Date de publication :
03 avril 2025
Débat « Grand format » | Nouveaux contrats de ville : quels partenariats entre organismes Hlm, Etat et collectivités ? (31/03/25)
Ce débat « Grand format » du Réseau des acteurs de l’habitat visait à explorer les principaux défis des nouveaux contrats de ville (cohésion sociale, cadre de vie, renouvellement urbain, transition environnementale, emploi, insertion, etc.), et la manière dont les partenariats se structurent avec les acteurs du territoire, notamment à travers l’abattement de la taxe foncière pour les propriétés bâties (TFPB) dont bénéficient les bailleurs sociaux.
Animé par la journaliste Nora HAMADI, le débat « Grand format » du Réseau des acteurs de l’habitat sur le thème « Nouveaux contrats de ville : quels partenariats entre organismes Hlm, Etat et collectivités ? » a réuni le 31 mars 2025 près de 400 participantes et participants autour de cinq intervenant(e)s :
• Romain BIESSY, secrétaire général de la Confédération Syndicale des Familles
• Corinne DE LA METTRIE, directrice générale déléguée à la politique de la ville, Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT)
• Stéphanie ERALES, directrice générale adjointe, Patrimoine SA
• Marianne LOUIS, directrice générale, L’Union sociale pour l’habitat
• Pierre-Alain MILLET, adjoint au maire de Vénissieux en charge du logement, du développement durable et du grand projet de ville, conseiller de la Métropole de Lyon
Plus souples, recentrés sur les besoins des territoires, les nouveaux contrats de ville signés en 2024 marquent un tournant : les thématiques ne sont plus imposées, mais construites localement en fonction des réalités locales et en associant les habitants. Cette liberté nouvelle a permis de voir émerger des sujets auparavant invisibilisés tels que le vieillissement, en plus des thématiques habituelles de la politique de la ville : éducation, emploi, services publics de proximité, etc.
Revenant sur la préparation et la mise en oeuvre de ces contrats, les intervenant(e)s ont souligné l’importance de sortir d’une logique de « catalogue d’actions » pour garantir la cohérence et l’efficacité des projets. Le contrat de ville doit avant tout améliorer le quotidien des habitants, en s’appuyant sur des dynamiques locales et en évitant des logiques de cloisonnement et de dispersion. Mais le débat a aussi rappelé une limite : sans un appui réel des politiques de droit commun, la politique de la ville ne peut répondre seule aux inégalités et fractures sociales, économiques et territoriales. Son objectif est avant tout « qu’il n’y ait pas de perte de chance » pour les habitants des QPV.
Un consensus est également ressorti sur la nécessite d’aller vers un « ANRU 3 » mettant les habitantes et les habitants des QPV au cœur de ses objectifs (qualité de gestion, d’usage).
Face au sentiment d’abandon de certains locataires, le rôle de gestionnaire de proximité des organismes Hlm a été rappelé, que ce soit sur les questions de tranquillité résidentielle ou de gestion technique (stationnements, déchets ménagers, maintenance des résidences, etc.). Leur capacité à faire remonter les réalités de terrain en fait de véritables « baromètres des politiques publiques ».
L’instruction de la ministre déléguée chargée de la Ville relative à l’élaboration et au suivi des conventions d’utilisation de l’abattement de la TFPB a en outre été discutée et a fait l’objet de nombreux débats. Les échanges ont mis en lumière les investissements des organismes Hlm dans les quartiers prioritaires, largement supérieurs aux montants des abattements, dans un contexte financier pourtant contraint. Il a également souligné les marges de progrès restantes pour améliorer la qualité résidentielle des habitants et la nécessité pour cela d’agir collectivement et chacun dans son rôle, Etat, bailleur et collectivité.
Une synthèse de cette émission sera disponible prochainement.
Site du Réseau des acteurs de l’habitat : www.acteursdelhabitat.com