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Thème de la publication
Rénovation RéhabilitationNuméro
Actualités Habitat n°1230
Paru dans
Date de publication :
15 avril 2025
Auteur(s) :
VALÉRIE LIQUET, LAETITIA DIVE, EVE JOUANNAIS
La reconversion, c'est l'avenir ?
Ils ont été auberge de jeunesse, usine de chaussure, maison du patronage dans une ville moyenne ou encore bureaux “de prestige” dans un quartier d’affaires international. En entamant une reconversion vers le résidentiel, ils perdent parfois leur âme, parfois ils exhibent au contraire les traces de leur histoire. Car la reconversion n’est pas seulement une affaire de valorisation d’actifs immobiliers en dépréciation. Elle ne règlera pas la crise du logement, elle n’est pas la solution unique à la sobriété foncière, mais, par petites touches, elle y contribue.
Toujours jeunes
Un appel à projets lancé par la Ville de Biarritz en 2022, et remporté par Vilogia, permet à l’ESH originaire du Nord de la France de s’implanter dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Elle a lancé en septembre 2024 la reconversion de l’ancienne auberge de jeunesse située dans le quartier de la gare, à proximité du lac Mouriscot. Exit l’hébergement touristique : la future résidence d’Aintzira (“lac” en français), de 50 logements (43 PLAI et 7 PLS), accueillera un public de saisonniers, jeunes actifs et étudiants, par roulement, en leur proposant des baux “article 109 loi Élan”, de un à 24 mois. La livraison est prévue pour la rentrée de septembre 2025, soit un an après le démarrage des travaux. Le projet prévoit la réhabilitation et la démolition partielle d’un bâtiment existant de l’ancienne auberge et la construction d’une extension. « Cette conception permet des volumes appropriés en termes de taille, et réduit l’emprise des bâtiments, pour proposer de l’espace public qualitatif et augmenter la surface végétale », souligne le cabinet d’architecture Samazuzu. Il s’est par ailleurs engagé dans une démarche de remploi de certains matériaux en bon état de l’auberge : tuiles, gouttières, portes intérieures.
Les 50 logements se répartissent en 43 appartements et sept maisons en colocation. Les maisons, de tailles différentes, proposent au total 25 chambres. Un espace commun de 320 m² est prévu, avec cuisine collective, laverie, lieux de convivialité et de détente, espace coworking. Coût de l’opération : 8,7 M€ TTC.
Un Scénario historique
C’est un bâtiment emblématique de la ville de Fougères, commune d’Ille-et-Vilaine de plus de 20 000 habitants, que le bailleur Néotoa a investi pour créer 33 logements (7 T2, 18 T3, 6 T4 et 2 T5) en accession intermédiaire ou aidée, livrés en février. En plein centre-ville, l’édifice a d’abord abrité une usine de chaussures, créée en 1890. Celle-ci ayant pris de l’ampleur, elle dut déménager pour laisser place, en 1937, au patronage Jeanne d’Arc qui accueillait enfants et adolescents pour la pratique de loisirs variés : chorale, danse, gymnastique, théâtre, etc. Et c’est justement la salle de théâtre (500 places) qui donna l’idée aux responsables du patronage d’organiser des séances de cinéma. Les films étaient scrupuleusement sélectionnés pour répondre aux principes de l’éducation catholique. À compter des années 1970, le lieu fut dirigé par un laïc et entièrement consacré à la diffusion de films, jusqu’à sa fermeture en 2005.
Pour que l’âme du lieu demeure, Néotoa a soigneusement préservé la façade du bâtiment qui s’appelle désormais Le Scénario (maître d’œuvre : Tricot Architecture). La restauration de cette façade a nécessité la mobilisation d’artisans spécialisés pour ne rien dénaturer. L’inscription Patronage Sainte Jeanne d’Arc a été conservée. Le choix d’une toiture en ardoise naturelle a par ailleurs permis de conserver l’esthétique caractéristique des constructions de la région. Le bailleur a néanmoins reconstruit l’intérieur pour créer des lieux de vie confortables et viables énergétiquement : le DPE des appartements varie entre B et C. Chaque logement bénéficie d’une place de parking dans un sous-sol sécurisé et d’un espace extérieur privatif : jardin en rez-de-chaussée, balcons ou terrasses dans les étages. Les habitants disposent aussi d’un espace vert partagé de 340 m2 à l’arrière du bâtiment avec un abri de jardin commun, et ils ont accès à un local vélos. Cette réhabilitation repose sur un modèle mixte avec 21 logements en accession intermédiaire et douze en accession aidée (PSLA), bénéficiant d'une subvention d’Action Logement de 15 000 € par logement, notamment pour les seniors. Les acquéreurs sont principalement issus du bassin de vie de Fougères.

