L'Union sociale pour l'habitat
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Comptage d'énergie : quelle valeur ajoutée ?

INTERVENANTS

Vincent Burucoa, Directeur commercial, Compteurs Farnier

Jean-Pierre Coronado, Directeur adjoint, direction du renouvellement urbain et des politiques techniques, Groupe Logement Français

Antoine Fernandez, Directeur général administrateur, Veolia Habitat Services

Eric Lamoulen, Directeur général, Le Toit Angevin

Philippe Passemard, Directeur général, Océa

René Pint, Conseiller national, CLCV

Atelier animé par Eric Brunet, journaliste, et Catherine Di Costanzo, Conseillère technique, Union sociale pour l'habitat

Dans le but de mieux maîtriser la demande en énergie, la RT 2012 devrait rendre obligatoire l’information des habitants sur leurs consommations d’énergie, par usages. Des évolutions sont par ailleurs attendues sur le parc existant chauffé collectivement. Le décret du 30 septembre 1991 relatif à la mise en place de répartiteurs de frais de chauffage dans les immeubles collectifs est en cours d’actualisation afin de rendre opérationnelle cette obligation. De plus, dans quelques années, les compteurs actuels d’électricité et de gaz naturel seront remplacés par des compteurs dits intelligents afin de permettre aux habitants de mieux connaître et agir sur leurs consommations finales.

Parallèlement, des offres de services se développent et s’affinent, mettant à la disposition des locataires des données relatives à leurs consommations d’énergie et proposant un service d’alerte en cas d’écart de consommation.

Après un décryptage des évolutions réglementaires, ce débat s’ouvrira par la présentation d’expériences en logement social, les solutions mises en œuvre et le partage des enseignements tirés. Il permettra d’appréhender la valeur ajoutée des offres, leurs conditions de mise en œuvre, et leur efficacité technico-économique dans la durée. Il sera également l’occasion de confronter les attentes des organismes Hlm et des locataires aux offres proposées.

La RT2012 devrait rendre obligatoire l’information des habitants sur leurs consommations d’énergie, par usage. Après un décryptage des évolutions réglementaires, le débat s’est ouvert par la présentation d’expériences, de solutions mises en œuvre, et le partage des enseignements tirés. Il a permis d’appréhender la valeur ajoutée des offres de services mettant à la disposition des locataires des données relatives à leurs consommations d’énergie, tout en confrontant les attentes des organismes et des locataires.

Catherine di Costanzo présente l’évolution attendue de la réglementation sur le comptage d’énergie, tant pour le neuf que pour l’existant :

- pour le parc existant, l’obligation d’installer des répartiteurs de frais de chauffage dans les bâtiments chauffés collectivement dès le dépassement d’un certain seuil de consommation de chauffage ;

- mise en place dans le cadre de la RT2012 de systèmes permettant de mesurer ou d’estimer la consommation d’énergie de chaque logement, assortie d’une information mensuelle des occupants ;

- le remplacement d’ici à 2020 des compteurs d’énergie actuels par des compteurs communicants par les gestionnaires de réseaux (ERDF, GRDF notamment).

Catherine di Costanzo souligne que le contexte en matière de comptage d’énergie est en pleine évolution. Les organismes de logement social sont pour leur part appelés, dans le cadre d’appels à projet européens, à tester les nouveaux systèmes de comptage d’énergie.

Eric Brunet propose de passer à une présentation des retours d’expériences en matière de comptage d’énergie et de services associés.

Antoine Fernandez explique que Veolia Habitat Service a instauré un système d’individualisation des frais de chauffage et de facturation des locataires, nommé Consoéco, qui porte une attention particulière à l’information du client final. Cette information se veut claire, ludique et régulière pour sensibiliser les résidents aux gestes éco-responsables et à leur consommation. Un mémo technique est mis à disposition pour rappeler les éco-gestes (ne pas placer de meubles devant les radiateurs par exemple) et le fait qu’1 degré de moins représente 7 % d’économies sur une facture. Le système permet de fournir aux occupants un justificatif dans les factures, précisant la répartition des frais fixes – en tantièmes - et des frais variables – en relevés de consommation.

Philippe Passemard présente la démarche d’Océa, qui propose aux locataires un système de suivi par internet et des alertes en cas de consommations anomales ainsi que des conseils sur les éco-gestes. Son système permet la délégation par le bailleur de la facturation et la relation clientèle. Océa est en mesure de répartir les charges entre les occupants.

