L'Union sociale pour l'habitat
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Les bâtiments basse consommation : faut-il aller au-delà ?

Contexte

Dès le 1er janvier 2013, les nouveaux bâtiments devront être basse consommation ; l’étape ultérieure étant 2021 avec des bâtiments à énergie positive. Alors que la méthode de calcul RT2012 ne devrait être publiée que durant l’été 2011, les futurs labels HPE sont d’ores et déjà en cours d’élaboration préfigurant l’étape suivante (renforcement du niveau d’isolation, systématisation du recours aux EnR,…). Dans l’existant, un renforcement des exigences de performance énergétique des réhabilitations est également promu par certains acteurs. Mais la machine ne s’emballe-t-elle pas ? Sous quelles conditions techniques, économiques, financières, d’acceptabilité sociale et avec quelle vigilance peut-on renforcer les exigences de performance énergétique?

Autant de questions auxquelles il est proposé de répondre à partir d’une évaluation d’opérations neuves labellisées BBC et réhabilitées dans l’esprit du Grenelle, réceptionnées depuis plusieurs mois et du partage des premiers enseignements avec les habitants.

Compte-rendu succinct de l'atelier

Intervenants :

Bruno PERRERA, Kolibri

Jean-Philippe MERCIER, HTC

Marie-Christine GODET, HABITAT 35

Franck MAC FARLANE, Groupe SIA

Baptiste CAMUS, Delphis

Jean-Denis MEGE, Le Foyer Rémois

Ateliers animés par François-Olivier NOLORGUES, Journaliste

Le standard BBC se standardisera à partir de 2013. Les prochains labels RT2012 sont en cours d’élaboration. Dans ce cadre, certains acteurs poussent fortement pour l’accroissement des exigences de performance énergétique mais faut-il vraiment aller plus loin ?

L’évaluation de dix opérations neuves thermiquement performantes, livrées entre 2009 et 2010, montre que si, du point de vue architectural, tous les bâtiments sont compacts, ils présentent des volumes très différents. Les systèmes constructifs utilisés offrent toutefois une certaine uniformité. Les solutions les plus couramment utilisées sont en effet le béton banché et l’ITE. Sept opérations sur dix utilisent le gaz. Sept sont équipées en eau chaude solaire mais le gain est intégralement compensé par le coût de l’installation, de l’entretien et de la maintenance. La mise en service de ces équipements s’avère cependant longue, allant parfois jusqu’à six mois. Si la réduction des consommations a pu être constatée dans sept opérations, l’évaluation n’a toutefois pas pu être complète. Les opérations, trop récentes, présentaient en effet des surconsommations liées, notamment, au séchage des matériaux de construction. Les usages et le mauvais suivi des prescriptions ont également engendré des surconsommations, malgré un travail de sensibilisation réalisé par les bailleurs.

La construction BBC est aujourd’hui confrontée à trois enjeux :

- maîtriser plutôt que diminuer le coût des opérations ;

- maîtrise le montant de la quittance ;

- diminuer les émissions de CO² des opérations ;

- prendre en compte le confort d’été ;

- prendre en compte l’impact des matériaux sur la qualité de l’air.

L’audit de dix opérations de réhabilitation, financées par des éco-prêts, sur des bâtiments datant principalement des années 1950-1960, a montré, de la même manière, des situations très différentes. A l’audit technique étaient associés des entretiens avec les habitants, pour recueillir leur vécu sur le déroulement de ces opérations, souvent longues. Les résultats techniques de ces travaux ont été bien appréhendés par les habitants. Les retours sur l’information dispensée avant et pendant les travaux s’avèrent plutôt satisfaisants. S’agissant de l’information postérieure aux travaux, cependant, les résultats montrent une attente des locataires, attente très souvent insatisfaite. L’isolation représente en général le principal poste de dépenses mais les autres aspects doivent être également pris en compte, sous peine de laisser aux habitants une impression d’inachevé. La découverte d’amiante peut parfois conduire à revoir la conception des travaux, lorsque le désamiantage s’avère impossible. Trois à cinq ans d’exploitation sont nécessaires pour obtenir des résultats véritablement fiables mais des pistes se dégagent déjà sur les solutions à privilégier. Certains organismes ont noté par exemple que les menuiseries, lorsque les dormants existants avaient été conservés, pouvaient engendrer des pertes d’énergie. Pour être reproduites, ces opérations doivent être économiquement optimisées, en croisant choix techniques et choix financiers et le suivi des performances doit être uniformisé.

Le confort acoustique après réhabilitation a-t-il été audité ?

Les retours du maître d’ouvrage et des habitants se sont révélés plutôt mitigés en la matière. Quelques locataires ont notamment fait part d’une sensation d’inconfort mais ceci n’a pas été vérifié sur le terrain.

