L'Union sociale pour l'habitat
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Congrès Hlm : Questions à Marianne Louis, directrice générale de l'USH AH

Rendez-vous annuel incontournable du logement social, vitrine du savoir-faire des organismes, le 80e Congrès Hlm se tiendra cette année à Paris, sur le thème Les Hlm, un modèle français. Trois jours de débats, d’échanges professionnels, en plénières, en ateliers, sur le parvis, autour du rapport au Congrès intitulé Le logement social dans la société qui vient, des questions d’actualités et des chantiers, mais aussi des remises de prix, de nombreux autres événements et le salon H’Expo, vitrine d’innovations et de nouveaux produits.
Un congrès résolument tourné vers l’avenir. Les organismes devront collectivement relever d’immenses défis : transition écologique, quartiers, vieillissement… dans un contexte économique contraint. Marianne Louis, évoque ici les enjeux de ce Congrès.

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Quel sens donner à ce 80e Congrès et au choix de sa localisation, Paris ?

Ce Congrès de Paris est d’abord celui d’un double anniversaire. Il s’agit d’abord du 80e Congrès, et c’est un retour, trente ans après notre dernière visite. C’est aussi, en 2019, le 90e anniversaire de l’Union.

Pour autant, nous ne voulons pas d’un Congrès commémoratif. Nous sommes certes les héritiers d’une histoire, les dépositaires d’une culture du logement social qui s’est construite au fil des périodes qu’a traversée la France, chaque organisme étant lui-même porteur d’une part de notre histoire collective. Mais il n’aura échappé à personne que certains considèrent mécaniquement que ce qui est ancien est dépassé. Nous n’offrirons pas le plaisir aux adversaires du logement social de considérer que ce Mouvement, parce qu’il a 90 ans, fait partie de l’histoire révolue de notre pays et de notre modèle social. Nous affirmons, bien au contraire, que le logement social fait partie de l’actualité et du futur de la France.

Je note avec plaisir qu’à cette date, c’est-à-dire trois mois avant l’événement lui-même, la dynamique conforte les objectifs que nous nous étions fixés en termes d’accueil des exposants, ce qui est un signe de la vitalité de notre secteur et de sa diversité. Le logement social est un secteur économique fort, à la croisée de filières d’activités comme la construction, l’énergie, les services associés, et tous les acteurs de la chaîne de valeur seront représentés, de la start-up aux grands donneurs d’ordres économiques ou institutionnels. Le Congrès, avec son salon de plus 15000m2, présente les 300 exposants des dynamiques d’innovations, industrielles, de services, d’emplois, de formation… C’est donc tout un écosystème que l’Union sociale pour l’habitat et le Mouvement accueille sur ce temps fort annuel.

 

Le logement social fait partie de l’actualité et du futur de la France. 

 

Pourquoi ce thème, Les Hlm, un modèle français ?

Le choix du thème d’un Congrès est une étape très importante. Il donne la ligne directrice que nous souhaitons imprimer à l’événement, sa cohérence de fond, sa cohérence graphique et éditoriale. Mais il est aussi le reflet d’une préoccupation du moment. Parler du "modèle français" du logement social, c’est d’abord affirmer son existence. Chaque organisme a son histoire propre, ses caractéristiques, sa culture, mais chacune se retrouve pour constituer un modèle original, reconnu et bien souvent envié à l’extérieur de nos frontières. C’est également avoir conscience que ce modèle est aujourd’hui remis en question par ceux qui considèrent que le logement social "à la française" n’est pas une chance pour la France, mais une anormalité.

À ceux-là nous leur disons "banco". Venez voir comment, aujourd’hui, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, après avoir vendu des pans entiers de leur patrimoine immobilier social, réinvestissent massivement dans le logement social. Venez voir comment les Berlinois, les New-Yorkais refusent aujourd’hui la logique d’un logement livré aux seules règles du marché, avec pour conséquence la dégradation des conditions non pas de vie, mais d’existence. Je les invite par ailleurs à assister à la projection, en plénière et en exclusivité pour les congressistes, du documentaire Push, inspiré par le travail de la rapporteure de l’ONU en charge de la question du logement, Leilani Farha, qui délivre une analyse glaçante de ce que produit la financiarisation du logement, et singulièrement du logement social dans les pays qui ont connu cette bascule. Je peux vous assurer que c’est éclairant.

Le Congrès est aussi l’occasion d’aborder une série de thèmes éminemment structurants : la transition écologique bien sûr, mais aussi les dynamiques territoriales, la question de la vente Hlm, le vieillissement, l’innovation, la décentralisation annoncée de la politique du logement. Le Congrès Hlm, c’est une centaine de plénières, rencontres, séquences du parvis d’Actualités Habitat, sans compter ce que l’Aorif, nos partenaires économiques ou associatifs proposent également aux congressistes.

Quelles personnalités politiques sont invitées au Congrès ?

Les invités seront nombreux, et je ne voudrais oublier personne. Nous avons prévu de solliciter l’avis de nombreux élus locaux, maires, parlementaires sur leur perception, à mi-mandat, de la politique du logement. Naturellement, la maire de Paris et la présidente du Conseil régional sont également conviées. Mais le Congrès est aussi la manifestation du lien entre l’État et l’Union, les Fédérations, et donc les organismes Hlm qui remplissent chaque jour, dans la diversité des situations et des territoires, une mission de service public. Il est donc très important que des représentants du gouvernement soient présents lors de cet événement.

J’ai tendance à penser qu’un ministre ne peut appréhender la réalité du monde Hlm que s’il se rend au Congrès, s’il y passe du temps, s’il y rencontre ceux qui font le Mouvement Hlm aujourd’hui : organismes, locataires, associations, entreprises.

Nous avons bien entendu invité Julien Denormandie, ministre délégué à la Ville et au Logement, qui s’est beaucoup engagé pour que la clause de revoyure puisse être activée et qu’elle aboutisse à une réévaluation de la ponction imposée par l’État sur les organismes Hlm pour les trois ans qui viennent. Le président Jean-Louis Dumont a également invité le Premier ministre à clôturer notre Congrès. Car il est important qu’à un moment donné, et je crois que c’est le bon moment, le chef du gouvernement nous fasse part, à nous, professionnels du logement social, de ses intentions profondes.

Souhaite-t-on conserver un secteur du logement social fort, en transformation mais légitimé dans son modèle et ses missions ? Le Congrès de Paris est la bonne occasion de répondre à ces questions, et de le faire avec la communauté professionnelle que nous représentons.

Inscriptions : www.union-habitat.org (rubrique Congrès)

 

Souhaite-t-on conserver un secteur du logement social fort, légitimé dans son modèle et ses missions ?