L'Union sociale pour l'habitat
Chargement en cours

Appel à la mobilisation générale AH

Devant un parterre d’élus, d’habitants, de représentants associatifs, de chefs d’entreprises, invités à l’Elysée, Emmanuel Macron a prononcé, le 23 mai dernier, un discours lié à la mobilisation en faveur des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Lire l'article

'

Le président de la République s’est refusé à présenter "un plan ville ou un plan banlieue" auquel il ne croit pas.

Le président de la République s’est refusé à présenter "un plan ville ou un plan banlieue" auquel il ne croit pas, lui préférant "une méthode de mobilisation collective", "une philosophie" et des engagements pour "permettre à chacune et chacun de retrouver sa dignité dans la République", "avec les mêmes droits dans les quartiers, et non une politique de différenciation." Pour garantir "les mêmes droits, des droits réels, la base sera la sécurité et la justice". Outre le déploiement en deux vagues de la police du quotidien – 1 300 policiers vont être affectés dans 60 quartiers d’ici 2020 –, "un plan de mobilisation générale contre les trafics en tous genres" va être annoncé d’ici juillet et "une politique de "vigilance, qui ne soit pas une politique de délation", organisée.

Côté logement, en juillet, devrait être lancée l’opération "Cœur de quartier" sur le modèle "Action cœur de ville", avec pour objectif de faire sortir des projets en six mois. Le président a aussi confirmé le milliard de l’État pour l’Anru, "qu’il garde", considérant "que c’est un bon instrument" et veut "bousculer les habitudes prises" pour débloquer les projets. Ont également été annoncées une simplification des procédures à l’encontre des marchands de sommeil et l’identification d’une dizaine de copropriétés dégradées à traiter en priorité et réaffirmée la volonté de loger les populations les plus fragiles (Dalo, primo-accédants) hors des quartiers prioritaires, dans les agglomérations ou en milieu rural.

Est aussi envisagé, dans le cadre de l’Agence de cohésion des territoires, de créer un opérateur national de rattrapage des équipements, pour permettre, dans les quartiers comme en milieu rural, de mobiliser des financements publics et des acteurs privés. Emmanuel Macron s’est aussi largement exprimé sur l’éducation et l’emploi, invitant les grandes entreprises "à prendre leur part, dans ce combat en faveur de l’emploi" et contre les discriminations, mais aussi sur la lutte contre les discours racistes et antisémites.

Ces engagements sur la sécurité, l’éducation, l’accès à l’emploi et la rénovation urbaine seront précisés d’ici le mois de juillet, voire à la rentrée pour certains. Il a également annoncé que tous les deux mois, un point d’étape serait fait autour du conseil présidentiel des villes récemment installé. Après ce discours, un certain nombre d’acteurs, notamment les associations d’élus (Ville et Banlieue, AMIF, AMF, restent sur leur faim, ne retrouvant pas ou peu de préconisations du rapport Borloo et dans l’attente de précisions. L’ADCF et France urbaine salue la reconnaissance du "rôle des métropoles, intercommunalités, agglomérations, dans la relance de la politique de cohésion urbaine et sociale."

La réaction de l’USH

Dans un communiqué, l’USH salue la volonté affichée par le président de la République d’améliorer la situation dans les quartiers défavorisés. Les constats qu’il a faits sont ceux sur lesquels le Mouvement Hlm a, plusieurs années, alerté en demandant un retour de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes : éducation, sécurité, justice, lutte contre les discriminations, lutte contre le fondamentalisme religieux. Les organismes Hlm, dont un quart du parc se situe dans les QPV, saluent la volonté de retour de l’État dans les quartiers. Ils partagent également la préoccupation du président de la République de voir le monde économique jouer son rôle dans l’inclusion économique, qui doit permettre à chaque jeune issu des quartiers de bénéficier des mêmes chances de réussite que les autres. Les organismes Hlm, qui emploient 82 000 salariés et soutiennent plusieurs centaines d’associations, apportent leurs concours à cette insertion par l’économie, en lien, notamment, avec l’association NQT, dont l’USH assure la vice-présidence, et la Fondation Mozaïk, avec qui un partenariat vient d’être signé dans le cadre du Top 10 de la diversité.

Le Mouvement Hlm salue enfin le travail réalisé par l’Agence nationale pour la Rénovation urbaine qui a permis, en quelques années, de changer le visage de très nombreux quartiers. Il demande que le fonctionnement de l’Anru permette la mise en œuvre rapide du NPNRU dans l’intérêt des habitants, aux côtés des collectivités locales.