L'Union sociale pour l'habitat
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Une recherche pour mieux comprendre les dynamiques de voisinage

Les relations de voisinage font l'objet d'une vaste enquête conduite par des chercheurs de l'Université de Lyon 2 avec l'appui de l'Ined. Le séminaire organisé fin 2017 avec les organismes Hlm engagés dans la démarche a exposé les principales problématiques que la recherche va s'employer à éclairer.

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Comment évoluent les relations de voisinage dans le temps, quelle est leur place dans l'intégration sociale et urbaine des individus, de quelle façon sont-elles impactées par la mixité sociale ou par son absence ? Ces questions et d'autres se posent dans le cadre d'une crise supposée des relations de voisinage due aux progrès de la mobilité et des réseaux sociaux, aux situations d'isolement, au repli communautaire ou la recherche de l'entre soi. La recherche sur les relations de voisinage vise à répondre à ces interrogations, à vérifier la réalité de cette crise et à évaluer les actions mises en place par les organismes Hlm ou les pouvoirs publics.

Optimiser les actions en faveur du voisinage

Une cinquantaine de personnes – organismes Hlm, associations régionales Hlm et SEM impliqués dans la recherche, chercheurs, représentants du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), de l'Institut CDC pour la recherche, de l'Union sociale pour l'habitat et de ses fédérations, du Plan urbanisme construction architecture (PUCA) et de la Métropole de Lyon – ont débattu de ces questions le 29 novembre 2017 à l'Institut national des études démographiques (Ined) qui fournit un appui indispensable à la réalisation de la recherche*. L'objectif de la rencontre était d'articuler les questionnements des chercheurs avec les préoccupations des bailleurs. Les interventions des organismes Hlm au cours du séminaire ont montré l'ampleur de leurs attentes : mieux comprendre la dynamique des relations de voisinage, identifier les actions qui favorisent réellement des relations positives, réussir l'intégration et la mixité sociale…

Qu'est-ce que le voisinage ?

L'équipe de recherche a montré que le voisinage était à la fois :

  • un espace de proximité, sachant que la taille du voisinage varie en fonction de la densité de population (en schématisant, dans un village tous les villageois sont des voisins, tandis que dans un centre urbain, le voisin est un habitant de l'immeuble) ;

  • un groupe de personnes : on qualifie d'abord comme voisin celui qui partage l'espace proche, mais voisiner suppose à la fois une mise à distance et l'élection de certains voisins sur fond de proximité résidentielle. De ce fait, tous les voisins ne sont pas reconnus comme tels, leur qualification sociale pouvant faire obstacle. Par exemple, les habitants d'une maison de retraite, d'un centre d'hébergement ou les personnes sans domicile fixe sont peu fréquemment "élus" au rang de voisins.

  • et un type de relations marquées par la familiarité, le quotidien. Ce type de relations est généralement appréhendé par un certain nombre d'indicateurs tels que les conversations, les échanges, les invitations, les services, les conflits, etc.

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Le voisinage comme instance d'intégration

Les chercheurs ont également souligné le caractère réversible des relations de voisinage qui se construisent par ajustements successifs. La métaphore des porcs-épics illustre bien cette construction : en recherchant la chaleur de l'autre, les porcs-épics se rapprochent, se piquent et reculent jusqu'à trouver la bonne distance.

Les relations ainsi créées et les pratiques solidaires de substitution qu'elles génèrent – l'aide ponctuelle apportée à un voisin privé de famille ou d'aide sociale par exemple – contribuent à faire du voisinage une instance de socialisation et d'intégration importante.

Créer des occasions de rencontres et de coopération

Des travaux issus de la psychosociologie soulignent l'importance de multiplier les situations qui invitent les gens à faire connaissance et à coopérer. Dans cette perspective, les institutions sociales et les pouvoirs publics jouent un rôle-clé pour favoriser des dynamiques de coopération au sein du voisinage. Les organismes Hlm ont présenté de multiples actions montrant leur forte implication en ce sens : jardins partagés, comités de locataires formés pour prendre des décisions communes avec les bailleurs, chantiers d'insertion sociale, sport citoyen… La recherche en cours permettra de mieux mesurer l'efficacité de ces actions.

* Cette étude sur les relations de voisinage est cofinancée par le CGET, l'USH, les fédérations des ESH, OPH et COOP'Hlm, l'ARRA Hlm, ABC Hlm, l'AORIF, de nombreux organismes Hlm (Habitat en région, Valophis, Logirep, APES-DSU, GrandLyon Habitat, Alliade Habitat, OPAC 38), une SEM (SACOVIV), l'Institut CDC pour la recherche et la Métropole de Lyon. Une vidéo en ligne sur le site de l'Union sociale pour l'habitat présente plus complètement le projet de recherche.

 
 

Méthodologie et calendrier

  Réalisée par une équipe de chercheurs de l'Université de Lyon 2 et du Centre Max Weber avec l'appui de l'INED, la recherche sur les relations de voisinage comporte deux volets. D'abord une enquête quantitative (entre mars et juin 2018) auprès de 3 000 personnes tirées au sort dans 14 quartiers répartis à part égale dans les régions parisienne et lyonnaise. Chacun de ces quartiers est représentatif d'un large éventail de contextes socio-urbains et périurbains différents, du plus bourgeois au plus populaire. Le second volet de l'étude est qualitatif. Il débutera au deuxième semestre 2018 et visera à approfondir et mieux comprendre les résultats de la phase quantitative par une série d'entretiens et d'observations de situations de voisinage. Les résultats complets sont attendus pour fin 2019.