L'Union sociale pour l'habitat
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Rester maîtres de notre avenir AH

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À Grenoble, les 7 et 8 juin, les débats et échanges de l’assemblée générale de la Fédération des offices auront permis de constater qu’au-delà des différentes sensibilités politiques, nous partageons, offices et élus, un même constat : pour construire l’avenir des offices et du logement social, il faut en préserver les fondamentaux. L’adapter aux évolutions économiques et sociales, oui, bien sûr. Le financiariser par la vente en bloc, non, car c’est la fin d’un modèle qui concilie gestion sociale et investissements en lien avec les territoires. Ce lien au territoire est gage d’efficacité sociale et économique. Cette assemblée aura d’abord permis d’illustrer l’impact de la réduction de loyer de solidarité (RLS) sur les comptes des organismes à partir d’une étude financière qui intègre notamment les effets des futurs projets de renouvellement urbain. Les travaux menés ont également abordé l’expertise financière fédérale mise au service des offices. Face aux nouveaux enjeux, le service rendu aux offices doit s’adapter.
L’essentiel des débats a porté sur le rôle indispensable des élus locaux au service des politiques de l’habitat et sur le risque de financiarisation de notre secteur, enjeux qui ont fait l’objet d’échanges nourris lors des quatre tables rondes de l’AG. D’abord celui de la (re)centralisation et du recul du rôle des corps intermédiaires dans les prises de décisions liées à la politique du logement dans les territoires, que notre secrétaire générale, Dominique Estrosi-Sassone, sénateur des Alpes-Maritimes, qualifie "d’hypercentralisation dans un magma technocratique". Sur ce point, celle-ci rappelle la place et le rôle essentiels des collectivités, et le besoin, demain, de s’assurer qu’elles rayonnent encore aux côtés des organismes de logement social, en particulier au sein des société anonymes de coordination (SAC) qui se créeront. Il est crucial de s’assurer que les collectivités territoriales prennent conscience de l’intérêt que représentent pour elles les futures SAC.
Puis celui de la vente Hlm, qui a suscité de vifs échanges, avec pour conséquence le risque d’une financiarisation du logement social et donc la disparition d’un parc de logements construit avec la solidarité nationale mais qui pourrait être vendu dès demain à des acteurs privés. Stéphane Peu, très impliqué dans le débat à l’Assemblée, et Dominique Estrosi-Sassone, l’ont souligné, s’accordant à dire que les mesures prises sont guidées par un raisonnement financier, et que la vente telle qu’envisagée dans le projet de loi ÉLAN ne poursuit aucun objectif social.

Ce lien au territoire est gage d’efficacité sociale et économique


La résolution adoptée à l’issue des travaux traduit la volonté de continuer à promouvoir notre modèle tout en faisant des propositions pour avancer, notamment dans la recherche d'optimisation des moyens financiers et de l’efficacité sociale des offices, en étudiant toutes les voies de diversification possibles ou qui vont l'être via la loi ÉLAN. Dans le même temps, nous continuerons à dénoncer la baisse des APL compensée par la RLS, combat mené pour les locataires les plus modestes et pour le maintien de l'activité du secteur du bâtiment. Les offices restent mobilisés pour trouver un nouvel équilibre, plus favorable aux investissements et donc aux locataires, en vue de la prochaine loi de Finances.