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L'énergie représente 8,5% du budget des ménages AH

Publié par le Commissariat général au développement durable (CGDD), le bilan énergétique de la France pour 2017 révèle une augmentation de 0,2 point du coût de l’énergie dans le budget des ménages. La facture énergétique de la France augmente de 22,6%, à près de 39 Md€, du fait de la hausse du prix du pétrole. La consommation d’énergie primaire reste, quant à elle, quasiment stable, en données constantes.

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En 2017, la France a produit moins d’énergie que l’année précédente, mais en a consommé davantage. Cette production en baisse à 132,1 Mtep (-1,2%) entraîne une plus grande importation d’énergie (+2,7%), pour pallier le double repli de la production nucléaire (-8,9% par rapport à 2015) et de la production hydraulique (-18% en un an). En conséquence, le taux d’indépendance énergétique de la France recule de 0,5 point par rapport à 2016, à 53%.

La baisse de la production hydraulique, due à une faible pluviométrie l’an dernier, impacte également la production d’énergie issue de sources renouvelables, qui s’établit à 25,9 Mtep, en recul de 1,1% pour la première fois en trois ans. Les énergies renouvelables les plus produites sont le bois-énergie (39%), l’hydraulique (17%), les biocarburants (10%), les pompes à chaleur (9%, avec un marché qui poursuit son essor en 2017) et l’éolien (8%), qui connaît une hausse de 15,1% en 2017. L’énergie solaire photovoltaïque ne compte encore que pour 3% de la production nationale d’énergie renouvelable, en dépit d’une forte augmentation (+10,6%).

Factures en baisse dans le logement

Le climat, plus doux en 2017, a permis de stabiliser la consommation d’énergie résidentielle à 40,7 Mtep (-1,7%), mais corrigée des variations saisonnières, elle augmente en réalité de 1,5% à 41,9 Mtep. De ce fait, après une baisse consécutive de trois ans, la facture moyenne d’énergie des ménages augmente de 4,4%, à 2 906 € en moyenne, répartis entre le logement (52%) et l’achat de carburants (48%). En augmentation de 9,7%, cette dernière dépense explique quasiment à elle seule l’augmentation de la facture énergétique des ménages. Le coup de chaud sur la facture est cependant à nuancer en fonction de l’énergie utilisée : +11% pour les produits pétroliers, -1,2% et -3,1% pour l’électricité et le gaz naturel, +0,1% pour le bois. La baisse des factures de gaz et d’électricité compense la forte augmentation des produits pétroliers.

L’électricité reste l’énergie la plus utilisée dans le secteur résidentiel. Elle correspond à un tiers de la consommation totale (14 Mtep) et plus de la moitié de la dépense, suivie par le gaz (11,8 Mtep), les énergies renouvelables thermiques et les déchets (11,8 Mtep). Dans son rapport, le CGEDD souligne que "le bouquet énergétique du secteur tend à se décarboner, l’électricité, les énergies renouvelables et la chaleur commercialisée progressant, à l’inverse du gaz et des produits pétroliers".

Au final, la dépense globale du secteur résidentiel s’élève à 44,9 Mde, un chiffre en baisse de 0,7% après deux années consécutives de hausse (+2,5€ en moyenne).

La plus mauvaise nouvelle du rapport du CGDD réside dans le rebond des émissions de gaz à effet de serre, qui repartent à la hausse en 2017 (+3,6%) du fait de la combustion d’énergie, particulièrement celle des produits pétroliers (57% des émissions). Le secteur résidentiel-tertiaire représente 23% des émissions de CO2, assez loin derrière celui des transports (39%). En revanche, depuis 1990, les émissions directes ont été réduites de 18% sous l’impulsion "du remplacement progressif des produits pétroliers par l’électricité et le gaz naturel, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments jouant également un rôle", souligne le rapport. Rappelons que l’objectif inscrit depuis 2005 dans la loi de programmation fixant les orientations de la politique énergétique, confirmé dans la loi Grenelle 1 en 2009 et dans la loi de Transition énergétique pour la croissance verte en 2015, prévoit une diminution des émissions de 40% en 2030 par rapport à 1990. Mais cet objectif pourrait bien être revu prochainement à la baisse (lire en-dessous).

Avis défavorable du CESE

Le Conseil économique, social et environnemental, saisi par le gouvernement sur l’article 1er du projet de loi Énergie, a rendu un avis critique le 20 février. Celui-ci vise notamment le souhait du gouvernement de remplacer l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (le "facteur quatre") par la "neutralité carbone". Le CESE souligne que "l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre". Il rappelle que "le projet de Stratégie nationale bas carbone prévoit une baisse de ces émissions de 83% entre 2015 et 2050. Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1er du projet de loi, afin de clarifier les intentions du gouvernement".