cette opération vise à promouvoir l’innovation dans le logement social et à essaimer les solutions développées, en répondant à des défis sociaux, économiques, environnementaux et territoriaux.

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Le cahier Repères N°58 présente le retour d’expériences des dix incubations. Il sera disponible sur le centre de ressources de l’USH d’ici quelques jours.  

Faire émerger de nouvelles solutions, innovantes et concrètes, architecturales, techniques ou organisationnelles, au service du logement social et intermédiaire et reproductibles par d’autres : tel est le sens de l’appel à projets pour une Architecture de la Transformation, lancé en 2015 par la Banque des territoires et l’Union sociale pour l’habitat sur le thème de l’évolutivité des logements et de la mutabilité des bâtiments. Cinq bailleurs sociaux ont été retenus – Actis, Batigère Nord-Est, Logeo, Seine-Saint-Denis Habitat et CDC Habitat –, qui ont bénéficié de l’accompagnement technique, juridique et financier de la Caisse des dépôts.

Une deuxième saison s’est ouverte en 2018, sur le thème de l’impact territorial du logement social(1). À l’issue d’une première phase de sélection, un "Hack’Archi", atelier d’innovation ouverte auquel ont participé plus de 70 étudiants, a été organisé, puis les cinq projets ont bénéficié pendant huit mois d’un cadre innovant d’expérimentation au sein du Lab Archi, incubateur de projets avec des méthodes s’inspirant de celles pratiquées par les start-up.

Le 26 mars dernier, les cinq organismes lauréats ont présenté leurs projets, à Paris :

Le COL : l’éco-hameau participatif

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Démarche participative et co-construite avec les habitants pour la création de cet éco-hameau, bien intégré dans son environnement. © Le COL

Face à l’acceptation de plus en plus faible des projets de construction, la coopérative a souhaité trouver une nouvelle forme d’organisation dès la conception, génératrice d’un consensus et d’une co-construction entre les parties prenantes. L’idée étant de concilier les attentes de l’ensemble des acteurs locaux : riverains, habitants de la commune, collectivité territoriale.

La commune de Haux (33), avec 827 habitants, a été retenue pour cette expérimentation. Le COL s’est fait accompagner d’un AMO afin d’identifier les besoins à l’échelle du quartier/hameau et de l’habitat. Après une réunion publique de lancement, une douzaine de réunions sont prévues pour parvenir à une programmation collective du projet. Le dépôt du permis de construire devrait avoir lieu en octobre 2019, pour une livraison des logements en 2021. Le COL envisage désormais de reproduire cette démarche sur la réhabilitation de logements existants dans le quartier de la gare de Toulouse, en adaptant sa méthodologie.

Nantes Métropole Habitat : des serres en toiture

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Avec la réhabilitation du bâtiment, le coût global du projet est estimé à près de 500 000 euros. © CLAAS architecte

Avec son projet Symbiose, l’Office expérimente l’installation d’une serre de 400 m2 sur le toit d’un bâtiment construit dans les années 70, dans le nord de Nantes, pour chauffer l’eau chaude sanitaire en récupérant la chaleur des serres.

Le projet répond à trois problématiques : énergétique, en proposant une alternative aux panneaux photovoltaïques et en prévoyant un gain de 40 à 50% d’économie d’énergie ; d’usage, en offrant aux habitants et au quartier des espaces partagés et protégés ; architecturale, en changeant l’image du quartier intégré dans un projet de renouvellement urbain.

À l’issue des tests réalisés dans le cadre du Lab Archi, l’échelle du projet a été revue pour intégrer la réhabilitation de l’immeuble, prévue au 2e semestre 2019. Nantes Métropole Habitat espère être retenu dans le projet de recherche européen GROOF (Greenhouses to Reduce CO2on rooFs) sur la valorisation des serres en toitures, piloté en partie par le CSTB.

