L'Union sociale pour l'habitat
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Le chauffage électrique a-t-il encore un avenir dans le neuf ?

Contexte

Les bâtiments basse consommation bousculent fortement les pratiques de la maîtrise d’ouvrage Hlm en matière de mode de production du chauffage. Equipés jusqu’à présent de solutions majoritairement individuelles, près des 2/3 des bâtiments BBC vont recourir à des solutions collectives à eau chaude. Alors que le poste chauffage était jusqu’à présent prépondérant, il laisse dorénavant sa place aux postes eau chaude sanitaire et aux usages des appareils électriques, en constante augmentation. Alors que les maîtres d’ouvrage pouvaient choisir les solutions énergétiques les plus adaptées au contexte technique, social, économique et financier de leur opération, la RT2012 va pousser les acteurs à recourir aux énergies renouvelables et à définir la solution d’appoint.

Toutefois, les très faibles besoins énergétiques pour le chauffage et le mode de consommation de la chaleur intermittent des bâtiments neufs ne justifient-ils pas de penser différemment les installations ? Comment dans un contexte de diminution des consommations énergétiques, éviter une substitution des coûts variables par des coûts fixes engendrés par les nouveaux équipements installés ? L’intérêt du choix de l’électricité pour le chauffage et l’ECS ne se pose-t-il pas dorénavant de manière différente en termes d’usages, de coût d’exploitation,… ?

Après une présentation du contexte et des enjeux énergétiques dans lesquels doivent s’inscrire ces nouveaux bâtiments, des représentants des filières, d’organismes Hlm seront invités à débattre sur la place du chauffage électrique dans la production neuve et ses conditions d’acceptabilité sociétales.

Compte-rendu succinct de l'atelier

Intervenants :

Nathalie TCHANG, Directrice adjointe, TRIBU ENERGIE

Thibault GARRIC, Directeur patrimoine, ESPACIL

Sylvie LE PEURIAN, Chef de projet R&D, EDF

Christophe BELLET, Responsable Ingénieurs d’affaires, GRDF

Eric BAUDRY, Directeur marketing, Groupe Muller

Ateliers animés par François-Olivier NOLORGUES, Journaliste

Les organismes font de la dépense énergétique l’une de leurs priorités, en intervenant notamment sur les équipements mais également sur le bouquet énergétique. 60 % du parc est aujourd'hui alimenté en gaz naturel, 20 % est raccordé sur des réseaux urbains, 15% est en chauffage électrique,…. Pour les bâtiments neufs, des changements à venir pourraient bouleverser la maîtrise d’ouvrage. Il convient donc de repenser et d’optimiser les solutions de chauffage et de production d’eau chaude.

Le chauffage électrique ne représente plus un poste aussi important qu’hier dans les charges. Si les puissances de chauffage sont devenues de plus en plus faibles, les besoins pour l’eau chaude sanitaire s’avèrent toutefois plus élevés, ce qui pose des problèmes de modulation. Il existe des solutions pour atteindre le niveau RT2012, en fonction du site et du besoin du maître d’ouvrage. Chaque solution présente des avantages et des inconvénients, en matière d’énergie primaire, de CO², d’investissement, de coût de l’énergie et de maintenance. Mais aucune énergie ne répond simultanément à tous les critères. La priorité va être de réduire les besoins en eau chaude sanitaire. Après 2015, en particulier, le niveau des exigences en la matière va s’accroître.

Le coût global, pour un organisme social, recouvre à la fois les coûts d’investissement d’une opération neuve et de maintenance, supportés par les bailleurs et les coûts d’exploitation, supportés par les locataires. Les travaux réalisés dans les bâtiments ne viennent pas diminuer les charges mais les consommations d’autant que si les consommations se réduisent, les contrats d’entretien, eux, se multiplient du fait de la croissance du nombre d’équipements. Ces équipements s’avèrent par ailleurs de plus en plus complexes d’utilisation, ce qui nécessite un accompagnement des locataires.

Le chauffage électrique conserve sa place dans les bâtiments. Les équipements, toutefois, se révèlent de plus en plus coûteux. Or il faut trouver des solutions pour conserver un loyer et des charges convenables. Pour cela, GRDF a introduit de la souplesse dans son offre, en proposant des offres mixtes, notamment pour répondre à la réduction des besoins de puissance. Des équipements sont aujourd'hui en phase de R&D car les chaudières actuelles offrent peu de plages de modulation. Un nouveau produit utilise aussi le vecteur aéraulique mais il peut poser un problème en termes de maintenance et de nettoyage des filtres.

L’étude de la combinaison des diverses solutions démontre que dans la quasi-totalité des régions, les pompes à chaleur associées à un bâtiment standard permettent de respecter les exigences de la RT2012. Pour autant, EDF travaille à améliorer les performances, réduire les coûts et intégrer les solutions du point de vue architectural. Il n’existe pas une solution générique, chaque bâtiment nécessitant une solution spécifique.

Pour le Groupe Muller, il faut produire des solutions de moins en moins consommatrices, dans des surfaces de plus en plus réduites. La consommation en énergie primaire doit en effet être réduite à 50kWhep/m² par an. La modulation permet toutefois de mettre en œuvre plus progressivement cette exigence. Dans le logement collectif, la question se complexifie. Il faut donc raisonner sur un système d’ensemble, utilisant des solutions mixtes, s’adaptant à chaque cas particulier.

Débat

Ces produits nouveaux sous-tendent toutefois la question du développement de la filière professionnelle. Les appareils de chauffage électrique sont rendus de plus en plus intelligents, pouvant gérer eux-mêmes l’occupation du logement. Leur commercialisation est accompagnée d’une campagne de formation mais leur utilisation demeure aisée.

Pour les locataires, les produits aujourd'hui installés ont enregistré des progrès en termes d’ergonomie. Des programmateurs journaliers sont par exemple mis en place pour faciliter leur utilisation pour les habitants. D’autres, toutefois, doivent être gérés par des professionnels et demeurent hors d’usage de l’habitant.

Aujourd'hui les équipements fabriqués pour la production d’eau chaude sanitaire notamment, s’avèrent certes plus performants mais ne sont pas forcément destinés à un usage quotidien, notamment dans les petits logements.





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Informations complémentaires

Date du document : 11.10.2011
Entité(s) : Direction de la Maîtrise d'Ouvrage et des Politiques patrimoniales - DMOP
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