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Organismes Hlm et Proptech : l’innovation en commun AH

Le 24 mai, l’USH a organisé une rencontre du réseau innovation sur le thème Organisme Hlm et Proptech, l’innovation en commun, au sein de l’auditorium de Paris Habitat. Plus de 90 personnes étaient présentes pour échanger sur les moyens de développer une collaboration gagnant-gagnant.

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À l’origine de cette journée d’échanges, un constat : le secteur Hlm et celui de la Proptech doivent mieux se connaître (mode de fonctionnement, règlementation, modèle de développement, etc.) et bâtir des actions communes pour favoriser la performance des organismes Hlm, la réponse aux enjeux sociaux et environnementaux tout en favorisant l’essor des start-up françaises.

La PropTech (Property Technology) désigne tous les acteurs cherchant à repenser, révolutionner, améliorer les services et produits du secteur immobilier à l’aide des nouvelles technologies, dans le but de répondre, en toute transparence, aux usages et aux attentes des consommateurs. 6000 start-up de la Proptech sont recensées dans le monde dont 300 en France, selon Pierre Leroy, président de la French Proptech.

Pour témoigner de ces enjeux, les participants sont venus nombreux : des experts et consultants (EY, Real Estate, Urban Practices, Aatiko), des professionnels hors secteur Hlm (La Poste, Direction des achats de l’État, Impulse Partners, CSTB Lab, French Proptech), des organismes Hlm (Grand Dijon Habitat, 3F, Paris Habitat, Podeliha, Gironde Habitat) et des start-up ou entreprises innovantes (Qarnot, Syment, Smiile, Yespark, Intent Technologies).

Les collaborations sont nombreuses entre les organismes Hlm et les start-up, au travers de partenariats avec des accélérateurs, des incubateurs ou encore des POC (Proof of concept). Les organismes Hlm peuvent aussi parrainer des événements comme des hackathons, des concours ou prix et favoriser l’intrapreunariat.

Une collaboration Hlm/start-up à soutenir

Si les exemples de collaboration réussie entre Hlm et start-up sont nombreux, tout n’est pas simple en matière d’innovation. Les partenariats entre Paris Habitat et Yespark, 3F et Intent technologies, Gironde Habitat et Qarnot ou Podeliha et Smiile(1) ont montré leur efficacité dans différents domaines. Mais pour d’autres expériences, il existe des freins liés à la culture managériale et aux procédures des organismes Hlm, à l’interopérabilité des solutions technologiques, au tabou des prix des services de la start-up, à l’innovation dans le champ de la commande publique.

Les organismes Hlm évoquent les difficultés qu’ils rencontrent dans ces collaborations : "Les start-up peuvent être fragiles, elles n'ont pas forcément les moyens de nous laisser tester trop longtemps leurs solutions et souhaitent que l'on se décide vite à passer au développement à grande échelle" ; "Nous devons sécuriser l'avenir du service ou du produit testé avec la start-up, et bénéficier d'un retour sur investissement dans le cas où l'organisme Hlm a significativement aidé à la mise au point du produit ou service" ; "Il faut avoir la volonté de changer certains modèles/pratiques, et consacrer des ressources et du temps à étudier et expérimenter les offres".

Les propositions affluent pour collectivement améliorer ces nouveaux partenariats, parmi lesquelles :  

  • développer une culture de l'innovation et mettre à profit le droit à l'expérimentation ;
  • les soutenir, si la valeur ajoutée et l’intérêt pour les organismes Hlm sont reconnus ;
  • faciliter la mise en œuvre, le retour sur investissement, avec une préférence française lorsque les start-up sont en forte concurrence, qu'elles répondent à un besoin, un problème ou une véritable évolution en faveur des locataires et/ou des métiers ;
  • travailler ensemble sur des évolutions réglementaires et notamment celle liée aux achats groupés ;
  • partager les initiatives et retours d’expériences ;
  • permettre une contractualisation simple avec une start-up, hors mise en concurrence quand il s'agit d’innovation, quel que soit le montant.

À l’issue de la journée, trois priorités sont retenues par les participants : développer une communauté ou un réseau commun entre organismes Hlm et start-up ; formaliser des retours d’expériences pour capitaliser des savoirs et avoir une visibilité sur les initiatives ; cartographier les financements mobilisables pour les projets innovants dans le secteur Hlm.