Plurial Novilia : impression 3D béton

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La construction en impression 3D béton répond à des enjeux à la fois d’ordre architectural, économique, social et environnemental. © Agence Coste Architectures

Avec son projet Viliaprint, Plurial Novilia expérimente le procédé d’impression en 3D béton pour la construction de cinq maisons de plain-pied, intégrées au premier éco-quartier de Champagne-Ardenne, REMA’VERT, à Reims (51). Seule une partie de la structure a été réalisée en impression 3D, ainsi que les murs extérieurs courbés. Entre 40 et 45% des quantités traditionnelles de béton ont été économisées. L’expérimentation a permis de diminuer les nuisances sur chantier (bruit, déchets), la pénibilité de mise en œuvre et d’obtenir une réalisation très précise des éléments imprimés pour un coût de construction d’une maison estimé à l’heure actuelle à 207000 euros.

Le permis de construire sera prochainement déposé. En attendant, Plurial Novilia a présenté une demande de certification ATEX auprès du CSTB (un reportage sur ce projet sera présenté dans un prochain numéro).

OPH Firminy : réinventer des espaces pour réduire la vacance

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Une première phase expérimentale a été organisée dans un logement démonstrateur proposé dans le rez-de-chaussée d’un bâtiment, en co-conception avec les habitants. © OPH Firminy

Pour lutter contre la vacance et renforcer l’attractivité de son parc locatif, l’OPH a mis en place une approche innovante, nommée "Firminy RE-génération". Cette expérimentation a lieu sur le site de Firminy Layat, une tour et plusieurs barres d’immeubles de plus de 330 logements collectifs construites dans les années 1960, dans lesquelles un logement sur cinq est vacant.

Un de ces logements vacants a été reconverti en espace de vie partagé accessible à tous, avec une nouvelle offre de services comprenant une garderie, une salle de jeux, une salle de sports, une cuisine commune, une buanderie...

L’OPH a profité de la réhabilitation pour former les locataires aux métiers du bâtiment avec l’aide de l’AFPA, et favoriser leur retour vers l’emploi, par le biais d’une formation certifiante et d’une mise en réseau avec les entreprises. Cette démarche améliore ainsi l’attachement et l’implication des habitants dans le développement de la résidence. Elle pourrait être reprise sur Firminy Vert.

SIA Habitat : rénovation d’une ancienne cité minière

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"L’Habitant au cœur de Tout" est l’axe stratégique développé par SIA Habitat pour la rénovation de la Cité du Pinson, à Raismes. © SIA Habitat

La cité du Pinson, à Raismes (59), ancienne cité minière classée au patrimoine de l’Unesco, comprend 193 logements. 58% des ménages y vivent en précarité énergétique.

L’ESH a cherché à comprendre finement les besoins et les attentes des habitants, parmi lesquels un besoin d’adaptation des logements aux évolutions de la famille. Ils ont bénéficié par ailleurs d’un accompagnement pour une meilleure utilisation de leurs nouveaux équipements de chauffage et de ventilation, qui ont permis une économie d’énergie allant jusqu’à 50 euros par mois.

Pour renforcer l’attractivité de la cité, un "tiers lieu" a été ouvert dans une maison vacante pour y développer des activités favorisant l’augmentation du pouvoir d’achat des habitants et le lien social. Des espaces de permaculture et de jardins partagés ont vu le jour. Enfin, un spectacle écrit à partir de la parole des habitants a permis de valoriser ce patrimoine commun auprès de tous, une démarche qui a resserré les liens avec le bailleur, redonné aux habitants un sentiment de fierté et eu un impact positif sur la tranquillité publique.

Un prix spécial a également été décerné à la SHLMR (Saint-Denis de La Réunion) et son projet de bâtiment à énergie positive dans les DOM-TOM pour réduire les charges des locataires.

Et après ? Un nouveau format verra le jour cette année, le "Lab Territoires" qui viendra se subsituer au Lab Archi. Sa vocation : travailler sur des sujets d’innovation pour accompagner tous les acteurs des territoires, dont les bailleurs sociaux, dans leurs enjeux de transformation, dans une version plus digitalisée. 

(1) Avec pour partenaires, l’USH, la Fédération des OPH, la Fédération des ESH, les COOP’Hlm, la Fondation Excellence SMA, la Fédération des Entreprises publiques locales, les ministères de la Transition écologique et solidaire, de la Cohésion des territoires et de la Culture, le PUCA, l’Ademe, le CSTB et l’AFD.