L’inscription Patronage Sainte Jeanne d’Arc a été conservée sur la façade historique du bâtiment.
© Néotoa
Transformation des bureaux en logements : un plan très « actif »
Valérie Létard a lancé le 27 mars, depuis les Hauts-de-Seine, un plan de transformation des bureaux en logements. La ministre chargée du Logement estime qu’« avec plus de 5 millions de mètres carrés de bureaux vacants en Île-de-France (soit près de 15 %), ce gisement représente un fort potentiel de transformation qui, croisé avec les besoins importants en création de logements, justifie une action spécifique de l’État ». Elle espère que son plan permettra de transformer jusqu’à 25 000 logements à court ou moyen terme, et vise les 70 000 à long terme.
Pour ce qui concerne de près les organismes Hlm, le plan rappelle que 20 M€ ont été sanctuarisés dans la programmation 2025 des aides à la pierre pour soutenir les projets de transformation. Il rappelle aussi que l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour décrocher un prêt de haut de bilan “PHB 2.0 transformation écologique” court jusqu’à l’été. Ce dispositif de la Banque des Territoires et Action Logement, annoncé au Congrès Hlm (lire AH 1219-1220), a été mis en place en janvier, mobilisant 140 M€, pour les bailleurs sociaux engagés dans des opérations de transformation de l’existant.
Un autre AMI devait être lancé fin mars, par le préfet de la région Île-de-France cette fois. Les candidats retenus bénéficieront d’un accompagnement technique et réglementaire des services de l’État en vue d’accélérer leurs projets de transformation et d’un accompagnement financier spécifique « mobilisant notamment les dispositifs de financement de l’État, du Fnap et de la Banque des Territoires ». À noter que deux groupes de travail seront constitués pour décliner les conclusions du rapport d’André Yché, Propositions destinées à faciliter l’émergence d’une industrie de la transformation des actifs immobiliers, remis l’été dernier : un sur le financement (copiloté par Nadia Bouyer, directrice générale d’Action Logement) ; un sur les normes. Les conclusions sont attendues pour juillet.

Valérie Létard, le 27 mars 2025.
© Ministère chargé du logement/A. Boissou
Un ancien siège social d’organisme transformé en logements
Vendée Logement a présenté le 26 février le projet de reconversion du bâtiment ayant auparavant hébergé son siège social, à La Roche-sur-Yon. La nouvelle résidence Schuman comprendra au total 44 logements locatifs à loyers abordables, dont 24 étaient déjà présents aux étages, au-dessus des bureaux. Elle effectuera un saut énergétique, passant de l’étiquette E à C pour l’ensemble de la résidence.
Les vingt nouveaux logements sont issus de la reconversion de 706 m2 de bureaux. Parmi eux : quatre logements locatifs sociaux (1 PLAI et 3 PLUS), tous T1, seront gérés par Vendée Logement et seize logements (PLAI), tous T1 également, à destination de jeunes travailleurs, seront gérés par Escales Ouest, association dédiée à l’insertion des jeunes par le logement.
Les 24 logements existants (PLUS) seront rénovés et les espaces reconfigurés sans changement de typologie : 20 T1, 2 T2 et 2 T3. Les onze ménages encore en place au démarrage des travaux sont relogés temporairement.
Le projet est soutenu dans le cadre du plan France Relance lancé en 2020 et du programme Action cœur de ville. Son coût global s’élève à un peu plus de 4 M € TTC, dont 97 600 € sont financés sur fonds propres de Vendée Logement, 3,1 M€ par prêts de la Banque des Territoires et 280 400 € par prêts d’Action Logement. Il a bénéficié de subventions de France Relance (264 000 €), d’Action Logement (153 000 €), de l’État via les aides à la pierre (157 000 €), et de La Roche-sur-Yon Agglomération (10 000 €).

Les 24 logements à l’étage seront rénovés. Et 20 logements seront créés à la place des espaces de bureaux.
© Durant Architecte
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PARU DANS ACTUALITÉS HABITAT N°1230 DU 15 avril 2025
Actualités Habitat n°1230
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