L'Union sociale pour l'habitat
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Plan pauvreté : l’Union sociale pour l’habitat appelle à la cohérence entre les actions annoncées et la défense du logement social

L'Union sociale pour l'habitat a pris acte des mesures du plan pauvreté annoncées aujourd'hui, jeudi 13 septembre, par le Président de la République. Plusieurs d'entre elles vont dans le bon sens.

Mais l’USH rappelle que dans un contexte où plus de 2 millions de demandeurs de logements sociaux ont été enregistrés en 2018 et où un nouvel entrant sur deux dans le parc social vit en dessous du seuil de pauvreté, le Gouvernement a, dans la loi de finances 2018, largement amputé les moyens des organismes de logements sociaux, en les ponctionnant en 2018 de plus de 800 millions d'euros et en portant le taux de TVA de 5,5 à 10%, et qu’il s'apprête à renouveler en 2019 ces mesures.

Parallèlement, après une baisse massive des APL en 2018, le Gouvernement a annoncé pour 2019 une revalorisation des APL de 0,3%, soit à un niveau largement inférieur à l’inflation annoncée. Leur nouvelle méthode de calcul (« contemporanéisation ») ne viendra pas corriger ces baisses.

Par ailleurs, l'USH constate que l'État a aujourd'hui quasiment totalement disparu du financement des « aides à la pierre » qui concourent pourtant au financement des logements sociaux au moment de leur construction, et sont un des éléments nécessaires à la production de logements à bas et à très bas loyers.

Ces mesures ne sont pas sans impact. Alors qu’en 2017 la programmation de logements sociaux a connu une baisse de 9%, elle devrait à nouveau connaître une baisse de l’ordre de 5% en 2018.

Pour Jean-Louis Dumont, président de l'USH, à la veille du Congrès Hlm de Marseille, « Nous sommes en plein paradoxe, voire en pleine contradiction. Ce plan est nécessaire, urgent mais, dans le même temps, l'État non seulement se désengage du financement des aides à la pierre, mais il ponctionne très sévèrement les ressources des organismes Hlm en diminuant les APL. C'est pour le moins incohérent, et les grands perdants de cette incohérence, pensée et pilotée par Bercy, ce sont les centaines de milliers de familles modestes et pauvres qui, au final, attendront un logement social encore plus longtemps. »