Le Grenelle de l’environnement et les décrets qui lui ont succédé ont incité les bailleurs à chercher comment combiner performance énergétique avec les potentialités urbaines et les contraintes architecturales, techniques, économiques et sociales, en lien avec les locataires. Chaque contexte fait désormais l’objet d’un projet spécifique, bâti par une équipe pluridisciplinaire associant notamment des architectes, thermiciens et économistes. Même si une certaine performance peut être atteinte par la réhabilitation, le confort thermique n’est pas toujours amélioré et les charges ne baissent pas forcément. Plutôt que rechercher la performance énergétique, il convient de trouver un équilibre entre performance et confort thermique car l’inconfort peut engendrer des surconsommations. Il faut, pour cela, procéder à une analyse des « espaces thermiques », en lien avec les habitants. Cette phase d’étude, très longue, effectuée en partenariat avec une multiplicité d’acteurs, permet de prévenir une partie des écueils qui émergent dans les opérations de réhabilitation. Les simulations s’avèrent importantes pour faire prendre conscience aux habitants de l’efficacité des travaux réalisés. Assurer une baisse de facturation constitue d’ailleurs un signe fort mais c’est un accompagnement des locataires qui permet véritablement de faire changer les comportements.

Les résultats du bilan carbone 2008 du groupe SIA démontrent que les bailleurs doivent fournir des efforts sur les bâtiments anciens mais également neufs. Des plans d’action ont été mis en place et différents matériaux de construction (bois, brique de terre cuite, béton cellulaire, maçonnerie béton) ont été testés pour déterminer leur impact en termes de bilan carbone. Cette démarche, plus globale, a permis de passer d’une réhabilitation thermique à une réhabilitation environnementale.

Le projet BUILDTOG opère une approche globale énergie-coûts-qualité environnementale au niveau européen. Il associe les entreprises de conception, des institutions et des bailleurs, tous confrontés aux mêmes enjeux. Il s’agit de mettre au point une solution architecturale commune. La phase de conception, dans un projet de ce type, s’avère primordiale. Durant cette phase sont pris en compte dix facteurs concourant à la performance énergétique (étanchéité à l’air, orientation, isolation thermique des murs et fenêtres, performance du système double flux, etc.), qui permettent de déterminer quelles sont les marges de manœuvre du point de vue architectural tout en préservant la performance la plus optimale possible. Au-delà de l’immeuble en lui-même, ces facteurs peuvent également permettre de définir l’aménagement d’un quartier entier. Le projet mis au point sera construit sur huit sites en France et peut être répliqué aisément.

Le « PASSIVHAUS » pose des exigences en termes de performance énergétique particulièrement drastiques. L’évaluation du projet La Clairière a montré de bonnes performances, proches des objectifs, en hiver comme en été. Des dépassements ont toutefois été notés dans un tiers des logements audités. Des dysfonctionnements au niveau de la ventilation, en particulier, ont entraîné des surconsommations mais la plupart des dérives sont principalement dues aux comportements.

A quel coût peut-on aller plus loin sur le BBC ?

Des tests ont démontré que l’on peut aller plus loin à un coût qui reste raisonnable. Le Groupe SIA va ainsi livrer prochainement un bâtiment BBC, bien conçu, dont le coût s’élève à 1 000 euros du mètre carré. Un projet du même type coûtait, voilà trois ans, 1 300 euros.






- 2_MERCIER HTC BBC 28 sep USH PI 10 OP - CONGRES HLM v2.pdf URL => 2_MERCIER HTC BBC 28 sep USH PI 10 OP - CONGRES HLM v2.pdf - 1_PERRERA KOLIBRI 28 09 Congrès Bordeaux- Etude USH-collectifs BBC neuf locatif V3.pdf URL => 1_PERRERA KOLIBRI 28 09 Congrès Bordeaux- Etude USH-collectifs BBC neuf locatif V3.pdf - 7_2011 09 26 - Power point LA CLAIRIERE - PASSIF.pdf URL => 7_2011 09 26 - Power point LA CLAIRIERE - PASSIF.pdf - ATTXKK43.pdf URL => ATTXKK43.pdf - 3_ppt REX BBC v2 USH.pdf URL => 3_ppt REX BBC v2 USH.pdf - 4_H35 congré _ V4.pdf URL => 4_H35 congré _ V4.pdf - 5_MAC FARLANE- SIA - évolution autour du BBC.pdf URL => 5_MAC FARLANE- SIA - évolution autour du BBC.pdf - 6_Baptiste Camus - Au-delà du BBC - 28.09.11.pdf URL => 6_Baptiste Camus - Au-delà du BBC - 28.09.11.pdf

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