L'Union sociale pour l'habitat
Chargement en cours

Les solutions énergétiques innovantes au gaz naturel et à l'électricité dans le neuf et sur le parc existant

Dans un contexte de sur-isolation des bâtiments et de réduction significative des besoins en chauffage et en production d’eau chaude sanitaire, de nouvelles solutions énergétiques conciliant performance et efficacité énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre, confort et simplicité d’utilisation pour les habitants, compétitivité en termes de charges locatives et de coût d’investissement sont fortement attendues.

Ce débat donnera la parole aux professionnels pour présenter des solutions innovantes adaptées aux performances économiques, environnementales et énergétiques attendues, dans le cadre de deux séquences, la première dédiée à la construction neuve, la seconde consacrée au parc existant réhabilité thermiquement ou faisant l’objet d’une amélioration continue. Des témoignages d’organismes compléteront les interventions.

Ce débat sera également l’occasion d’exposer la plate forme POWER HOUSE France, pilotée par l'Union sociale pour l’habitat, de montrer en quoi elle permettra de mieux informer les organismes de logements sociaux et leurs partenaires sur les solutions innovantes concourant à une meilleure efficacité énergétique et de faciliter l’accès aux outils, méthodes et services développés par leurs homologues européens.

Résumé de l'atelier :

- Eric BRUNET, Journaliste

- Jean-Denis MEGE, Directeur du développement, Le Foyer Rémois

- Vincent LEFRANC, Responsable commercial EDF DCT Est

Jean-Denis MEGE explique que Le Foyer Rémois gère 17 000 logements.

Vincent LEFRANC indique que l’entreprise EDF accompagne Le Foyer Rémois depuis près de dix ans à travers sa Division Recherche et Développement. A l’issue du programme Cité jardin 2000-2007, EDF a poursuivi son partenariat sur un projet Passiv Haus.

Jean-Denis MEGE explique que le projet Passiv Haus est classé BBC EFFINERGIE. Le Passivhaus vise à offrir un besoin de chauffage inférieur à 15 kwh/mètre carré en énergie finale. Les principes de cet immeuble consistent à isoler le bâtiment par l’extérieur, l’étanchéité à l’air, etc.

Le projet Passivhaus consiste à définir le volume chauffé, identifier tous les ponts thermiques et toutes les sorties d’air potentielles, calculer les ponts thermiques de la manière la plus précise possible en vue de dépasser la RT 2005, dessiner tous les détails d’exécution avant le lancement du chantier, et suivre le chantier, éventuellement par le thermicien.

Le nouveau mode opératoire du Foyer Rémois consiste à déterminer le volume chauffé, suivre le contour au crayon, déterminer tous les risques en thermique et étanchéité, calculer les vraies performances et ponts thermiques, dessiner les plans d’exécution avant le chantier, ainsi que suivre son chantier de manière plus précise, tant que possible avec un thermicien une fois par semaine.

Un participant souhaiterait savoir si la présence de locataires dans le bâtiment passif suppose une certaine discipline dans l’ouverture des portes. En effet, les locataires qui ouvrent leurs fenêtres perdent tout le bénéfice de la technicité de leur logement.

Jean-Denis MEGE indique qu’il pilote le réseau EURONET qui a évalué la situation d’une quarantaine d’immeubles passifs en Europe. Il suggère de mettre en place un système qui interrompt le chauffage du logement lorsque les fenêtres sont ouvertes.

La seconde partie de l’atelier était animée par les personnalités suivantes :

- Eric BRUNET, Journaliste

- Rodolphe MATTMANN, Directeur Maîtrise d’ouvrage , DOMANYS

- Rémy COMBERNOUX, Directeur développement territorial Bourgogne, EDF DCECL Est

- Stéphane HEMON, Ingénieur, EDF, Recherche et Développement

Rodolphe MATTMANN propose de présenter une opération de réhabilitation de 10 pavillons. Domanys, ex-OPAC de l’Yonne, intervient sur 8 500 logements en gestion avec 300 collaborateurs. Le groupe DOMANYS a conclu une convention visant à offrir le niveau THPE à ses logements. Le plan stratégique d’entreprise 2009-2012 comprend un axe de développement durable consistant à développer l’activité d’aménageur et à optimiser le couple loyer/charge.

