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Communiqué de presse

Thème de la publication
Politique du logement & Mouvement Hlm
Date de publication :

30 janvier 2024

Discours de politique générale du Premier ministre : des réponses insignifiantes face à l’ampleur de la crise du logement social

A l’occasion de son discours de politique générale, le Premier ministre a bien voulu parler de la crise du logement. C’est une première prise de conscience de l’urgence que vivent des millions de Français.

 

Pour autant, les premières esquisses de réponse ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux. Le choix de 20 territoires pilotes pour répondre à des années de production en berne ne fera pas une politique nationale ambitieuse. Les 30 000 logements attendus en 3 ans ne représentent même pas le déficit d’agréments de logements sociaux de l’année 2023. En effet, depuis 2018, le nombre d’agréments de logements sociaux n’a cessé de baisser, tombant à 82 000 en 2023 pour un objectif de 110 000, le plus mauvais résultat depuis 2005.

 

Au lieu de revenir sur les réformes du premier quinquennat du Président Macron, qui ont mis à mal durablement le logement social, le Premier ministre fait le choix d’une annonce totalement décalée par rapport aux besoins. Rien n’est avancé pour accélérer la production de logements sociaux et répondre aux 2,6 millions de demandeurs. Le soutien au logement intermédiaire (LLI),  dont les loyers sont bien trop élevés pour une grande majorité des classes moyennes ne peut y répondre. Aujourd’hui, seuls 3 % des ménages en attente de logement social y sont éligibles compte tenu de leurs ressources.

 

Plus grave encore, le Premier ministre envisage une nouvelle attaque contre l’article 55 de la loi SRU, en amoindrissant ses exigences. Cette proposition, qui ne règlera en rien le retard pris pour la construction du logement social, va renforcer les ségrégations territoriales en fragilisant le respect de la loi SRU.

 

Pour Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat : « les 2,6 millions de personnes aux revenus modestes en attente d’un logement social seront encore la variable d’ajustement d’une politique de désengagement de la puissance publique dans notre secteur. Je note que le Premier ministre a oublié de rappeler que l’Etat ponctionnait 1,3 milliard chaque année dans les comptes des bailleurs sociaux. Et pour faire face à la spéculation effrénée sur le foncier, le Premier ministre propose, non pas de réguler ce marché devenu incontrôlable, mais de nous aider par des prêts toujours plus longs à payer toujours plus cher. »

 

Elle ajoute : « nous avons besoin d’un ministre du Logement de plein exercice, doté de pouvoirs immédiats et forts pour rendre le foncier accessible, recréer des aides pérennes au logement social et construire en urgence, avec les acteurs du logement, un plan de mobilisation générale. Il est temps que l’Etat redevienne un arbitre, un pilote et un régulateur d’un secteur en crise. C’est l’équilibre de vie de tous les Français qui est en jeu. »