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Thème de la publication
OPH
Numéro

Actualités Habitat n°1208

Paru dans

AVRIL 2024

Actualités Habitat n°1208

Date de publication :

22 avril 2024

Auteur(s) :

VALÉRIE LIQUET

Fédération des OPH : Sociétés de coordination, tous les chemins mènent à la SAC

La Fédération des OPH a organisé le 19 mars, à Paris, la 3e journée nationale dédiée aux sociétés de coordination. Occasion de mesurer leur valeur ajoutée, six ans après leur création par la loi Élan. Et de démontrer par l’exemple la multiplicité des voies qui y mènent.

Il arrive que les colloques professionnels fassent un détour par la littérature. Ce 19 mars à Paris, c’est Lewis Carroll qui a guidé la 3e journée nationale des sociétés de coordination organisée par la Fédération nationale des OPH. Et plus particulièrement cette réponse du Chat à Alice quand elle demande son chemin : “Cela dépend beaucoup de l’endroit où vous voulez aller”.


La métaphore introduite le matin par l’animatrice Louise Briet, consultante, directrice générale de Cellance, sera filée tout au long de cette journée pilotée par Jean-Christophe Margelidon, directeur général adjoint de la Fédération, et Patrick Kolli, directeur de l’innovation. “Qu’importent les chemins que prennent les sociétés de coordination, ils sont très divers, ce sont les résultats qui comptent”, résumera le directeur général, Laurent Goyard, en clôturant l’événement. Et les résultats sont flagrants : les sociétés de coordination - que l’on continue à appeler “SAC” selon l’acronyme du projet de loi Élan qui n’a pourtant pas survécu à la promulgation - ça marche. L’efficience est bel et bien au rendez-vous, a voulu montrer la Fédération avec cette manifestation. “Les sociétés de coordination sont des outils de création de valeur au profit de leurs membres”, constate-t-elle, grâce à la mise en commun et la mobilisation de moyens, ainsi qu’à la mutualisation d’activités. Une démarche qui permet d’être “plus efficaces, plus efficients économiquement et socialement au service des territoires et des habitants”.

 

Impulsion politique

Selon les contextes locaux, les défis identifiés par leurs membres, l’antériorité des partenariats et l’impulsion politique des élus, le chemin menant à la SAC peut prendre plusieurs voies. Ce peut être l’élaboration d’un système d’information commun pour mutualiser la dépense d’investissement et le service aux collaborateurs (Au Fil des 2 Fleuves(1), Habitat Lorrain(2)). Cela peut aussi être la co-construction d’un plan stratégique du patrimoine à l’échelle de la SAC pour engager la décarbonation des parcs, partir groupés sur les opérations complexes en centre-ville, être accompagné dans les démarches de rachat de patrimoine (Plurihabitat(3)) ou pour répondre ensemble à des appels à projets et se positionner en force sur des fonciers (Scerea(4)). D’autres choisissent la mise en commun, avec des SEM, des fonctions supports à la “fabrique de la ville” et sa visibilité à travers une marque commune (Altémed(5)). Ou encore la mise en place d’un groupe TVA pour constituer un assujetti unique et économiser jusqu’à 1 M€ (Au Fil des 2 Fleuves, Idelians(6) et Emha(7)).

 

Le bout d’un cycle ?

“On arrive au bout d’un cycle long et positif”, observe Serge Bossini, directeur général de l’Ancols, qui a contrôlé une vingtaine de SAC et prévient : pour le nouveau triennal 2024-2026, “notre exigence en termes de compétences obligatoires va sans doute augmenter”. 80% des bailleurs sont désormais dans un groupe (SAC ou groupes capitalistiques), selon l’observatoire mis en place par la CGLLS. L’outil comprend une “grille de maturité” qui mesure le degré d’intégration d’une société de coordination, assume sa directrice générale, Marianne Laurent. La FOPH aura également son propre outil de suivi des SAC. Elle invite les sociétés de coordination à développer leur écosystème, à valoriser leurs apports pour le territoire et à les faire connaître auprès des élus locaux et des locataires. Car l’ancrage local est une spécificité à préserver. “Une société de coordination ne sera jamais équivalente à un groupe capitalistique national, rappelle Laurent Goyard, ceux qui proposent d’y introduire un actionnaire de référence n’ont rien compris à ce que vous faites”.

 

(1) Deux Fleuves Rhône Habitat (ex-Opac du Rhône), Deux Fleuves Loire Habitat (ex-Loire Habitat).
(2) Toul Habitat, OMH du Grand Nancy, OPH de Lunéville, Le Toit Vosgien, Épinal Habitat.
(3) Plurial Novilia, OPH de Saint-Dizier, OPH de la Meuse, Habitat Confluence, Val du Loing Habitat.
(4) Actis, Advivo et Alpes Isère Habitat.
(5) OPH de Montpellier, Serm et SA3M.
(6) Hamaris, Grand Dole Habitat, Orvitis, Domanys, Chaumont Habitat.
(7) Habitation Moderne, Ophéa, Le Foyer Moderne Schiltigheim.

 

Les SAC en chiffres

• 62 sociétés de coordination (SC),
dont 54 comportent au moins un OPH, représentant 1,8 million de logements gérés dont 51% sont propriétés d’OPH;
• 51 SC agréées;
• 248 OLS regroupés dans des SC, sont 114 OPH, 65 ESH,
35 Coop’Hlm, 34 SEM et 2 associations;
• 35 SC comportent des organismes de statuts différents;
• 19 SC sont composées exclusivement d’OPH.


Source : Panorama des regroupements, Fédération des OPH

 

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PARU DANS ACTUALITÉS HABITAT N°1208 DU 15 avril 2024

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