L'Union sociale pour l'habitat
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Les énergies renouvelables : concevoir, mettre en oeuvre et exploiter

Le Grenelle de l’environnement prévoit de porter à au moins 23% la part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale à l’horizon de 2020, soit un doublement de la production d’énergie renouvelable en 12 ans, concourant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la croissance verte. Les sollicitations, déjà nombreuses dans le logement social pour diversifier le bouquet énergétique, vont donc s’amplifier et s’accélérer qu’il s’agisse de solaire thermique, de biomasse ou de géothermie valorisée par l’intermédiaire de pompes à chaleur.

Toutefois, bien que fortement mobilisée, l’offre industrielle présente toujours des niveaux de maturité, de structuration, de professionnalisation et de compétitivité disparates selon les filières. Aussi, afin de concilier maîtrise des charges locatives et enjeux environnementaux et économiques, des précautions devront être prises aux différentes étapes qu’il s’agisse de la sélection du matériel et de la conception, de la mise en œuvre et de l’exploitation des installations, voire de leur utilisation par les habitants.

Après un rappel des financements mobilisables pour ces installations (aide aux études et à l’investissement, mesures fiscales) le débat s’ouvrira par la présentation de retours sur expériences en logement social et le partage des enseignements tirés. Les points sensibles et changements à opérer dans les pratiques actuelles aux différentes étapes seront mis en évidence.

Résumé de l'atelier :

Ont participé à cet atelier :

- Marc GOMEZ, Responsable Développement durable et patrimoine, HTC

- Sandrine MOUGE, Directeur du Développement et du patrimoine, Habitat 25

- Christophe ROUSSEAU, Responsable du secteur des techniques spécialisées, CUS Habitat

Le Grenelle de l’environnement prévoit de porter à au moins 23% la part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale à l’horizon de 2020, soit un doublement de la production d’énergie renouvelable en 12 ans. L’atteinte de tels objectifs implique un changement d’échelle pour chacune des filières :

- multiplication de la production par 2 pour le bois-énergie,

- par 6 pour la géothermie,

- par 12 pour les réseaux de chaleur,...

Pour accompagner ce développement massif des EnR, Marc Gomez a précisé que le Grenelle de l’environnement a mis en place le Fonds Chaleur piloté par l’Ademe. Les aides, non cumulables avec les certificats d’économie d’énergie, octroyées aux installations les plus performantes d’un point de vue technico-économique sont délivrées en plusieurs étapes : au déclenchement de l’opération, lors de la phase de réalisation, puis lors de l’évaluation de la performance des installations. Chaque étape de conception, de mise en œuvre, d’exploitation et de suivi devient donc essentielle. Les études de faisabilité ne pourront plus être approximatives.

Après avoir traité en 2008 du photovoltaïque, l’atelier de cette année s’est porté sur le solaire thermique, la biomasse et les pompes à chaleur. Deux bailleurs sociaux, CUS HABITAT et HABITAT 25, nous ont fait partager les enseignements tirés d’expériences récentes.

Les 7000 m² de capteurs solaires installés sur prés de 5500 logements par CUS HABITAT, à partir de 2002, répondent aux objectifs fixés initialement par le bailleur. Pour Christophe ROUSSEAU, le projet a permis globalement de diminuer les émissions de CO2 de 900 tonnes et de diminuer les charges locatives du poste ECS de 30 %. La première opération, située dans la commune d’Ostwald, en périphérie de Strasbourg, a été amortie en six ans. Satisfait du retour sur expérience, une seconde tranche va être réalisée. Les clés de la réussite d’un tel projet sont notamment la Garantie de Résultats Solaire, la nécessité de vérifier l’étanchéité des toits avant l’installation des panneaux solaires et d’éviter absolument le surdimensionnement des installations. Ce dernier point est également primordial pour Sandrine MOUGE d’Habitat 25, dont 9 opérations sont d’ores et déjà équipées de panneaux solaires thermiques ; le surdimensionnement s’avère coûteux en équipement, dans la mesure où la surchauffe des capteurs peut les abîmer sans apporter davantage d’énergie aux logements.

En matière de biomasse, l’expérience d’Habitat 25 est très intéressante. Sur 108 chaufferies collectives possédées par le bailleur, 9 sont au bois. Elles alimentent environ 1 000 logements, soit près du tiers des logements chauffés collectivement. La plus ancienne fonctionne depuis 1997. Trois autres chaufferies bois sont en chantier, deux autres en projet.

Les résultats obtenus sont positifs en précisant que le coût d’entretien de telles chaufferies est plus élevé (même si ce surcoût est compensé par le coût très modéré de l’énergie) et en attirant l’attention sur la qualité du bois qui peut avoir des effets importants en terme de qualité des fumées.

HABITAT 25 a également installé en 2003 une pompe à chaleur géothermale réversible dans un groupe de 28 logements à Besançon. Cette opération est encore considérée comme expérimentale dans la mesure où elle a été particulièrement onéreuse, et a mobilisé beaucoup d’énergie, alors que les panneaux solaires sont progressivement entrés dans les mœurs. D’autres solutions innovantes ont été ou vont être mises en œuvre :

- Le recours à du solaire thermique en complément d’une chaufferie au gaz classique pour chauffer un foyer de 32 chambres mais qui n’a peut être reproduit sur deux autres programmes en raison de son surcoût,

- Un puits canadien, il y a moins de deux ans, dans 2 programmes équipés de VMC double flux,

- 125 m² de panneaux photovoltaïques dans une opération de 26 logements livrée à l’été 2010.

La question des financements a été bien évidemment abordée : ces expériences ont été aidées par les collectivités (à hauteur de 25% en environ), par l’Ademe et mobilisent également les fonds propres des organismes.

En conclusion, les intervenants ont rappelé que le recours aux EnR requiert que la maîtrise d’ouvrage fixe des objectifs précis à la maîtrise d’œuvre, s’appuie sur des études précises, et suive les installations pour évaluer les gains et les défauts, sans oublier la nécessité de communiquer de manière très précise avec les locataires sur ces nouveaux équipements. La systématisation doit être évitée : chaque projet doit donner lieu à une étude spécifique en termes d’énergie renouvelable pour évaluer la rentabilité des investissements mais également l’impact sur les charges locatives en tenant compte du coût d’entretien de ces nouveaux équipements.





- Atelier A1 - HTC.pdf URL => Atelier A1 - HTC.pdf - Atelier A2 - Habitat 25.pdf URL => Atelier A2 - Habitat 25.pdf - Atelier A3 - CUS Habitat.pdf URL => Atelier A3 - CUS Habitat.pdf

Informations complémentaires

Date du document : 29.09.2009
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