L'Union sociale pour l'habitat
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L'univers du numérique, réseaux, contenus, usages

Contexte


Les gestionnaires du parc ont conscience de leur responsabilité à ne pas faire obstacle et même à faciliter l'évolution de notre société vers l'économie " quaternaire " basée sur la mise en relation, sur l'accès aux richesses culturelles, à l'information du monde entier et aux services les plus divers.

La loi LME a inscrit pour cela un droit d'accès à internet à très haut débit qui va permettre le déploiement de la fibre optique dans les immeubles par des opérateurs de service.

Les bailleurs sociaux s'interrogent dès lors sur l'anticipation de cette évolution et sur l’usage qui pourrait en être fait. Doivent-ils tenir compte du projet public du très haut débit en articulation avec le choix stratégique retenu par la collectivité par exemple pour l'évolution du réseau câblé lorsqu'il est présent, se traduisant par une évolution de l'offre de service du câble et une gestion de la concurrence entre les différents opérateurs numériques ?

Les décisions récentes de l’ARCEP semblent privilégier un usage par les seuls opérateurs de services ouverts au public et manière alternative alors que les gestionnaires s'interrogent sur la valorisation de ces différentes infrastructures, d'une part pour l'amélioration du service aux habitants et la création du lien social, d'autre part pour une meilleure gestion du patrimoine en s’appuyant sur les expériences antérieures en matière d’intelligence du bâtiment.

Si l'ambition est bien de répondre complètement à la problématique et d'offrir aux habitants l'accès à tout sans chercher à les fédérer dans un consensus de services comme la loi le rend possible, notamment en matière de télévision, comment s'y prendre ?

La séquence vise à mettre en lumière ce qui se joue selon les situations et ce qui est négociable ou pas.

Compte-rendu succinct de l'atelier

Intervenants :
NATHALIE PILAT, HTC
BENJAMIN ULRICH, Intent Technologies
JEAN-FRANCOIS DEVILLERS, Partenord Habitat

76 % des Français disposent aujourd’hui d’internet à domicile. Le temps d’usage de l’internet à domicile dépasse désormais le temps d’usage pour le travail et les études. L’arrivée de la fibre optique pose de nouvelles questions aux bailleurs sociaux. Or il n’existe pas à ce jour de solution formatée d’avance. Tout dépend en effet du contexte.

La commission européenne finance des programmes de R&D (PCRD). Dans le numérique, le programme TIC touche à la fois le bas carbone et les questions de santé et de vieillissement. Au fil des ans, ce programme a opéré un maillage de plus en plus fin des sujets, pour aller vers davantage d’intégration et d’interopérabilité des systèmes numériques. Des compteurs intelligents ont été développés qui doivent désormais permettre de juger de la performance énergétique. S’agissant du réseau de demain, se pose toutefois la question de la place du bailleur social, en tant que prestataire de service.

Le bailleur est inondé d’informations, de technologies et de « promesses ». Dans ce contexte, Partenord Habitat a choisi de réaliser des tests et de recueillir les souhaits des structures de terrain en termes de service à apporter aux locataires. Les systèmes numériques peuvent apporter un plus et recréer du lien social mais ils ne doivent pas, pour autant, éliminer le lien physique indispensable du métier de bailleur social. Le tout technologique ne suffit pas. Il faut aussi former et impliquer l’utilisateur final. Pour recréer ce lien social, Paris Habitat, par exemple, a mis en place un réseau social pour les locataires, qui peuvent interagir, déposer des petites annonces ou organiser des événements. L’organisme a également développé le triple-play social, mis à disposition de tous les locataires.

Le développement du numérique exige désormais de connecter des environnements très hétérogènes : terminaux utilisateurs, systèmes d’information, équipements techniques, etc. L’Europe encourage l’utilisation des infrastructures pour répondre à des enjeux sociaux. Il en est ainsi, notamment, de la problématique du vieillissement et du maintien à domicile. A terme, le bailleur pourrait, dans ce cadre, jouer un rôle d’opérateur de service. Les bailleurs ont lourdement investi pour s’adapter au changement des comportements des locataires. Ils doivent aujourd’hui réfléchir aux nouveaux services à apporter à ceux-ci, tout en trouvant un modèle économique pérenne en la matière.

Il s’agit toutefois d’un chantier colossal, qui peut recouvrir les domaines les plus divers et peut engendrer des coûts très élevés. Les économies d’énergie et la maîtrise des charge représentent la priorité, l’élément d’entrée des bailleurs dans le numérique. Avec le BBC, un bâtiment peut être passif mais il faut savoir l’utiliser. Pour cela, il faut disposer des informations adéquates pour adopter les bons comportements. Or les outils numériques peuvent justement apporter une aide au gestionnaire et au client. Le bailleur s’inscrit, dans ce cadre, dans de la coproduction avec ses locataires. Pour que la démarche s’avère efficace, en effet, le locataire ne doit pas être en situation de récepteur passif de l’information. Il faut lui donner envie d’aller chercher cette information et de s’en servir pour modifier son comportement.

L’Europe va adopter une nouvelle directive sur l’efficacité énergétique qui devrait interdire la duplication des compteurs intelligents et de la fibre optique, afin d’éviter la constitution de tout réseau propriétaire. Les bailleurs estiment que la fibre optique ne doit pas être privilégiée à tout prix. D’autres technologies peuvent être utilisées. L’équipement doit avant tout être pratique et utile et apporter un plus tant aux locataires qu’aux équipes du bailleur.

Derrière les débats techniques se pose également un débat social : comment intéresser un locataire à ces questions et comment utiliser les infrastructures pour qu’elles deviennent un objet de lien social ?

Il existe différentes façons de faire, en utilisant les nouvelles technologies pour répondre aux besoins des locataires tout en diminuant la charge des personnels des organismes. Il est possible, par exemple, de créer un réseau social des locataires, dans une logique de service public, où chaque locataire peut échanger avec ses voisins. Un tel dispositif s’avère tout à fait réalisable et ne coûte que peu d’argent.

Il ne faut pas effectivement substituer la technologie à l’échange humain et aux services que peuvent se rendre les locataires entre eux





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Informations complémentaires

Date du document : 13.10.2011
Entité(s) : Direction de la Maîtrise d'Ouvrage et des Politiques patrimoniales - DMOP

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