Date de publication :
26 octobre 2021
L’urgence n’est pas à la limitation de l’offre de logements sociaux, mais à son développement
Dans une récente instruction donnée aux préfets, qui pourrait être durcie dans la Loi « Différenciation, décentralisation déconcentration et simplification », le Gouvernement cherche à limiter la construction de logements très sociaux par commune.
L’Union sociale pour l’habitat fait part de sa totale opposition à cette proposition, aujourd’hui instrumentalisée par les extrêmes pour dénigrer et stigmatiser les ménages aux revenus modestes et les locataires Hlm.
L’USH rappelle que le logement social permet de loger des familles, qui, sans l’action des organismes Hlm, des mairies et des intercommunalités, se trouveraient en situation de mal-logement. Plus de deux millions de familles - dont plus de 730.000 pour la seule Ile-de-France – sont, en 2021, en attente d’un logement social et 75% des demandeurs de logements sociaux ont des ressources qui les placent en dessous du plafond PLAI, c’est-à-dire à des niveaux de revenus très faibles.
C’est précisément pour faire face à la demande sociale que le Gouvernement et l’USH se sont fixés pour ambition commune de réaliser 250.000 agréments pour 2021 et 2022. Cette ambition a été réaffirmée par le Premier ministre Jean Castex à l’occasion du 81ème Congrès Hlm, le 28 septembre dernier. Pour y parvenir, il est indispensable de maintenir des constructions dans les communes ayant déjà des logements sociaux, ce qui n’est pas antinomique avec la notion de mixité sociale. Il est également indispensable de faire preuve de la plus grande fermeté sur la mise en œuvre et la prolongation de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, et en particulier pour la réalisation de logements très sociaux.
Dans les quartiers fragiles, les organismes Hlm sont des acteurs de terrain aux côtés des collectivités locales. Ils investissent pour rénover, pour « refabriquer » la ville, et sont présents aux côtés de la puissance publique pour aider au redressement des copropriétés dégradées.
Inscrire dans la loi un pourcentage de logements sociaux maximum laisserait entendre que le logement social et ses locataires constitueraient un problème social en soi... Et empêcherait les élus de continuer à faire évoluer l'offre de logement pour leurs habitants : pas de nouveaux logements pour les familles modestes, pas de résidences autonomie pour les plus âgés qui ne peuvent pas s'offrir une résidence privée à plus de 2.000 euros, pas de foyers de jeunes travailleurs, pas d'habitat inclusif, pas de pensions de famille...
Pour Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, « il serait temps pour l’ensemble des responsables politiques, nationaux et locaux, plutôt que de céder à la démagogie pré-électorale, de reconnaître que les Hlm ne sont pas, par principe, un problème ou un bouc émissaire. D’ailleurs, savent-ils que contrairement à leurs préjugés nauséabonds, près de 6 Français sur 10 ont une bonne image des logements Hlm* ?
J’appelle le Gouvernement et les Parlementaires à la cohérence. Il convient non pas de sanctionner les municipalités qui s’engagent à répondre à la demande sociale des deux millions de ménages aujourd’hui en attente d’un logement social, mais de sanctionner plus durement les maires – y compris les maires d’arrondissement – qui ne cessent de chercher des excuses pour ne pas respecter la loi SRU. Dans une période de crise comme celle que nous traversons, celles et ceux qui pensent pouvoir s’exonérer de leur devoir de solidarité sont les pires ennemis du pacte républicain. »
*BVA, juillet 2021
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