Le projet visait à offrir aux locataires un confort thermique en période chaude et froide, et favoriser les économies d’énergie. La rénovation thermique du pavillon est intervenue en complément d’une rénovation plus globale. La rénovation thermique du bâtiment a consisté à isoler les combles, mettre en place une ventilation hygroA, ainsi qu’une menuiserie performante 4/16/4 argon. Le système de production de la chaleur a été entièrement rénové.

Rémy COMBERNOUX explique que cette opération performante a été lancée avant le Grenelle de l’environnement. Il s’agissait d’une des premières opérations où EDF subventionnait les locataires à hauteur de 500 euros par logement.

Stéphane HEMON indique que cette opération a permis de diminuer la facture moyenne annuelle d’électricité des 10 pavillons de Rogny-les-7 Ecluses de 1 080 euros TTC (pour une facture de chauffage de 655 euros TTC) à 801 euros TTC, pour une facture de chauffage proche de 241 euros TTC/an. La nouvelle PAC RIBO diminue la facture chauffage à 204 euros TTC.

Pour la mise en œuvre de ce projet, EDF Recherche et Développement a offert une aide à la maîtrise d’ouvrage à DOMANYS. L’électricien a mis en place des études, participé à la mise en œuvre de la chaîne d’acquisition, puis relevé à l’issue du projet des mesures en vue de valider les résultats.

Stéphane HEMON souligne que le Grenelle de l’environnement a fixé de nouveaux objectifs aux organismes et au service de Recherche et Développement d’EDF.

Un participant souhaiterait connaître le coût d’investissement et d’entretien de la PAC RIBO.

Jérôme GUERET, EDT, explique que la PAC des 10 pavillons a coûté près de 7 500 euros. Le contrat d’entretien coûte près de 100 euros par installation et par an. EDF suggère de confier la maintenance du matériel à des professionnels de la pompe à chaleur pour garantir la longévité du produit.

Un participant souhaiterait connaître le sentiment des locataires vis-à-vis de ce projet.

Rodolphe MATTMANN répond que les locataires, principalement des personnes âgées, sont très satisfaites de l’installation.

Un participant demande si la pompe à chaleur est bruyante, et si cette solution pourrait être étendue à un logement collectif.

Stéphane HEMON indique que le traitement d’air des pompes à chaleur s’effectue à des vitesses réduites car ce système a permis de diminuer la consommation. Les locataires jugent la solution actuelle beaucoup plus satisfaisante que par le passé. Aucun ménage ne s’est plaint de nuisances sonores.

En réponse à la seconde question, l’installation de pompes à chaleur dans des logements collectifs soulève un certain nombre de contraintes. D'une manière générale, les logements collectifs peuvent être chauffés avec une pompe à chaleur, mais cette solution ne pourra pas être retenue dans tous les ensembles.

En réponse à une question, Stéphane HEMON explique que les données fournies au cours de la présentation portaient sur l’énergie finale et les surfaces habitables.

La troisième partie de l’atelier était animée par les personnalités suivantes :

- Eric BRUNET, Journaliste

- Brice FEBVRE, chef de projet, GrDF/CRIGEN

- Valéry GUENET, responsable qualité maîtrise d’ouvrage, France Habitation

- Jean-Pierre HUE, La Sablière

Brice FEBVRE, de GrDF, propose de présenter les solutions de gaz naturel innovantes et performantes, qui ont été développées autour de trois axes majeurs : l’efficacité énergétique, la compétitivité économique, ainsi que l’innovation et la modernité.

