L'Union sociale pour l'habitat
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Trois expérimentations pilotes préfigurent le bâtiment de demain AH

Un premier bilan du projet Rupella-Reha, mené sur trois sites pilotes à La Rochelle, a été dressé le 18 octobre, à Lagord (17). Initié en 2014 avec un achèvement prévu en 2021, il a pour objectif d’obtenir des performances supérieures aux standards habituels, reproductibles à d’autres réhabilitations du parc social.

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Porté par l’OPH de la Communauté d’agglomération de La Rochelle, coordonné par La Rochelle Université et opéré par la plateforme TIPEE, Rupella-Reha fait partie des cinq projets retenus dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt "Bâtiments et îlots à énergie positive et à bilan carbone minimum", piloté par l’Ademe. Ce projet associe trois sites d’habitat social collectif situés en QPV, à La Rochelle, comprenant 312 logements. Le bilan est positif : il démontre la faisabilité technico-économique de ces projets pour les organismes Hlm, l’optimisation du processus de rénovation en milieu habité avec une implication forte de l’ensemble des intervenants en favorisant le comportement vertueux des occupants, et la recherche de solutions globales maîtrisées et suivies, afin d’assurer leur reproductibilité et d’empêcher un éventuel effet rebond.

Pour en arriver là, les trois bâtiments ont bénéficié de technologies et de méthodologies innovantes pour leur réhabilitation :

  • le recours à une analyse multicritères des usages et des attentes des occupants par la collaboration avec un cabinet de design sensoriel, des entretiens poussés par habitant, le déploiement d’ambassadeurs de l’habitat et la conduite d’études sociologiques ;
  • la simulation thermique dynamique pour évaluer le confort des bâtiments au regard des scénarios envisagés. Ainsi, le bâtiment Le Lurçat, dans le quartier du Mireuil, composé de 232 logements construits en 1966, a bénéficié d’une étude spécifique pour la façade rideau située à l’est, à l’issue de laquelle un vitrage à faible facteur solaire a été préconisé, ainsi qu’une sensibilisation des locataires sur la ventilation nocturne. Les consommations ont également été évaluées pour identifier une stratégie d’accompagnement des résidents. Sur le bâtiment VLS500, il a été décidé de réinjecter la production solaire thermique sur le réseau de chaleur urbain après l’étude de six variantes. La simulation centrée sur l’eau chaude sanitaire a permis d’abaisser le coût annuel de 8 500 euros à moins de 3 000 euros ;
  • l’utilisation de matériaux nouvelle génération et de techniques en développement, tels des panneaux d’isolant ultra-minces, des fenêtres avec circulation d’air entre les parois vitrées pour récupération de l’énergie solaire stockée, une ventilation mécanique basse pression hygroréglable avec alimentation par production photovoltaïque et la pose d’un mur à ossature bois préfabriqué ;
  • le recours aux solutions numériques, telles le scan 3D, la maquette numérique, le processus BIM, l’intelligence artificielle ;
  • l’accompagnement de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre à l’évaluation de la qualité de l’air intérieur avant et après réhabilitation ;
  • la réalisation d’une analyse de cycle de vie (ACV) pour intégrer l’impact environnemental des différents scénarios. Le bâtiment PN6, construit en 1954 dans le quartier Port-Neuf, a été intégré dans l’expérimentation E+C- et a pu réduire ses rejets de CO2 de 40% en recourant à l’ECS collective sur réseau de chaleur, en remplacement des chauffe-bain existants ;
  • la centralisation unique des données, recueillies par le biais d’une plateforme centrale de suivi ;
  • le suivi de consommations par relevé de températures intérieures pour créer des schémas d’instrumentalisation personnalisée par bâtiment et associer le locataire au suivi de son logement.

Les travaux portent à la fois sur l’enveloppe (isolation complète des façades, toiture, sous-sol, menuiseries extérieures, remplacement des portes de hall et des garde-corps, réfection de l’étanchéité), les parties communes (peinture des cages d’escaliers, aménagement des caves et des locaux vélos/motos, interventions sur les ascenseurs, réfection des installations électriques, contrôle d’accès) et les logements (mise en sécurité de l’installation électrique, remplacement des portes palières, des radiateurs, des baignoires par des douches, dépose des chauffe-bain, installation d’une ventilation mécanique, réfection des peintures et des sols des pièces humides). L’ensemble de l’opération est détaillé sur un site internet dédié, accessible à l’adresse http://rupella-reha.com.