Actualités

Thème de la publication
Renouvellement urbain
Numéro

Actualités Habitat n°1218

Paru dans

SEPTEMBRE 2024

Actualités Habitat n°1218

Date de publication :

04 octobre 2024

Auteur(s) :

VALÉRIE LIQUET

Renouvellement urbain : 30 milliards pour l'Anru 3

À l’approche du Congrès Hlm de Montpellier, qui va naturellement questionner l’avenir du renouvellement urbain, l’USH a souhaité rendre publique sa contribution à la mission Mialot-Van Styvendael-Delorme.

On se souvient que le gouvernement a confié le 12 décembre à Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’Anru, Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, et Jean-Martin Delorme, IGEDD, la mission de réfléchir à la poursuite des interventions sur les QPV. Ils doivent aussi formuler des propositions sur la mise en cohérence des différents dispositifs concourant au renouvellement urbain sous toutes ses formes, mis en place par l’État ces dernières années : Action cœur de ville, Petites villes de demain, Fonds friche, aides de l’Anah sur l’habitat privé... Et cela, en tenant compte de la montée en puissance progressive du ZAN. Les trois personnalités se sont appuyées sur un “comité des partenaires” dont l’USH est membre. Dans le contexte de flou gouvernemental qui règne depuis le début de l’été, leur rapport n’a toujours pas été remis, ni rendu public. La contribution de l’USH a quant à elle été validée en Comex du 18 septembre, afin d’être mise sur la table lors du Congrès Hlm de Montpellier.

 

6 conditions pour achever le NPNRU

Au préalable, l’USH juge « globalement très positif  » le bilan de 20 ans de renouvellement urbain sur les quartiers. « Les programmes de rénovation urbaine ont permis d’améliorer le cadre de vie des habitants et de créer des dynamiques de projet durables entre acteurs, reconnaissent les bailleurs, même si les résultats peuvent être hétérogènes d’un territoire à l’autre ».
Pour autant, « le NPNRU est encore loin d’être achevé  », insiste l’USH qui identifie 6  conditions de réussite : tenir les objectifs de reconstruction de l’offre démolie  ; tenir les objectifs qualitatifs des projets, dans un contexte de hausse de coûts ; tenir « dans la durée » les objectifs de diversification résidentielle ; relancer les dynamiques de participation des habitants ; mobiliser les autres politiques publiques « à bon niveau » dans les quartiers, notamment via les contrats de ville ; veiller à une « gestion fine des calendriers pour soutenir la dynamique des projets » (dit autrement : gérer avec souplesse l’échéance de 2026...).

 

Conforter et renouveler l’action dans les QPV

L’USH juge par ailleurs « nécessaire de conforter une politique exceptionnelle à destination des territoires cumulant les difficultés, dans la continuité du PNRU et du NPNRU ». Une politique qui doit respecter 3 objectifs essentiels : améliorer le cadre de vie des habitants  ; contribuer à la transition écologique des quartiers ; lutter contre les phénomènes de ségrégation sociale et spatiale. Mais une politique qui doit aussi intégrer les enseignements de 20 ans de renouvellement urbain en s’ouvrant à de nouvelles problématiques : agir de manière plus globale et diversifiée sur le parc social, renforcer la prise en compte des enjeux du parc privé, intégrer la transition environnementale dans toutes ses dimensions, traiter les problématiques de sécurité au bon niveau, renforcer la place des habitants, éviter les effets de stop & go…
L’USH a estimé les besoins pour relever les défis de cette nouvelle étape : entre 350 et 450 quartiers pourraient être concernés, afin de traiter plus de 200 000 logements sociaux pour un investissement estimé à « au moins 30 Md€ ». Le prix de l’Anru 3, en quelque sorte.

 

« Au sens large »

Enfin, le Mouvement Hlm observe que le renouvellement urbain « au sens large » est amené à se développer, hors du champ d’intervention de l’Anru, compte tenu des enjeux du ZAN et de transition environnementale rappelés dans la lettre de mission. Elle suggère de soutenir une « politique de renouvellement urbain de droit commun » qui affirmerait un parti-pris en faveur du logement social dans les documents d’urbanisme partout où il y a des besoins. Elle s’adresserait à tous les territoires, s’inspirerait de l’approche de projet partenarial développée par l’Anru, et s’appuierait sur le savoir-faire des organismes Hlm, dans le cadre d’un « modèle de financement à réinventer ».

 

« Les programmes de rénovation urbaine ont permis de créer des dynamiques de projet durables. »

 

Dossier Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU)

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PARU DANS ACTUALITÉS HABITAT N°1218 DU 30 septembre 2024

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