Actualités

Thème de la publication
Tranquillité résidentielle
Numéro

Actualités Habitat n°1221

Paru dans

NOVEMBRE 2024

Actualités Habitat n°1221

Date de publication :

20 novembre 2024

Auteur(s) :

MOVEDA ABBED, EMILIE VASQUEZ

Tranquillité urbaine : les bailleurs réunionnais sur le pont

Quel est le rôle des organismes de logement social pour répondre aux enjeux de sécurité et de tranquillité résidentielle sur leur parc ? Quels dispositifs actionner, en lien avec leurs partenaires collectivités, État local, police ou gendarmerie ? L’USH, accompagnée d’Éric Amanou, socio-urbaniste, fondateur de La Condition Urbaine, a ouvert des pistes de réponse lors d’une journée professionnelle qui s’est tenue à La Réunion.

C’est à La Réunion que la direction Outre-mer de l’USH et l’Armos Océan indien ont co-organisé, le 14 juin, une journée professionnelle sur la sécurité et la tranquillité résidentielle. Occasion de valoriser les retours d’expériences des sept organismes de logement social réunionnais (SHLMR, SIDR, Sedre, Semac, Semader, Sogedis, Sodiac) opérant dans un territoire en proie aux violences urbaines, avec des locataires confrontés dans leur quotidien à des espaces communs squattés ainsi qu’à des actes d’incivilités et de délinquance. 70 collaborateurs réunionnais ont participé à cette journée dont les enseignements intéresseront tous les territoires d’Outre-mer et l’Hexagone.
Pour prévenir et lutter contre les incivilités et la délinquance, la participation aux instances locales de sécurité s’avère incontournable, en particulier le CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) et le GPO (Groupe de partenariat opérationnel). Tous les témoignages démontrent que les bailleurs ont toute leur place dans ces structures qui permettent aux différents acteurs de se connaître, d’échanger et d’envisager des réponses concertées, chacun intervenant dans son domaine d’activité. La difficulté étant de trouver les limites d’intervention des uns et des autres, ont souligné les bailleurs (eux-mêmes indiquent qu’ils réagissent aux événements ou essaient d’y répondre par anticipation).

Le CLSPD, le bon lieu pour repenser la proximité

La SHLMR considère le CLSPD comme un outil utile pour repenser la proximité dans des actions partenariales. Le quartier Fayard, à Saint-Denis, accueille ainsi des animations en pied d’immeuble et des permanences interbailleurs dans la maison France services. Objectifs : recréer du lien avec la population, écouter les difficultés et répondre aux attentes. « C’est en collaborant que les OLS arriveront à changer le fonctionnement en profondeur », est convaincue la filiale d’Action Logement. « Nous sommes quatre bailleurs présents sur ce quartier, avec du patrimoine composé de résidences ouvertes les unes sur les autres, et nous rencontrons les mêmes difficultés. Lutter individuellement contre les situations de squat et de garages marrons ne faisait que les déplacer. Le CLSPD a permis de mettre tout le monde autour de la table et de faire adhérer l’ensemble des bailleurs à une stratégie commune ».
Le GPO de la Sedre a été constitué sur le quartier de Bellepierre, à Saint-Denis, à la demande du bailleur, avec la police, la communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor), la Ville, les habitants et des associations. Les actions partenariales sont ciblées et soutenues par la police. Elles sont couplées à des actions sociales imaginées par les étudiants stagiaires de l’IRTS (Institut régional du travail social) sur la base d’un diagnostic des difficultés et besoins recueillis auprès des locataires. L’objectif, dans le cadre du GPO, était de mettre en place des mesures d’accompagnement pour redonner une nouvelle destination aux espaces : des jardins partagés au sein des espaces verts, des activités adaptées dans les parkings, etc.

Opération place nette

Initié fin 2023 à la suite d’une réunion à l’initiative de la police nationale, le GPO de la Semader intervient sur le quartier de La Rivière du Galet, dans la commune du Port. Après un “diagnostic en marchant” réunissant le bailleur, la Ville, le délégué du préfet et la police, un listing d’actions a été établi ainsi que les ressources à mobiliser. À court terme, une “opération place nette” a été initiée par la police nationale. « L’action coup de poing a été efficace, les jeunes ne viennent plus sur le quartier », rapporte la Semader. « La police demande des comptes aux partenaires sur les engagements pris. Elle est à l’initiative sur des opérations conjointes, s’implique sur le retrait des véhicules. Il y a de la réciprocité », ajoute-t-il.
Le séminaire a permis d’enclencher une dynamique et d’envisager des synergies avec les partenaires et en interbailleurs. L’Armos et l’USH se sont engagées à accompagner les organismes réunionnais dans la mise en place d’espaces de dialogue et de partage des connaissances. En 2024-2025, ils contribueront aux réflexions sur la refonte de la doctrine du Mouvement Hlm, selon laquelle les bailleurs sociaux sont « acteurs de la tranquillité résidentielle, partenaires de la sécurité publique ». Cette définition est-elle toujours d’actualité ? Les limites d’intervention sont-elles claires ? Les travaux engagés devraient aboutir dans les prochains mois.

« Lutter individuellement contre les situations de squat et de garages marrons ne faisait que les déplacer. »

Dossier Sécurité Tranquillité

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PARU DANS ACTUALITÉS HABITAT N°1221 DU 15 novembre 2024

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