L’USH va ajuster son plan d’actions pour prendre en compte ces attentes, en lien avec ses partenaires tels qu’Impulse Partners avec, en réflexion, des matinales ou des soirées de mise en réseau et en inter-réseaux. La prochaine réunion du réseau Innovation aura lieu le 18 octobre à l’USH.

(1) Lire Actualités Habitat n° 1097, p. 27 et n°1101, p. 23.

Contacts : Véronique Velez, Responsable du département Innovation et prospective à la Direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales : veronique.velez@ union-habitat.org - Céline Di Mercurio, Cheffe de mission innovation sociale et RSE, Direction des politiques urbaines et sociales : celine.dimercurio@union-habitat.org

 

Le langage de l’innovation

L’Intelligence artificielle : elle est définie par l'un de ses créateurs, Marvin Lee Minsky, comme "la construction de programmes informatiques qui s'adonnent à des tâches qui sont, pour l'instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l'apprentissage perceptuel, l'organisation de la mémoire et le raisonnement critique". Par extension, l'IA est une discipline scientifique recouvrant les méthodes et l'ingénierie de fabrication de machines et programmes dits intelligents.

Machine learning : il s’agit d’une sous-catégorie de l’intelligence artificielle.
Ce procédé permet aux ordinateurs "d’apprendre sans être explicitement programmés", comme le dit le data analyste Arthur Samuel. (source : www.frenchweb.fr)

Du berceau au berceau (en anglais, cradle to cradle ou C2C) : démarche qui intègre une exigence écologique dont le principe est zéro pollution de la conception à la production et 100% réutilisable.

Sérendipité : de l’anglais serendipity, la sérendipité désigne, dans le champ de l’innovation, les enseignements d’une rencontre ou d’une trouvaille faites par erreur ou par hasard.

 

Témoignage d’Arnaud Ménard, Impulse Partners 

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Quel est votre avis sur cette journée ?

Elle a été riche et instructive pour beaucoup de participants. Il est toujours utile de partager les expériences et de croiser les angles de vues. La diversité des intervenants et des thèmes abordés démontre à la fois l’importance des enjeux pour le secteur et la pluralité des réponses possibles. Elle a également permis d’évoquer concrètement et sans détour les verrous et les leviers de l’innovation dans le secteur.

Pourquoi ce thème de la collaboration Hlm/start-up est-il majeur ?

Le monde Hlm aborde l’innovation de manière particulièrement pragmatique ; il s’agit de répondre à des enjeux très concrets d’optimisation, de transformation et de qualité. On est bien loin du marketing de l’innovation. Les start-up constituent une réponse parmi d’autres à ces enjeux, autant au travers des solutions qu’elles proposent qu’au travers de l’acculturation qu’elles permettent grâce à leurs modes d’organisation, de développement et de réflexion parfois très différents des entreprises plus traditionnelles. Il faut veiller à ce que cette collaboration et ce partage de valeur se fassent de manière équilibrée et ne se limitent pas à cette acculturation ou à une forme d’inspiration de solutions uniquement.

Quelles sont les pistes de travail avec l’USH pour faciliter l’acculturation réciproque entre start-up et organismes de logement social ?

Il faut aller plus loin et faire en sorte de se donner les moyens d’engager de vraies collaborations. Cela passe par une réelle appropriation par les directions générales du potentiel des start-up. Il ne faut pas fantasmer l’apport des start-up qui ne peuvent pas répondre à tous les enjeux, mais ne pas le sous-estimer non plus parce qu’elles détiennent quelques clés et des solutions très concrètes.

De manière très opérationnelle, il faut accepter l’idée qu’une solution doit se co-construire techniquement comme économiquement. Les bailleurs comme les start-up doivent accepter pleinement cette démarche collaborative et transparente.

Parmi les pistes à retenir de la journée, côté bailleurs : ne pas hésiter à interroger l’organisation et les process achat, les outils de gestion informatique et leur caractère plus ou moins ouvert. Côté start-up, être capable d’adapter sa proposition et de réinterroger son modèle en fonction de la réalité des bailleurs sociaux. Il y a déjà de très belles réussites et la dynamique est excellente.