Vincent Burucoa fait valoir que la société Compteurs Farnier – une filiale d’un groupe allemand spécialisé dans la répartition des frais de chauffage et d’eau - pratique aussi la répartition des frais de chauffage, qu’elle complète avec le système Adapterm, qui est dédié aux bailleurs. Ce dernier permet de réguler la production du système de chauffage de façon précise en se basant sur les besoins réels relevés par les répartiteurs de frais de chauffage installés dans les logements. Le module Adapterm connaît en permanence la demande de chauffage des logements et de l’immeuble tout entier. Il commande en temps réel aux chaudières de s’adapter à ces besoins. La solution Adapterm est largement déployée en Europe du Nord mais n’est pas encore commercialisée en France. En Allemagne et en Europe du Nord, 60 000 logements ont été équipés, pour une économie moyenne d’énergie de 10 %.

Un participant (CNL Sarthe) demande si cette économie porte sur le coût global facturé au locataire. Il souhaite également savoir comment il est tenu compte des courbes de rendement des chaudières.

Vincent Burucoa répond qu’Adapterm prend en considération le comportement de la chaudière. S’agissant du coût global, l’économie qu’il a avancée se fonde sur une étude menée en Allemagne – et non en France -, tenant compte du coût du service.

Un participant s’enquiert du coût du système Adapterm pour un immeuble moyen de 100 logements.

Vincent Burucoa répond que le coût est, dans le cadre d’un abonnement, de 150 euros par module et de 15 euros par logement.

Un participant souhaite savoir si les différents systèmes présentés sont compatibles et s’il est nécessaire de changer les équipements en cas de changement de fournisseur d’énergie.

Antoine Fernandez répond qu’il est nécessaire dans un tel cas de changer le matériel.

Philippe Passemard insiste sur le fait que les matériels sont souvent changés en fin de contrat, afin d’en installer des plus modernes.

Eric Lamoulen précise que le Toit Angevin est un organisme ayant testé le système Effinéo sur 585 logements. Il permet de relever à distance les consommations des logements. Les locataires peuvent suivre leur consommation en ligne et bénéficier de conseils pour réduire leurs factures. Pour Eric Lamoulen, les alertes par SMS sont les plus efficaces. Le système proposé par le Toit Angevin numérique permet aussi de détecter les fuites et les anomalies de comptage. Les premiers résultats sont intéressants

- 6 % d’économies de chauffage la première année, 10 % d’économies d’eau grâce au système d’alerte – mais restent à confirmer. En effet, le système ayant été lancé récemment, le Toit Angevin manque encore de recul sur ses bénéfices.

Jean-Pierre Coronado attire l’attention sur la question des « vols de chaleur » entre les appartements. Ce phénomène n’est en effet pas nécessairement géré par les systèmes qui ont été présentés. Qui plus est, ces derniers ne sont rentables que si la consommation va au-delà d’un certain seuil. Jean-Pierre Coronado se dit favorable aux systèmes d’indicateurs de fonctionnement tels que ceux proposés par le Toit Angevin.

René Pint ne se dit pas opposé à la pose de compteurs de calories, qui semble la solution la plus équitable mais n’est pas celle permettant de réaliser le plus d’économies. Pour lui, l’isolation des habitations ainsi que l’équilibrage et l’entretien de l’installation sont prioritaires. Le comptage de calories n’est utile qu’après ces étapes. Sa pose doit être supportée par le bailleur.

Un participant rappelle que la répartition des frais de chauffage en France est obligatoire depuis 1974. Le système de comptage n’est pas la réponse unique à toutes les questions d’économie d’énergie. Pour autant, 100 millions de capteurs ont été installés en Europe, ce qui montre bien que ces systèmes présentent un intérêt économique réel.

Catherine di Costanzo souligne que en France, contrairement à des pays européens pour lesquels le taux de couverture de mise en place des répartiteurs de frais de chauffage est important, a fait le choix de limiter le niveau de température dans les logements dans le cadre des réglementations thermiques. Par ailleurs, dés les années 80, des contrats d’exploitation de chauffage avec intéressement ont été instaurés dans le logement social.

Les documents présentés :





- Atelier E - Antoine FERNANDEZ.pdf URL => Atelier E - Antoine FERNANDEZ.pdf - Atelier E - Eric LAMOULEN.pdf URL => Atelier E - Eric LAMOULEN.pdf - Atelier E - Philippe PASSEMARD.pdf URL => Atelier E - Philippe PASSEMARD.pdf - Atelier E - Vincent BURUCOA.pdf URL => Atelier E - Vincent BURUCOA.pdf

Informations complémentaires

Date du document : 15.10.2010
Entité(s) : Direction de la Maîtrise d'Ouvrage et des Politiques patrimoniales - DMOP
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