La première solution est la chaudière à condensation, souvent couplée avec les énergies renouvelables. La seconde solution est la pompe à chaleur à absorption gaz pour les logements collectifs. La troisième solution est l’écogénérateur, qui produit simultanément de la chaleur et de l’électricité. La quatrième solution provient du chauffage par vecteur Air, dans une logique de réduction des coûts d’investissement.

L’écogénérateur est une solution qui intègre un moteur Stirling qui produit de la chaleur et de l’électricité. Ce système couvre de 50 à 80 % des besoins électriques du logement. Le remplacement d’une chaudière classique par un écogénérateur peut fournir jusqu’à 30 % d’économies. Le raccordement de l’écogénérateur est identique à celui d’une chaudière. Cette solution sera commercialisée à partir du début de l’année 2011, mais plusieurs opérations ont été mises en œuvre à titre de test.

Valéry GUENET explique que France Habitation crée près de 700 logements par an, et en rénove près du double chaque année. Il propose de présenter une opération qui a consisté en l’installation de 4 écogénérateurs dans un logement collectif d’Epinay-sur-Seine. Le développement de ce projet avec GrDF permet de développer un produit innovant en France.

Eric BRUNET, journaliste, demande à France Habitation si le recours à l’écogénérateur est jugé positif.

Valéry GUENET confirme que les locataires semblent plutôt satisfaits de ce dispositif.

Un participant souhaiterait savoir si ce système a entraîné le rachat d’électricité.

Brice FEBVRE répond que le locataire bénéficie effectivement du remboursement de l’électricité réinjectée auprès d’EDF. Il conclut que l’opération d’Epinay était inédite auprès d’un bailleur social. En outre, l’opération présente un bilan énergétique très prometteur avec une version prototype. L’économie globale de la facture énergétique varie de 70 à 100 euros par rapport à un locataire non doté d’un écogénérateur.

Un participant souhaiterait connaître le montant de l’investissement d’un écogénérateur, et savoir si le locataire a le choix de son prestataire pour l’électricité.

Brice FEBVRE confirme que le locataire a entièrement le choix de son électricité. Le prix de l’écogénérateur sera connu au 1er janvier 2011 lorsque les premiers modèles seront commercialisés. Le matériel sera plus coûteux qu’une chaudière individuelle, mais il apportera une solution technique supplémentaire pour faire du BBC.

Un participant souligne que le BBC vise à réduire au maximum la consommation de chauffage, ce qui soulève des doutes concernant la performance des systèmes d’écogénérateur.

Brice FEBVRE confirme que ce système est plus intéressant dans le cadre de programmes de rénovation. L’économie maximale par locataire sera proche de 70 à 80 euros par an, mais cette solution permettra de produire de l’électricité et de répondre aux besoins de chauffage.

Jean-Pierre HUE indique que La Sablière gère 32 000 logements dans la région Ile-de-France, et construit près de 600 logements neufs par an.

Brice FEBVRE explique que les programmes de rénovation avec le gaz naturel de GrDF visent à garantir la sécurité et la compétitivité économique, tout en respectant les contraintes organisationnelles. La chaudière à condensation est de plus en plus compacte. En outre, ce dispositif peut être couplé avec des générateurs innovants. Une autre solution énergétique consiste à rénover le parc de chaudières individuelles. Enfin, GrDF développe un panel de solutions de rénovation pour 2010. La rénovation de solutions individuelles au gaz se positionne correctement.

Enfin, le 3CEp est une nouvelle solution pour les chaudières individuelles à condensation. Cette solution développée fin 2007 offre des performances énergétiques élevées, une qualité de service et une sécurité élevée, une compacité et des dévoiements possibles, un esthétisme des façades des bâtiments et une maintenance simple (contrôle annuel).

Le 3 CEp permet l’accès au gisement d’économie en rénovation liée à la chaudière condensation. Près de 3 000 chaudières 3CEp étaient installées début 2008. Le prix est estimé à près de 600 euros HT par étage.

Jean-Pierre HUE explique que son organisme a eu recours à la solution CEp lors d’une opération de rénovation à Eaubonne, pour 91 logements répartis entre 6 bâtiments. Les points forts des colonnes 3CEp sont la sécurité, les performances énergétiques, les dimensions réduites, la limitation des travaux à deux mois et demi, ainsi que les coûts d’investissement (3 000 euros par logement) et d’exploitation modérés. Le système a offert aux logements équipés une économie de 36 % en un an.

Un participant souhaiterait connaître le coût d’investissement de ce matériel pour le locataire.

Jean-Pierre HUE répond que le locataire bénéficie de l’économie d’énergie, sans participer à l’investissement. Le bailleur a privilégié cette solution pour améliorer la sécurité et réduire les charges du locataire.

La quatrième partie de l’atelier était animée par les personnalités suivantes :

- Eric BRUNET, Journaliste

- Alain LUSARDI, Chef de projet, Fédération des coopératives italiennes, Power House Italie

Alain LUSARDI rappelle que la Commission européenne finance des projets européens novateurs dans le secteur du logement social. Le projet Power House a consisté à cibler 21 programmes européens sur l’efficacité énergétique du logement social. Le bilan de ces projets est en cours d’élaboration.

Certains projets portaient sur la formation des acteurs du terrain, d’autres sur les campagnes de sensibilisation des habitants, l’élaboration d’un manuel d’utilisation d’un bâtiment HQE, le développement de Passivhaus ou de projets BBC sous le climat méditerranéen, etc. Le projet Power House se conclura en 2011. Le bilan mettra en valeur le coût global énergétique de chaque opération. Le projet est consultable dans la partie relative aux projets européens du site internet de l’Union Sociale pour l'Habitat.

Carinne Puyol , de l’USH,représentante de Power House France indique qu’elle souhaiterait que le site internet Power House France soit consultable au mois de novembre 2009. Elle ajoute que le projet vise à aider les organismes HLM à se mettre en réseau avec d’autres acteurs européens, afin de favoriser la coopération entre organismes et les échanges en termes d’efficacité énergétique.

Un participant souhaiterait savoir comment les projets sont sélectionnés par Power House.

Carinne Puyol de Power House France invite les organismes à lui adresser les projets afin qu’elle soit en mesure de les insérer dans la bonne thématique européenne.

5.gif





- Atelier B1 - Le Foyer Remois.pdf URL => Atelier B1 - Le Foyer Remois.pdf - Atelier B2 - Domanys.pdf URL => Atelier B2 - Domanys.pdf - Atelier B3.1 Solutions Gaz Naturel GRDF.pdf URL => Atelier B3.1 Solutions Gaz Naturel GRDF.pdf - Atelier B3.2 Solutions Gaz Naturel GRDF.pdf URL => Atelier B3.2 Solutions Gaz Naturel GRDF.pdf - Atelier B4 - Power House.pdf URL => Atelier B4 - Power House.pdf

Informations complémentaires

Date du document : 29.09.2009
Entité(s) : Direction de la Maîtrise d'Ouvrage et des Politiques patrimoniales - DMOP
Sylvie Bourdin
La transition énergétique est prônée depuis de nombreuses années. Sa réussite repose cependant sur une baisse considérable de la consommation d’énergie selon l’Ademe. Retour sur les positions de cette agence.
Brèves et Articles
publié le
Sylvie Bourdin
La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) – Territoire d’énergie et l’Ademe, éditent un guide intitulé « Etude territoriale de connaissance des potentiels de récupération de chaleur sur son territoire ».
Brèves et Articles
publié le
Frédéric Paul
Le chèque énergie, nouveau dispositif d’aide au paiement des factures d’énergie pour les ménages ayant des revenus modestes, se généralise en 2018.
Circulaires USH
publié le
Frédéric Paul
Résultat d'un travail d'identification et d'analyse de solutions techniques existantes, ce cahier vise à proposer aux opérateurs qui souhaitent s’engager dans des opérations d’autoconsommation, des outils d’aide à la décision et d’aide à la mise en oeuvre.
Circulaires USH
publié le